TTC: le sentiment d’insécurité persiste chez les usagers

La sécurité dans le métro de Toronto préoccupe encore.
62% des usagers se considèrent en sécurité dans le métro de Toronto. Photo: Soufiane Chakkouche, l-express.ca
Partagez
Tweetez
Envoyez

Publié 12/06/2026 par Soufiane Chakkouche

En ce coup d’envoi de la Coupe du monde de soccer 2026, le sentiment de sécurité à bord des véhicules et dans les stations de la Commission de transport de Toronto (TTC) demeure mitigé chez les usagers. Et ce, malgré les dernières annonces faites par les responsables du réseau pour l’améliorer, allant jusqu’à mettre l’IA à contribution.

Les barrières de protection sur les quais, l’utilisation de l’intelligence artificielle pour prévenir les intrusions sur les voies, le renforcement du personnel dans les gares et l’installation de caméras de surveillance… Les dirigeants de la TTC ont récemment fait plusieurs annonces ayant pour seul objectif d’améliorer la sécurité des usagers.

Sur la bonne voie

Pourtant, le dernier rapport du PDG de la TTC, Mandeep Lali, fait état d’une amélioration significative.

62% des usagers se considèrent en sécurité dans le métro, contre 56% l’an dernier. Mieux que cela, le taux de satisfaction a atteint 74%, soit 3% de plus que l’année dernière. Toutefois, ce taux reste en deçà de l’objectif des 84% annoncé par Mandeep Lali.

Sentiment mitigé des usagers de la TTC.
Évolution des taux d’infraction contre les clients et les employés de la TTC. Source: Ville de Toronto.

Quant aux plus récents des indicateurs de la Ville, ils dénotent également d’une certaine amélioration, mais plus lissée.

Publicité

Ainsi, le taux d’infractions commises contre les clients de la TTC tels que les vols, les agressions ou les harcèlements était de 1,71 pour 1 million de montées à bord en avril 2026 contre 1,72 un an auparavant.

Un peu plus marqué, l’indicateur de sécurité communautaire qui recense les incidents signalés au Service de police de Toronto affiche 141 appels en avril dernier, soit 13 de moins qu’au même mois de 2025.

Sécurité dans le réseau de la TTC
Indicateur de sécurité communautaire recensant les incidents signalés au Service de police de Toronto.Source Ville de Toronto.

Sentiment mitigé

Toutefois, si, sur le papier l’évolution est favorable, elle ne se reflète pas forcément sur le terrain. En effet, toutes les personnes interrogées pour les besoins de ce papier émettent quelques réserves, à l’instar de Hasnaa Y., une Torontoise qui utilise quotidiennement les transports en commun:

«J’ai eu plusieurs fois des mésaventures dans le réseau de la TTC, et toutes ont eu lieu en pleine journée. Une fois, dans le métro, je me tenais à la barre quand un monsieur, qui semblait sous influence de drogues, avait chargé en ma direction en me disant de partir. Puis, il s’est allongé sur les trois sièges à côté de moi. J’ai eu peur et je me suis déplacée.»

Toronto mieux logée que les grandes villes européennes

De son côté, Maurad El Heilani, un expatrié d’origine belge fraîchement installé à Toronto et usager quotidien du réseau de la TTC, est plus optimiste:

Publicité
Témoignage à propos de la sécurité dans le réseau de la TTC.
Maurad El Heilani. Photo: courtoisie

«Si je compare avec les transports en commun en Belgique, je pense honnêtement que ceux de Toronto sont plus sécurisés. Par exemple, dans le métro ici, il y a toujours des agents de la TTC dans les stations, ce qui n’est pas le cas en Belgique. Par rapport à beaucoup de métropoles européennes, c’est plus sécurisé ici.»

Il faut dire que les travaux comparatifs en criminologie des transports montrent que les réseaux européens sont davantage exposés aux crimes opportunistes, comme les vols à la tire. Le réseau torontois, lui, présente un profil différent, marqué par des incidents plus ponctuels et une forte variabilité du sentiment de sécurité.

Les drogues pointées du doigt

Toutefois, le jeune homme met un bémol quant au rôle que jouent les drogues dans le sentiment d’insécurité des usagers.

«Les problèmes sont souvent causés par des personnes ayant consommé de la drogue dure. Quand ils sont dans un état d’hystérie, par exemple, cela peut être rassurant d’avoir l’agent de la TTC à proximité. Mais, dans la plupart des cas, celui-ci ne fait rien pour que cette personne parte, ce qui donne parfois lieu à des situations effrayantes », confie-t-il.

Et de poursuivre: «J’ai une amie ici à qui s’est arrivé juste et elle est restée choquée jusqu’à aujourd’hui.»

Publicité

Même son de cloche du côté d’Hasnaa Y.: «Je sais qu’il s’agit d’un sujet qui ne concerne pas seulement la TTC, mais, honnêtement, la vulgarisation des drogues a eu des conséquences très dangereuses. J’ai vécu dans des pays où les drogues dans les stations de métro ne font pas des ravages, comme c’est le cas ici. Ce n’est donc pas une mission impossible.»

Contacté à ce sujet, la communication de la TTC n’a pas donné suite à nos sollicitations d’interview.

Auteurs

Partagez
Tweetez
Envoyez
Publicité

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur