Des jeunes qui tombent dans la prostitution: pas seulement dans les grandes villes

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Les jeunes des régions peu peuplées sont autant à risque de tomber dans la prostitution et les trafics sexuels que ceux des grandes villes. Photo: Arizona Trauma Institute
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Dans les régions moins peuplées, on se sent parfois éloigné des problèmes «des grandes villes». Pourtant les jeunes du Nord de l’Ontario ne sont pas plus à l’abri de la prostitution et des trafics sexuels que les autres.

La sensibilisation était déjà en marche dans la région avant la plus récente annonce gouvernementale.

Chez l’organisme Ellevive à Timmins, les ressources sont au travail. «Nous avons commencé à offrir des présentations aux écoles secondaires afin de les sensibiliser face à cette problématique», indique la directrice générale, Chantal Mailloux.

Le centre a également une intervenante spécifiquement assignée aux femmes victimes ou survivantes de la traite des personnes.

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Le Zanzibar sur la rue Yonge, l’un des plus vieux clubs de strip-tease de Toronto. Photo: Jim Crocker, Flickr

Sensibiliser le personnel scolaire à la prostitution

Le gouvernement provincial veut ajouter un niveau de protection pour les enfants. Le 6 juillet, il annonçait un investissement de 2,4 millions $ pour réaliser cet objectif.

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Les fonds serviront entre autres à sensibiliser les élèves et le personnel scolaire ainsi qu’à l’établissement de procédures par les conseils scolaires visant les élèves à risque ou victime de traite ou des élèves qui en conditionnent d’autres.

La nouvelle a été bien accueillie par l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC).

«Le cadre stratégique d’élaboration des protocoles pour la lutte contre la traite sexuelle, qui a été partagé avec les conseils scolaires, vient officialiser un processus et une recherche déjà entamés en collaboration avec les autorités régionales, les municipalités et les corps de police de leurs communautés», affirme directeur général, Yves Lévesque, dans un communiqué.

L’association signale cependant que l’investissement devra être plus important pour l’élaboration d’un plan à plus long terme.

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Le commerce sexuel mène rarement au Paradis… Photo: Michi S, Pixabay

Un danger bien présent dans le Nord

Chantal Mailloux, d’Ellevive, croit aussi que l’annonce est un pas dans la bonne direction. Elle souligne que l’élaboration des plans d’intervention nécessitera des discussions avec plusieurs groupes d’intervention régionaux.

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Elle espère aussi que les politiques seront plus que l’ajout d’un paragraphe dans les politiques des conseils scolaires.

Parce que les jeunes du Nord ne sont pas moins à risque d’être victime de trafic humain.

«Par exemple, une jeune femme du secondaire rencontre un homme sur Instagram, lui parle pendant quelque temps et lui raconte qu’elle se sent isolée, seule, etc. Elle bâtit un lien de confiance avec lui. Il l’invite finalement à aller passer une fin de semaine avec lui à Ottawa où ils iront magasiner, souper ensemble, etc.»

«Il lui suggère même d’emmener une amie afin qu’elle se sente plus en sécurité. Une fois qu’il leur a payé des nouveaux vêtements, bijoux, drogues, etc. il leur explique qu’elles devront le repayer. Il les emmène dans une chambre d’hôtel…»

«Si elles refusent, il les menace avec les informations qu’elles lui ont partagées, des photos qu’elles ont envoyées, etc.», raconte la directrice.

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Les conseils scolaires sont invités à s’intéresser aux risques auxquels font face leurs élèves.

Reconnaître les risques de tomber dans la prostitution

Les facteurs de risque sont les mêmes au Nord et au Sud. Maltraitance, situation familiale difficile, victime d’intimidation…

Toutes personnes en manque d’amis, de soutien ou d’affection peuvent tomber dans le piège. «Les statistiques démontrent toutefois que les jeunes sous l’âge de 25 ans sont plus à risque de se faire recruter et que l’âge moyen du recrutement est de 13 ans», précise Chantal Mailloux.

Comme le deux tiers de cas rapporté à la police au Canada surviennent en Ontario, le niveau de risque est encore plus élevé dans la province. Les jeunes francophones sont tout autant à risque que les autres. Des jeunes de toutes les ethnicités, langues et culture peuvent être visés.

Même si les problèmes surviennent souvent en dehors de l’école, il faut impliquer le milieu scolaire dans la solution.

«Il est important d’en parler avec les jeunes à l’école et à la maison. Il est important pour le personnel des écoles ainsi que pour les parents de comprendre que la traite des personnes est rarement comme dans les films (genre Taken), que c’est beaucoup plus subtil», explique Mme Mailloux.

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À inclure dans les cours d’éducation sexuelle

D’ailleurs, le gouvernement inclut cette sensibilisation dans l’éducation sexuelle, aux côté de l’identité, de la communication et de l’affirmation, des relations intimes et saines, du consentement, des limites personnelles, de l’image corporelle et la santé ainsi que du bienêtre des jeunes femmes, par exemple.

À Sudbury, le Centre Victoria pour femmes fait de la sensibilisation sur ces sujets auprès des jeunes filles francophones depuis plusieurs années par le biais de ses groupes Filles fantastiques dans le Grand Sudbury et Algoma.

Nouvelles équipes à Durham et Toronto

Par ailleurs, le gouvernement de l’Ontario investit 11,5 millions $ sur trois ans dans deux nouvelles équipes d’intervention spécialisées dans la région de Durham et de la ville de Toronto afin de protéger les enfants et les jeunes contre la traite sexuelle.

Les nouvelles équipes d’intervention auprès des enfants à risque d’exploitation (INTERE) jumellent des travailleurs de la protection de l’enfance avec des policiers en première ligne, afin de repérer et de localiser les enfants et les jeunes qui font l’objet d’une traite sexuelle.

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Les intervenants vont aussi établir des liens entre les victimes, les familles et les services, en plus d’enquêter sur les contrevenants.

«Ces nouvelles équipes INTERE auront pour mission de trouver les enfants qui sont extrêmement vulnérables à la traite et de les protéger contre toute autre victimisation», explique Jane McKenna, ministre associée déléguée au dossier de l’Enfance et à la Condition féminine.

Les intervenants se disent aussi conscients que «les femmes et les jeunes filles autochtones sont surreprésentées parmi les survivantes de la traite des personnes et de l’exploitation sexuelle».

Selon la solliciteure générale Sylvia Jones, «grâce à l’expertise combinée des services de police, des travailleurs de la protection de l’enfance et de partenaires communautaires clés à Durham et à Toronto, ces nouvelles équipes INTERE fourniront des ressources supplémentaires dont nous avons grandement besoin dans notre lutte contre ce crime haineux».

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