Après 35 ans de carrière en Ontario, au sein de trois conseils scolaires successifs, tel le prisonnier enchaîné de l’allégorie de Platon, j’ai fini par croire que ces institutions étaient essentielles et nécessaires. La bonne gouvernance et tout le tralala.
Jeune retraité, je suis parti voir ailleurs. Me voilà chef d’établissement de deux écoles à Saint-Pierre-et-Miquelon, un statut intermédiaire entre le directeur d’école et un surintendant polyvalent, au sein d’une institution associative qui est financée par la municipalité et l’État.
Cette structure confessionnelle est liée à l’État français par un contrat d’association. Le gouvernement français paie les enseignants, mais l’institution associative paie les assistantes maternelles, le concierge, le psychologue. Pas de surintendant, pas de directeur d’éducation, et surtout, pas de conseillers scolaires.
Les élus avec lesquels je travaille directement sont le maire, principal financeur, le président du territoire, et accessoirement le député et la sénatrice. Je travaille avec eux, pas pour eux.

Curriculum centralisé
Le programme scolaire est quant à lui dicté par un bulletin officiel, centralisé depuis Paris, il n’y a pas de déclinaisons régionales. Les mêmes contenus sont enseignés à la Réunion, Strasbourg ou en Guadeloupe. Nous au pays du Code Civil, pas du Common Law.




