«Sagesse de nous à elles»: jamais deux sans trois

Célébration du deuxième tome

Oasis, Sagesse de nous à elles
Les autrices du deuxième tome du recueil «Sagesse de nous à elles» lors du lancement à Brampton. Photo: Hamza Ziad, l-express.ca
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Publié 06/02/2026 par Hamza Ziad

«Cette année, nous avons senti une motivation encore plus forte chez les femmes, et le besoin de concrétiser ce deuxième tome s’est imposé avec évidence», explique Ngalula Kalunda, animatrice des sessions du projet Sagesse: de nous à elles d’Oasis Centre des femmes.

Les participantes se sont montrées particulièrement engagées. «Nous n’avions même plus besoin de rappels pour leur présence aux ateliers. Mieux encore, elles ont pris part à des rencontres qui n’étaient pas prévues dans le cadre du programme initial», souligne-t-elle.

Ngalula Kalunda
Ngalula Kalunda.

Selon Ngalula Kalunda, cette deuxième édition a gagné en maturité. Le projet s’est affiné grâce aux apprentissages tirés de la première expérience, aux commentaires recueillis tout au long du processus ainsi qu’aux retours des participantes du premier tome.

L’enthousiasme demeure palpable: de nouvelles voix souhaitent déjà contribuer au prochain recueil, tandis que certaines femmes ayant participé au premier volume affirment avoir encore beaucoup à partager.

«L’équipe de coordination est désormais bien rodée, l’intérêt des participantes est bien présent. Nous attendons simplement le feu vert d’Oasis pour amorcer le travail sur le troisième tome», confie Ngalula.

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Oasis, Sagesse de nous à elles
Sagesse de nous à elles: Tome 2.

L’écriture au cœur de ce deuxième tome

Une soixantaine de personnes se sont réunies à Brampton, le 31 janvier, dans les locaux d’Oasis Centre des femmes, afin de célébrer la parution du deuxième tome du recueil Sagesse de nous à elles. L’ouvrage a été réalisé cette année par douze femmes à l’issue de cinq mois d’ateliers, de rencontres et d’accompagnement par des coachs et des expertes.

Contrairement à la première édition, qui proposait une variété d’activités, dont une marche historique à Toronto et des ateliers de peinture, cette nouvelle mouture a choisi de concentrer ses efforts presque exclusivement sur l’écriture.

ivoiriens
Viviane Sinan.

Une orientation directement inspirée des commentaires des participantes, nombreuses à souhaiter se consacrer pleinement à ce moyen d’expression, leur permettant de livrer leurs émotions et leurs expériences avec davantage de profondeur.

«Participer à ce projet m’a permis d’aller au bout de ma peur de me lancer dans l’écriture, une passion que je portais depuis longtemps», confie Viviane Sinan, l’une des autrices du deuxième tome.

«J’ai aussi particulièrement apprécié la liberté et l’autonomie qui nous ont été accordées pour choisir la chronologie et le contenu du recueil. Cela fait toute la différence.»

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La direction d’Oasis étudie par ailleurs la possibilité de présenter à nouveau l’ouvrage au Salon du livre de Toronto, qui se tiendra du 26 février au 1er mars à l’Université de l’Ontario français.

Oasis centre des femmes, Sagesse
Des participantes à la soirée de lancement de la 2e édition du projet Sagesse de nous à elles. Photo: Archives l-express.ca

Miser sur l’autonomisation

La pénurie de maisons d’hébergement pour les femmes francophones à Toronto, la cherté du coût de la vie, et la crise du logement compliquent davantage la situation des femmes souhaitant quitter une relation abusive.

Oasis
Inès Benzaghou.

Dans une entrevue accordée à l-express.ca, Ines Benzaghou, directrice générale d’Oasis Centre des femmes, souligne que ces enjeux liés au logement constituent des obstacles majeurs pour les victimes de violence. L’organisme s’efforce toutefois de les surmonter en offrant un accompagnement global visant l’autonomisation des femmes.

«Nous offrons des services essentiels, notamment du counseling, l’accompagnement à la cour, un soutien transitoire ainsi qu’un appui à la reprise du pouvoir économique», explique-t-elle. «Cela fait partie intégrante de notre stratégie pour donner aux femmes la possibilité de quitter une relation abusive.»

Selon elle, l’accompagnement vers l’emploi demeure également un levier crucial. Ce service permet aux participantes d’entrer en contact avec des employeurs potentiels et d’accéder à un travail, favorisant ainsi leur autonomie personnelle et financière.

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Survivre sur un canapé

De son côté, Dada Gasirabo, ancienne directrice générale d’Oasis Centre des femmes, tire la sonnette d’alarme sur la situation des femmes victimes de violence, en particulier francophones. Elle évoque notamment le cas récemment relayé sur les réseaux sociaux d’une femme contrainte de quitter son domicile et de dormir dans sa voiture, en plein cœur de l’hiver.

Autre constat préoccupant: la durée moyenne de séjour dans les maisons d’hébergement a fortement augmenté. Alors qu’elle était d’environ trois mois auparavant, elle atteint désormais près de deux ans, ce qui témoigne des difficultés croissantes à accéder à un logement sécuritaire et abordable.

«Nous sommes passés de femmes qui louaient des chambres à des femmes qui louent un canapé, voire un lit dans une chambre. Et cela est très inquiétant», déplore Dada Gasirabo. «Bien souvent, ce canapé est partagé entre deux personnes: l’une travaille de nuit, l’autre de jour.»

Face à cette réalité, elle appelle à une mobilisation collective afin d’améliorer la situation, notamment en encourageant les femmes à faire valoir leurs droits auprès des responsables politiques et des députés. «Plusieurs de ces femmes disent ne même pas connaître leur député, tant elles ont le sentiment que leur réalité n’a jamais suscité d’intérêt», conclut-elle.

Coupe du monde 2026, foot, soccer
Toronto accueillera la Coupe du monde de la FIFA en 2026. Photo: capture d’écran d’une vidéo promotionnelle de la Ville de Toronto

Sensibilisation à l’approche du Mondial

À l’approche de la Coupe du monde de la FIFA, qui se déroulera cet été notamment à Toronto, Ines Benzaghou indique qu’Oasis Centre des femmes entend intensifier la mobilisation de la communauté francophone autour des enjeux liés aux violences faites aux femmes.

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«Nous savons que lors de grands événements sportifs, deux phénomènes ont tendance à augmenter: l’exploitation sexuelle des femmes et la violence conjugale», souligne-t-elle. «Nous souhaitons donc mener un important travail de sensibilisation sur ces réalités.»

Dans cette perspective, Oasis organisera le 23 février un forum communautaire sur la traite des personnes. L’événement abordera notamment les défis associés à la Coupe du monde de la FIFA 2026 et ses impacts potentiels sur l’exploitation sexuelle des femmes.

L’organisme prévoit également, en avril, la tenue d’une grande foire de l’emploi réunissant plusieurs employeurs et des femmes en recherche d’emploi, dans le but de soutenir leur intégration au marché du travail.

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