Thriller existentiel sur la recherche de parents biologiques

thriller, Cassandra Fournier, Née sous une fausse étoile
Cassandra Fournier, Née sous une fausse étoile, roman, Éditions Hugo Québec, 2026, 288 pages, 24,95 $.
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Publié 22/04/2026 par Paul-François Sylvestre

Être un jour l’enfant d’un couple aimant et, le lendemain, enfant de purs inconnus, voilà un thème qui a été exploité par plusieurs écrivains. Cassandra Fournier y ajoute une touche inédite dans Née sous une fausse étoile, son premier roman qui a des allures de thriller existentiel.

Laura, 18 ans, est une artiste en devenir, qui mène la vie normale d’une étudiante au sein d’une famille aimante, entourée de fidèles amis. Son quotidien bascule le jour où elle découvre qu’elle a été adoptée. Contre l’avis de tous, elle part à la recherche de ses parents biologiques.

Frisson

La philosophie de vie de la jeune fille se résume à «agis maintenant et réfléchis après».

Cela l’amène à côtoyer des gens qui lui font ressentir un frisson glacial. C’est comme si un éclair traverse alors sa colonne vertébrale. Elle se demande pourquoi personne n’a encore pensé à inventer une télécommande pour contrôler ses émotions, «parce que ça m’aurait bien arrangée».

Il peut arriver que rechercher ses parents biologiques soit un peu comme gratter ses billets de loteries, en jurant chaque fois qu’ils se révèlent perdants: «s’accrocher, espérer, et toujours être déçue».

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Obsession

Depuis que Laura a appris son adoption, elle a l’impression de s’être dédoublée d’elle-même. L’adolescente ne sait tout simplement pas comment gérer cette situation et, pourtant, cette quête de savoir qui elle est l’obsède au plus haut point.

«Il existait plein de jeunes mères célibataires qui décidaient de garder leur enfant, se dit l’adolescente. Pourquoi ma mère n’avait-elle pas fait de même? À cette question, aucune bonne ou mauvaise réponse.»

La romancière écrit que l’adrénaline pure causée par les péripéties d’une recherche biologique donne à Laura l’horrible impression de tomber en chute libre. Il faut dire que l’intrigue n’est à la fois ni la réalité ni un rêve. La seule chose qui soit vraie demeure l’espérance qui se joue de la protagoniste.

Révélation

Je n’ai pas pu m’empêcher de noter que Laura établit un constat qui s’applique non seulement à elle-même mais également à la romancière.

Voici ce que Laura affirme: «L’avantage lorsqu’on a trop d’imagination et qu’on invente constamment des histoires, c’est qu’on acquiert la capacité d’inventer des personnages sur mesure et au besoin.»

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Ce qui aurait pu être un simple roman psychologique se transforme parfois en polar où menace, révélation stupéfiante et monde interlope s’ajoutent à une incroyable machination familiale.

Au point où Laura flotte «juste au-dessus de l’abîme, entre le désespoir et la rage, là où tout éclate en l’espace d’une battement de cœur».

Imprécision

On peut presque dire que Née sous une fausse étoile se situe à mi-chemin entre un roman bleu (qui aurait «longuement baigné dans mille océans et mille cieux») et un roman noir typique d’une nuit entre chien et loup.

Cassandra Fournier nous fait constamment balloter entre lumière et pénombre, entre assurance et incertitude.

Auteurs

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

  • l-express.ca

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