Roman peu ordinaire sur le viol

Catherine Cuenca, Nos corps jugés
Catherine Cuenca, Nos corps jugés, roman, Paris, Éditions Talents Hauts, collection Les Héroïques, 2022, 240 pages, 29,95 $.
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Un roman sur le viol d’une jeune femme n’est pas original en soi, à moins d’y apporter un angle nouveau. C’est ce que propose Catherine Cuenca dans Nos corps jugés, en nous plongeant dans un procès qui fait écho à une cause célèbre à Aix-en-Provence en 1978.

Myriam, 17 ans, rencontre Frank, étudiant en médecine. Ils sortent ensemble quelque temps avant que Frank n’invite Myriam chez lui et ne la contraigne à un rapport sexuel.

Réputation

Inquiète d’un retard de règles, la jeune femme se résout à parler à sa mère, qui se montre plus préoccupée par le qu’en-dira-t-on que par le fait que Myriam ait subi un viol. Elle l’empêche même de porter plainte.

Pour Myriam, «un flirt, ce n’est pas la porte ouverte à tout et n’importe quoi!» Pour Frank, une fille doit se laisser faire car elle ne regrettera rien. «Fais-moi confiance! On va passer un bon moment, tous le deux.»

Même si Myriam lui crie d’arrêter, l’agresseur l’emporte facilement.

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Trahison

La romancière illustre comment les parents de Myriam la rejettent, comment sa grand-mère la déçoit et comment sa meilleure amie la trahit.

La jeune fille a la chance de découvrir dans un corridor du lycée des tracts sur les victimes de viol. Ils sont rapidement retirés par la censeure, car la politique est interdite à l’intérieur de l’établissement.

Myriam se demande si c’est vraiment de la politique que de réclamer la dignité pour les victimes de viol ou si ce n’est pas plutôt de l’humanité.

Viol de touristes

Au même moment, un procès très médiatisé se tient à Aix-en-Provence. Le viol de deux femmes touristes soulève l’ire du public et le coupable est condamné à six ans de prison.

Jusqu’alors, un viol ne donnait lieu qu’à une poursuite pour coups et blessures et attentat à la pudeur… Des délits qui relevaient d’un simple tribunal correctionnel.

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En 1980, à la suite du vote de la loi qui remplace la précédente législation datant du Code pénal de 1810, le viol deviendra en France un crime puni de 15 ans de réclusion criminelle.

Procès fascinant

C’est dans ce contexte que Catherine Cuenca plonge sa protagoniste dans un procès aux accents similaires.

Son roman sort dès lors de l’ordinaire. Il faut beaucoup de courage à Myriam pour s’afficher comme victime et non comme coupable. Elle veut franchir le fossé qui sépare le silence de la parole parce que trop de filles se sont tues par honte et par peur.

Dans l’opinion de plusieurs garçons et policiers, nombreuses sont les filles qui passent pour des menteuses, des affabulatrices. «Une relation consentie pour lui. Un viol pour elle. Sa parole contre la sienne.»

Myriam entend démontrer que violer équivaut à voler. Une part d’elle-même a été volée.

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Publics jeunesse et adulte

Catherine Cuenca écrit pour un large public jeunesse, des préadolescents aux jeunes adultes.

Ses romans ont pour cadre différentes périodes historiques, d’aussi loin que la Préhistoire en passant par la Seconde Guerre mondiale et la civilisation contemporaine.

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