Un nouvel organisme acadien pour le rayonnement de la langue française

Cercle acadien de la langue française
Au lancement du Cercle acadien de la langue française, à l’Université de Moncton en octobre. Photo: courtoisie
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Un nouveau «Cercle acadien de la langue française» veut mettre l’accent sur le rayonnement du français dans les collectivités acadiennes.

«Je crois toujours en une Acadie résolument francophone. Pas une Acadie bilingue et qui, de plus en plus, pense, parle, agit et ne se préoccupe que du bilinguisme comme vecteur de développement», informe le président-fondateur Mathieu Gérald Caissie.

«Le Cercle est là pour la langue française, et uniquement pour la vitalité de la langue française.»

Une tribune de la francophonie acadienne

Selon lui, le nouvel organisme verra à sensibiliser le public sur la pérennité de la vie française en Acadie. Il vise à rassembler des citoyens qui souhaitent contribuer au rayonnement de la langue française dans les collectivités acadiennes.

Mathieu Gérald Caissie
Mathieu Gérald Caissie.

Le Cercle acadien de la langue française aura comme mission première de fédérer les forces vives politiques, économiques, juridiques et universitaires de l’Acadie du Nouveau-Brunswick au profit du fait français et de la vitalité de la langue française.

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«Par le rayonnement de ses activités, le Cercle sera une tribune très vivante de la francophonie acadienne», avait fait savoir Mathieu Gérald Caissie, lors de la fondation de l’organisme le 13 octobre dernier, sur le campus de l’Université de Moncton.

Causeries de personnalités variées

Les activités du Cercle seront d’abord des conférences, du type cinq à sept, autour de personnalités variées et sur des thèmes liés à la pérennité de la langue française dans les collectivités acadiennes.

Lors de sa fondation, le Cercle a accueilli son premier conférencier, soit Jean-Louis Roy, ancien rédacteur en chef du journal Le Devoir, délégué général du Québec à Paris, administrateur de l’Organisation internationale de la Francophonie.

Toujours selon son président-fondateur, le Cercle proposera et accomplira des actions favorisant l’affichage commercial et public en langue française, notamment en incitant fortement l’adoption d’arrêtés municipaux en ce sens.

«Par exemple, de nombreuses municipalités acadiennes peuvent rapidement influencer et franciser le paysage linguistique des panneaux d’affichage routier du ministère des Transports en modifiant certains noms anglophones de chemins et de rues qui se retrouvent actuellement aux abords de nos autoroutes», mentionne M. Caissie.

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Moins institutionnel que la SANB

«Pourquoi ce regroupement? Parce qu’il n’y avait aucune autre association, de façon spécifique, qui se concentre sur le fait de rassembler des gens voulant travailler sur cet aspect précis: le rayonnement de la langue française», admet le fondateur du Cercle acadien.

La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) est une structure financée par Patrimoine canadien. «Nous, le Cercle acadien, ça se veut moins formel institutionnellement. C’est complémentaire à la SANB et aux autres organismes acadiens que j’appelle sectoriels», explique Mathieu Gérald Caissie.

«Je considérais qu’il y avait beaucoup de bonnes associations qui font du bon travail, mais dans des secteurs précis. Tu n’avais pas forcément un organisme dont le but principal c’est le fait français», déclare-t-il.

Acadie
Un phare sur l’Atlantique, aux couleurs du drapeau acadien. Photo: Pxfuel

Un Acadien à Paris

Il informe que tout le monde est bienvenu au sein du Cercle, qu’il est ouvert à tous. Le regroupement fait officiellement partie de Nation Prospère Acadie, un organisme de bienfaisance enregistré.

Selon l’initiateur du projet, celui-ci s’inspire du Cercle Richelieu de Senghor en France, qui avait reçu notamment Antonine Maillet et aussi Herménégilde Chiasson à l’époque où Mathieu Gérald Caissie représentait le gouvernement du Nouveau-Brunswick à Paris auprès de l’Organisation internationale de la Francophonie. Il a été membre du Cercle Richelieu de Senghor de 2013 à 2020.

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Francisation de l’affichage à Tracadie

Le Cercle acadien de la langue française travaille présentement sur sa deuxième conférence qui sera présentée au mois de février, cette fois-ci dans la Péninsule acadienne. Le thème portera sur l’affichage commercial et gouvernemental.

«Tracadie veut adopter un arrêté municipal sur l’affichage commercial. C’est un sujet de l’heure», avance Mathieu Gérald Caissie.

Plutôt que de mettre l’accent sur le bilinguisme dans l’affichage, l’approche du Cercle en ce qui a trait aux communautés acadiennes est plus spécifique. «On dit qu’un arrêté devrait forcer le français, mais ne pas interdire le français seulement», précise M. Caissie.

Autrement-dit, pour la nouvelle organisation pro-française, rien n’empêche d’afficher en français seulement, du moins dans certaines communautés acadiennes. Le Cercle acadien recommande cette option pour la Ville de Tracadie.

français au Canada
L’Acadie comprend aujourd’hui plusieurs régions du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard.

Viser la francisation, pas la bilinguisation

«C’est important pour les communautés historiquement acadiennes ou francophones de viser la francisation, et pas forcément la bilinguisation», détaille le porte-parole du Cercle acadien.

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«Je sais que c’est un terrain glissant», reconnaît-il, en précisant que le nouveau regroupement n’est pas anti-bilingue.

«C’est souvent difficile à articuler, le combat pour la langue française, sans être vite ramené vers ce bilinguisme, et essayer d’expliquer que je suis pour le français et pas contre l’anglais. Ça dépend où tu te situes en termes de géographie, selon moi.»

Le contraire d’une société secrète

La cheffe du Parti libéral, Susan Holt, était présente lors de la fondation du Cercle acadien de la langue française. Des organismes comme Égalité Santé en français, la SANB et la Société nationale de l’Acadie (SNA), étaient également représentés.

«La liste des gens invités est déjà assez importante», avoue l’initiateur du Cercle. «C’est un sujet qui interpelle et rassemble. Ce n’est pas une nouvelle Patente, c’est très public», dit-il en riant. «Il n’y a rien de caché.»

«Le Cercle se concentre sur cet élément fondamental qui est le rayonnement de la langue française dans les collectivités acadiennes, sur tous ses aspects, donc secteur privé, affichage, radio, journaux. Il y a peut-être des gens qui vont nous trouver tannants», reconnaît son fondateur en riant.

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