Un outil de dépistage de la démence adapté en français à Toronto

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La professeure Josée Rivest recherche environ 300 participants francophones pour adapter en français le test de santé cognitive de la Toronto Dementia Research Alliance. Photo: iStock.com/seb_ra
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Publié 23/07/2026 par Charles-Antoine Rouyer

Un projet d’adaptation en français d’un nouveau test de dépistage de problèmes cognitifs, comme la démence, recrute des participants francophones pour évaluer la version expérimentale avant sa mise en service généralisée.

Le Toronto Cognitive Assessment (TorCA) est disponible en anglais depuis 2018, après trois ans d’élaboration par des professionnels de la Toronto Dementia Research Alliance (TDRA).

«Le TorCA est un outil intermédiaire entre les brefs tests de dépistage existants et les évaluations neuropsychologiques exhaustives, ce qui le rend unique», résume Josée Rivest, professeure adjointe en psychologie au Collège Glendon de l’Université York, qui pilote le projet d’adaptation du test en français.

Glendon
Le Collège universitaire Glendon soutient financièrement l’adaptation en français du test de dépistage de la démence TorCA. Photo: archives l-express.ca

Un dépistage rapide et plus simple

Le test TorCA peut déterminer le profil et des difficultés cognitives en une heure. Il peut être donné par du personnel médical non spécialisé, et donc accessible dans les communautés rurales et éloignées.

TorCA, Dépistage démence en français
Josée Rivest. Photo: courtoisie

Une évaluation neuropsychologique complète, à titre de comparaison, peut prendre jusqu’à six heures et coûter autour de 3000$ dans le secteur privé, sans être couverte par l’assurance maladie de l’Ontario, rappelle Josée Rivest, membre du Centre de santé cognitive de Glendon.

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Le docteur Morris Freedman, responsable du développement du TorCA à l’hôpital Baycrest de Toronto, confirme.

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Morris Freedman. Photo: courtoisie

«Notre évaluation permet de mieux comprendre les capacités cognitives d’une personne et peut être utilisée dans n’importe quel milieu clinique et être donnée par tout professionnel de la santé ayant reçu la formation appropriée», résumait le professeur de neurologie à l’Université de Toronto lors du lancement du test en anglais.

«Le TorCA a le potentiel d’économiser à la fois du temps et des ressources pour diagnostiquer un déclin cognitif précoce associé à la démence.»

Disponible initialement en anglais, il est en cours d’adaptation dans plusieurs langues, dont le français, l’espagnol, le russe, l’arabe et l’hébreu.

Adapter, pas seulement traduire

La version française est une adaptation plutôt qu’une simple traduction, précise Josée Rivest.

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«Le TorCA inclut plusieurs épreuves impliquant du matériel verbal, qui doivent être adaptées, et non simplement traduites, afin d’assurer leur équivalence entre les langues. Les éléments en français ont été sélectionnés en fonction de leur familiarité et de leur complexité, afin d’être comparables à ceux utilisés dans la version anglaise.»

TorCA, Dépistage démence en français
Carmela Tartaglia. Photo: courtoisie

Carmela Tartaglia, professeure adjointe à l’Université de Toronto et directrice générale de la TDRA, rappelle que «les tests cognitifs sont censés refléter votre fonction cérébrale. Si vous êtes désavantagé parce que la langue dans laquelle vous passez le test ne vous est pas familière, vos résultats ne reflètent pas fidèlement votre fonction cérébrale.»

L’adaptation culturelle du test est également importante, poursuit Carmela Tartaglia. «Si, par exemple, dans une tâche de dénomination, le mot désignant un objet est un mot peu fréquent dans une langue, alors qu’il est très fréquent dans une autre, cela pourrait influencer les résultats sans pour autant être lié aux fonctions cognitives.»

«De même, certaines images peuvent être culturellement inappropriées pour certaines personnes. Et si cela perturbe la personne évaluée, cela pourrait influer sur ses résultats, sans pour autant être lié à ses fonctions cognitives», ajoute Carmela Tartaglia.

L’adaptation du TorCA a débuté en 2024. Après la création de la version française et le test de l’outil expérimental, il faut à présent évaluer son efficacité en comparant les résultats auprès d’un plus grand nombre de personnes, un processus de normalisation.

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«Il est essentiel de récolter des normes auprès d’une population représentative de tous les Canadiens français», explique Josée Rivest.

«Les normes récoltées doivent représenter différents groupes d’âge adulte et les différentes communautés francophones du Canada. Au total, approximativement 300 participants sont requis», ajoute Josée Rivest, qui espère terminer cette phase de normalisation d’ici la fin 2027.

Glendon
Le manoir Glendon, sur le campus du 2275 avenue Bayview.

Diversité ethnoculturelle torontoise recherchée

La diversité ethnoculturelle des Franco-Torontois «est un atout important, puisqu’elle permet de mieux refléter la réalité de la francophonie canadienne et de développer des normes plus représentatives», selon Josée Rivest.

«D’un autre côté, elle ajoute une certaine complexité méthodologique. Tous les participants dits “normaux” doivent avoir le français comme langue première, mais leur appartenance ethnoculturelle doit également être prise en compte.»

Mais les ressources financières peuvent manquer pour des marchés linguistiques plus réduits.

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TorCA, Dépistage démence en français
Mélanie Cohn. Photo: courtoisie

«Le développement complet d’un outil comme le TorCA, peut nécessiter des budgets allant de dizaines à des centaines de milliers de dollars», constate Mélanie Cohn, neuropsychologue au Toronto Western Hospital et une membre du projet d’adaptation en français du TorCA.

«Le secteur privé a tendance à prioriser les marchés plus importants, ce qui fait que les outils sont souvent développés d’abord en anglais, notamment aux États-Unis, avec peu d’incitatifs pour investir dans des adaptations pour des populations plus restreintes comme les francophones au Canada.»

Le projet du TorCA en français est soutenu financièrement par le Collège Glendon et par le TDRA.

Pour participer en personne ou en ligne, contactez [email protected]

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