Survol du paysage urbain nord-américain

Harold Bérubé, Histoire des villes nord-américaines
Harold Bérubé, Histoire des villes nord-américaines, essai, Québec, Éditions du Septentrion, collection Aujourd’hui l’histoire avec, 2022, 174 pages, 14,95 $.
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Un peu plus de la moitié de la planète habite en milieu urbain. C’était moins de 10% au début du XIXe siècle, puis 30% en 1950 après plus d’un siècle de révolution industrielle. Dans ce contexte Harold Bérubé se penche sur l’Histoire des villes nord-américaines dans un essai fort bien documenté.

Les habitants des premières villes coloniales nord-américaines se déplacent presque exclusivement à pied. Dès 1829, l’omnibus tiré par deux chevaux commence à changer le paysage.

Puis le tramway arrive en 1832. Il est accompagné d’une ségrégation raciale qui culminera avec le cas de Rosa Parks à Montgomery en 1955.

L’étalement à cause des transports

Les tramways sont en partie responsables de l’étalement des villes. C’est à Chicago qu’il se déploie à grande échelle entre1880 et 1900.

Les tramways électriques voient le jour en 1892 à Toronto et à Montréal. La Ville Reine héberge «le seul réseau de première génération à avoir survécu en Amérique du Nord et, surtout, le seul à avoir continué de son expansion de manière ininterrompue…»

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L’auteur explique comment la possibilité de se déplacer facilement donne lieu à une spécialisation de l’espace: résidentielle, commerciale, industrielle. Les premiers à choisir de quitter les noyaux urbains denses sont les membres de la bourgeoisie. M. Bérubé donne l’exemple du Golden Square Mile à Montréal.

Quartiers chauds

On assiste aussi à «la création de districts consacrés à la pratique et à la commercialisation du vice», soit les red-light districts. Ce sont des endroits où un certain nombre de frontières sociales peuvent être traversées, «des lieux publics où Blancs et Noirs se rencontrent et où règne une certaine tolérance face à l’homosexualité».

L’auteur passe ensuite au mouvement City Beautiful qui promeut l’architecture néoclassique et le style Beaux-Arts. Le meilleur exemple demeure l’embellissement de la capitale fédérale américaine, Washington D.C.

Le mouvement aura aussi du succès à Chicago, métropole du Midwest américain. La ville avait déjà le titre de «urbanisation sauvage du continent nord-américain».

Retour des espaces verts

Si les villes industrielles du continent ont souvent évacué la nature, les vastes espaces verts publics refont leur apparition à la fin du XIXe siècle. Voici quelques exemples: Central Park à New York, Lincoln Park à Chicago, Stanley Park à Vancouver, parc Mont-Royal à Montréal. «Citadins et citadines de différentes origines peuvent se rencontrer.»

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Impossible d’imaginer le paysage métropolitain américain sans ses gratte-ciels. Les hautes tours apparaissent dans les années 1880, mais ne commencent à se multiplier que durant les années 1920 et 1930.

Pendant 40 ans l’Empire State Building (1931) va demeurer le plus haut gratte-ciel du monde avec ses 102 étages. Au Canada, Montréal ouvre le bal avec l’édifice de la Sun Life, également en 1931 mais avec seulement 24 étages.

Racisme

Il y a eu le red-light… Mais aussi le redlining, c’est-à-dire la séparation de l’espace urbain entre Blancs et Noirs. Baltimore adopte une Segregation Ordinance en 1910.

Cette politique est présentée «comme un outil essentiel pour protéger les valeurs des propriétés, soi-disant menacées par la mixité raciale».

L’auteur termine son essai avec un portrait de Jane Jacobs (Jane’s Walks) pour qui l’espace urbain doit d’abord et avant tout rassembler «des communautés riches et diverses, complexes et fragiles».

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