TTC : les transports accessibles aux handicapés d’ici 2025

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Toutes les stations de métro et les véhicules de la TTC devront être accessibles aux personnes handicapées d'ici 2025. Photos: TTC.
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Des transports en commun 100% accessibles aux personnes handicapées à Toronto. C’est l’objectif de la Commission des transports de Toronto (TTC) d’ici 2025. La régie des transports publics doit en effet se conformer à la loi de 2005 sur l’accessibilité pour les personnes handicapées de l’Ontario (LAPHO).

À 4 ans de l’échéance, quelle est la distance parcourue et celle qu’il reste à faire?

De plus en plus accessible

En 2005, l’Ontario est devenu la première province canadienne à se doter d’une telle législation en matière d’accessibilité. La loi s’applique à toutes les organisations et entreprises, aussi bien publiques que privées.

En ce qui concerne la TTC, tous ses véhicules sont désormais accessibles. Cela représente plus de 2100 autobus, 204 tramways, et 876 wagons de métro.

Les stations de métro sont en train d’être équipées les unes après les autres. Ascenseurs, escaliers mobiles, portes automatiques, rampes, surfaces podotactiles dans les escaliers ou encore affichages en gros caractères faisant figurer des pictogrammes internationaux standardisés…

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Les travaux d’accessibilité du métro devraient prendre fin d’ici 2025.

À mesure qu’avancent les travaux, 53 des 75 stations de métro sont aujourd’hui accessibles, soit 70% du réseau. La dernière en date est Keele sur la ligne 2, en juin dernier.

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Hayley Waldman, porte-parole de la TTC.

Du côté des autobus et des tramways, 80% des arrêts sont accessibles aux personnes handicapées. «La TTC continue ses efforts pour rendre accessibles autant d’arrêts que possible, et nous avons pour intention de mettre à niveau quelques centaines d’autres dans les années à venir, dont 180 arrêts en 2021», résume Hayley Waldman, porte-parole de la TTC.

Les évolutions se font faites au rythme des avancées technologiques. La TTC vient de conclure des partenariats avec l’Institut national canadien pour les aveugles (INCA) pour réaliser des essais.

«Une technologie d’orientation Bluetooth pour assister les clients avec une perte de vision, une nouvelle signalétique tactile et des boucles à induction magnétique aux points d’interphone pour les malentendants», énumère Hayley Waldman.

La TTC se dit aussi attentive aux passagers en situation de handicap cognitif. Une nouvelle initiative pour les aider à apprendre comment voyager indépendamment est en cours de développement.

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Transformation historique de la TTC

Si la TTC de 2021 souhaite montrer une image progressiste, cela n’a pas toujours été le cas. Les avancées se sont parfois faites sous la pression d’activistes pour les droits de la personne, comme Beryl Potter. À la tête de la Trans-Action Coalition, cette militante a bataillé pour la création de Wheel-Trans dans les années 1970.

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Wheel-Trans à ses débuts en 1975.

Ce transport adapté «porte-à-porte» a vu le jour en 1975 lorsqu’un projet-pilote de deux ans a été lancé. «Ce projet-pilote initial, financé conjointement par la province de l’Ontario et la Municipalité de Toronto, concernait 48 inscrits et 7 mini-vans. Il fonctionnait en semaine pendant les heures de pointe pour les trajets professionnels seulement», rappelle la Commission ontarienne des droits de la personne sur son site internet.

À l’origine, des entrepreneurs privés exploitaient le service, et la TTC ne jouait qu’un rôle de superviseur administratif. «Néanmoins, à mesure que des problèmes de qualité firent surface, la TTC fut exhortée par des groupes de pression et le grand public à prendre le contrôle de tous les aspects de Wheel-Trans, ce qu’elle fit à compter du 1er janvier 1989», ajoute la Commission.

Du côté du système de transport dit «conventionnel», la transformation commence véritablement à partir de 1996. Les stations de métro Downsview, Bloor-Yonge et Union deviennent alors les trois premières accessibles du réseau. La même année, les rames Bombardier T1 entrent en service. Il s’agit du premier métro torontois prévoyant un espace pour une chaise roulante à l’intérieur de chaque wagon.

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Le Bombardier T1, premier train accessible de la TTC, est toujours en service.

Toujours en 1996, les premiers autobus équipés d’élévateurs rejoignent la flotte de la TTC. Les derniers véhicules non-accessibles ne prendront leur retraite qu’en 2011. Mais c’est du côté du tramway que les avancées tardent le plus à se réaliser. Il faut attendre 2014 pour embarquer à bord des premiers tramways accessibles.

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Changement de stratégie

Au-delà d’une obligation légale, c’est aussi le vieillissement de la population qui pousse la TTC à se transformer. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Entre 2017 et 2041, la population torontoise âgée de plus de 65 ans devrait doubler. Or, la prévalence de handicaps est deux fois plus importante dans cette catégorie d’âge que dans le reste de la population.

La TTC a clairement identifié ce défi dans son plan pluriannuel sur l’accessibilité 2019-2025. D’ici à 2023, la TTC projette ainsi de transporter quelques 56000 inscrits actifs avec Wheel-Trans. Or, sachant qu’un trajet Wheel-Trans coûte 30$ à la TTC, contre 1$ pour un trajet conventionnel, l’augmentation de la demande va lourdement peser sur son budget.

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Un chauffeur d’autobus aide une personne en chaise roulante à monter à bord.

Pour assurer à Wheel-Trans une durabilité de long-terme, la TTC a inauguré en 2017 une nouvelle stratégie. Elle répartit désormais les usagers en trois catégories d’éligibilité (inconditionnelle, conditionnelle et temporaire). Ce qui permet un accès à plus ou moins de services.

L’objectif est de réorienter 50% des usagers de Wheel-Trans vers le système conventionnel, pour tout ou partie de leurs trajets.

Interrogée, la TTC se défend de vouloir réduire son offre de services. Elle souligne que cette nouvelle catégorisation est une exigence de la loi de 2005 et de ses normes d’accessibilité intégrées.

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«Plus de 20% des clients de Wheel-Trans fréquemment interrogés voyagent exclusivement en utilisant le système conventionnel, et beaucoup ont juste besoin de Wheel-Trans pour se connecter à un arrêt d’autobus, de tramway ou de métro», insiste Hayley Waldman.

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Dans un streetcar de Torontro: l’interphone et le bouton alertant le conducteur qu’un passager en chaise roulante veut sortir au prochain arrêt.

Inquiétudes et transports alternatifs

Selon la TTC, un usager conditionnel est une personne avec un handicap qui ne peut pas utiliser les transports conventionnels en toutes circonstances à cause de «barrières environnementales ou physiques». Par exemple la météo, l’achalandage, ou une station non accessible.

Mais le flou qui entoure la définition de l’éligibilité conditionnelle est source d’inquiétudes pour les personnes en situation de handicap. Elles craignent de tomber injustement dans cette catégorie.

Les préoccupations sont d’autant plus grandes que malgré les travaux d’accessibilité, prendre les transports en commun reste une épreuve pour beaucoup d’entre elles. Surtout à l’heure de pointe, lorsque les quais et les wagons du métro sont bondés.

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Une passagère déficiente visuelle prend le métro.

Certains craignent à terme de voir les personnes handicapées s’isoler davantage.

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De son côté, la TTC argue qu’elle évalue chaque client individuellement et l’assigne à une éligibilité et à des conditions spécifiques en fonction de ses capacités, et des renseignements communiqués par son professionnel de santé.

«Si un client sent que sa catégorie et/ou les conditions d’éligibilité ne reflètent pas fidèlement ses capacités, nous les encourageons alors à demander un appel. Des professionnels indépendants spécialisés ou des physiothérapeutes réalisent les appels et les tests», indique Hayley Waldman.

Pour se déplacer quand on est en situation de handicap, des alternatives existent à Toronto. On y compte des services parallèles à Wheel-Trans. Par exemple, la Croix Rouge Canadienne, ou des services communautaires comme BetterLiving à North York et TorontoRide, proposent des services de transport de porte-à-porte.

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La fourgonnette de CAH. Photo: CAH

C’est aussi le cas des Centres d’accueil Héritage (CAH) pour aînés à Toronto, qui offre un service de transport pour les déplacements médicaux à une cinquantaine de clients de leur programme «service de soutien à domicile».

CAH peut ainsi accompagner ses clients les plus fragiles jusqu’à la salle d’attente de leur médecin.

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