Protection du patrimoine: portraits de huit femmes engagées

Exposition de photos à l'Alliance française de Toronto jusqu'au 6 novembre

Portraits de femmes.
Première canadienne: l'Alliance française de Toronto accueille une exposition de la fondation ALIPH. Photos: Soufiane Chakkouche, l-express.ca
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Publié 26/10/2026 par Soufiane Chakkouche

Après le Luxembourg, Paris, l’Arabie Saoudite, le Koweït et le Bahreïn, l’exposition Portraits de femmes – Au-delà des pierres a posé ses valises – ou plutôt ses photographies – à l’Alliance française de Toronto (AFT) le 22 octobre, et ce pour deux petites semaines.

Initié par la fondation Alliance internationale pour la protection du patrimoine (ALIPH), l’exposition vise à braquer les projecteurs, à travers 29 photographies, sur le travail de huit femmes engagées, parfois au péril de leur vie, dans la sauvegarde du patrimoine culturel dans six pays, à savoir le Maroc, la Mauritanie, le Liban, l’Afghanistan, la Géorgie et l’Irak.

Rendre hommage à femme-courage

Qu’elles soient archéologues, conservatrices, restauratrices, architectes ou artisanes, les femmes sur les photographies exposées ont pour vocation de protéger le patrimoine de leurs pays respectifs ou de leur pays de cœur.

«Derrière les monuments et le patrimoine, il y a des personnes qui mettent parfois leurs vies en danger pour protéger ce patrimoine, et, à travers cette exposition, on a voulu célébrer leur courage et féliciter ces formidables personnes», livre à l-express.ca Sandra Bialystock, directrice de la communication et partenariats chez ALIPH.

Exposition photos de la fondation Aliph à l'AF Toronto.
Sandra Bialystock, directrice de la communication et partenariats chez ALIPH.

Une première au Canada

Par ailleurs, le choix du temps et du lieu pour accueillir l’exposition ne doit rien au hasard, comme l’explique Cynthia-Laure Etom, directrice culturelle de l’AFT: «C’est le mois de l’histoire des femmes au Canada.»

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«Il y a aussi un parallèle à faire avec Toronto, puisque c’est une ville où il y a une très grande diversité avec plusieurs cultures et autant de patrimoines à conserver, à faire rayonner et à rendre visible.»

Exposition de la fondation Aliph à l'AF Toronto.
Cynthia-Laure Etom, directrice culturelle de l’AFT.

Du côté d’ALIPH, le choix de la métropole relève de l’ordre du stratégique, à en croire sa directrice de la communication. «On a choisi l’AFT pour cette exposition, parce qu’on a des liens étroits avec la francophonie internationale et avec la France, dans la mesure où l’Hexagone est l’un des pays fondateurs d’ALIPH avec les Émirats arabes unis.»

«Pour notre 10e anniversaire, nous cherchons à élargir nos partenariats et faire venir de nouveaux membres, c’est pour cela qu’on a jeté notre dévolu sur Toronto.»

Il s’agit là de la première exposition de la fondation au Canada.

Pas facile facile!

Parmi les huit femmes mises à l’honneur via le diaphragme figure Maria Luisa Russo, présidente de l’association Amalia et conservatrice du patrimoine documentaire. Elle a fait le déplacement à la métropole ontarienne à l’occasion de vernissage.

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«Le travail représenté dans cette exposition consiste en la conservation des manuscrits anciens qui sont conservés dans les villes caravanières de Mauritanie, sachant que cette zone est fortement impactée par le changement climatique et par une série de menaces qui affectent le patrimoine documentaire et les bibliothèques», précise-t-elle.

Portraits de femmes
Maria Luisa Russo posant devant la photographie qui la montre en train de travailler.

Le travail sur le terrain était loin d’être facile, comme le révèle, rire aux lèvres, la principale intéressée. «C’était compliqué sur le terrain, surtout pour le photographe, parce qu’il y a beaucoup de poussière dans ces bibliothèques où il n’y a pas de climatisation. Mais il a fini par nous cueillir dans nos authentiques moments de travail, même si je pense que ce n’était pas très agréable pour lui.»

Pour rappel, en 2012, à Tombouctou, au Mali, des groupes islamistes radicaux ont détruit quatorze mausolées historiques, endommagé des lieux de culte et provoqué la disparition de milliers de manuscrits anciens, portant ainsi un coup sévère au patrimoine séculaire du pays et de l’humanité. C’est dire l’importance du travail de ces femmes-courage.

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