Pour un programme de formation professionnelle en enseignement chez nous

Étudiants

L'Université de l'Ontario français aurait permis de s'attaquer à la pénurie d'enseignants francophones à Toronto et le Centre-Sud-Ouest.


11 janvier 2019 à 13h00

Il n’est pas trop tard pour réfléchir sur l’impact de décisions prises par le présent gouvernement provincial en Ontario à l’égard des droits des Franco-Ontariens et du gel du financement promis à l’Université de l’Ontario français (UOF).

À prime abord, l’annonce de ces coupures a été mal reçue par la communauté, surtout que la ministre Caroline Mulroney et le premier ministre Doug Ford avaient tous les deux, et plus d’une fois, exprimé l’appui continu du gouvernement provincial envers l’UOF.

Le gouvernement ne comptait sans doute pas sur l’envergure de la mobilisation importante de la population francophone et francophile à travers la province et même le pays, qui a exprimé haut et fort sa déception et son désaccord envers cette décision politique.

Les lecteurs de L’Express et d’autres journaux francophones publiés à travers le pays, particulièrement intéressés par l’évolution et le développement de l’UOF, ont été davantage informés sur les quatre programmes du premier cycle proposés avant l’annonce de ces compressions budgétaires.

Deux fois plus de cours et de stages

Il est possible qu’on ne soit pas tout à fait au courant d’un autre programme important pour la communauté francophone du Centre-Sud-Ouest de la province: le programme professionnel de formation en enseignement.

Depuis la mise en vigueur le 1er septembre 2015 de changements réglementaires de l’Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario (l’Ordre), les conditions pour obtenir les qualifications requises pour enseigner dans les écoles élémentaires et secondaires en Ontario ont fait en sorte que le nombre de cours dans le programme a essentiellement doublé, ainsi que le nombre minimal de jours de stage pratique qui se chiffre désormais à 80 jours.

Cela fait un peu plus de vingt ans qu’on recommande de prolonger le programme de formation professionnelle en enseignement pour mieux préparer les futurs enseignants à la complexité de cette carrière si cruciale à notre société.

Pénurie d’enseignants francophones

La date de mise en œuvre a nécessité un réajustement du côté anglophone, qui diplômait approximativement le double de candidats nécessaires pour répondre aux besoins des conseils scolaires de langue anglaise.

Malheureusement, tel n’était pas le cas pour les écoles de langue française, et ce, surtout dans pour les trois conseils scolaires francophones de la région du Centre-Sud-Ouest de la province.

Cette région est en pleine croissance depuis les vingt dernières années et peine à remplir les postes vacants à tous les niveaux du système. Une pénurie de personnel enseignant qualifié s’est fait sentir immédiatement, et le défi perdure.

L’UOF a consulté les conseils scolaires pour mieux connaître leurs besoins. Elle a invité une équipe de collaboratrices et de collaborateurs, chacune et chacun expérimenté dans divers aspects de la formation professionnelle en éducation, pour concevoir et développer un programme novateur apte à former, outiller et équiper les futurs enseignants francophones du 21e siècle.

Faciliter l’accès à la profession

Conscient de l’urgence de répondre d’abord aux besoins criants de la région du Centre-Sud-Ouest, le premier programme sur lequel l’équipe s’est penchée est celui d’un programme alternatif, conçu pour faciliter l’accessibilité aux futurs enseignants.

Une recherche préliminaire a démontré clairement que la majorité des personnes francophones intéressées à entrer dans la profession dans cette région sont issues de l’immigration de la francophonie mondiale.

En général, de nombreux obstacles se dressent devant cette population: entre autres l’adaptation à la société canadienne, la reconnaissance des acquis (grades, profession, expérience), les pressions économiques. Ce sont les enfants de ces nouveaux citoyens qui sont à la base de la croissance exponentielle des effectifs dans les écoles, surtout mais pas que de la région de Toronto.

Besoins spéciaux

Le programme en conception cherche à répondre à toutes les conditions d’agrément de programmes en vertu de la loi établie par l’Ordre, et à répondre aux besoins de candidates et candidats assez récemment arrivés au Canada ou encore d’adultes en changement de carrière ou de profession.

Pour ce faire, un horaire flexible est imaginé: la formation débuterait pendant l’été par une expérience d’observation auprès de jeunes dans la communauté (camps d’été, cours d’été francophone) et se poursuivrait sur quelques années à temps partiel.

Après avoir complété les cours nécessaires et un stage supervisé, les candidates et candidats pourraient faire demande à l’Ordre pour un certificat de qualification transitoire, ce qui leur permettrait de travailler en salle de classe, être rémunérés et continuer une formation soutenue par l’université, des mentors expérimentés et, bien entendu, ancrés dans leur école et leur conseil scolaire.

Intégration et leadership

Par cette approche collaborative et basée sur les recherches en formation alternative, l’UOF est convaincue que ses candidates et candidats auraient davantage de succès à bien comprendre les enfants et les adolescents et mieux s’intégrer dans les écoles de langue française ontariennes et de continuer à développer leur capacité en leadership éducationnel.

Bien entendu, ce plan visait dans un premier temps les besoins régionaux et ponctuels. Dans un deuxième temps, l’UOF a la volonté de servir de tremplin pour inciter les étudiants issus des écoles de langue française à contribuer à l’essor de cette francophonie pluriculturelle et riche qui est présente dans la grande région du Centre-Sud-Ouest de l’Ontario.

Une institution de langue française chez nous

Chose certaine, celles et ceux, qui ont vécu comme moi dans cette région depuis plus de 40 ans, comprennent la richesse que représente le pluriculturalisme dans la région du grand Toronto.

Ce que nous souhaitons est que le rêve de pouvoir fréquenter une institution de langue française chez nous, de se former en se basant sur le laboratoire social et culturel qui est devant nous, se concrétise!

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