La plus grande manif franco-ontarienne

À Etobicoke: plus de 400 personnes pour plus de 400 ans d'histoire

500 personnes devant le bureau de comté de Doug Ford le 1er décembre, jour de mobilisation à travers la province.
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Près de 500 personnes ont manifesté, samedi après-midi, devant le bureau du député d’Etobicoke Nord, le premier ministre Doug Ford, pour réclamer le maintien du Commissariat aux services en français et de l’Université de l’Ontario français, éliminés dans la mise à jour économique et financière du gouvernement conservateur le 15 novembre.

Agitant des drapeaux franco-ontariens, portant des pancartes exprimant la colère ou la dérision, chantant Notre Place et scandant «Nous sommes, nous serons», la foule était massée le long d’Albion Road, à quelques pas du bureau fermé de Doug Ford, voisin de divers petits commerces, suscitant pendant trois heures les klaxons approbateurs de nombreux automobilistes.

On manifestait en famille.

15 000 personnes

À travers la province, environ 15 000 personnes dans une quarantaine d’endroits, notamment à Ottawa et Sudbury où se sont produits des artistes comme Stef Paquette et Michel Bénac, mais aussi devant le bureau de la ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney au nord de Toronto, ont répondu à l’appel de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario.

Dans son ensemble, c’est la plus grande manifestation de l’histoire de l’Ontario français, répercutée avec enthousiasme sur les réseaux sociaux.

Amanda Simard, la députée de Prescott-Russell qui a quitté le caucus conservateur lundi, devenant l’héroïne de la résistance, a participé à des manifestations à Hawkesbury et Rockland dans l’Est ontarien qu’elle représente à Queen’s Park.

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On veut notre université.

L’université ne lâche pas

La présidente et le recteur de l’UOF, Dyane Adam et Normand Labrie, participaient à la manifestation d’Etobicoke Nord, animée par Joël Beddows, le directeur artistique du Théâtre français de Toronto. «Il n’est pas trop tard pour revenir sur vos décisions», a-t-on lancé au gouvernement.

Mme Adam se dit maintenant confiante que le projet d’université francophone ira de l’avant, avec ou sans l’appui du gouvernement ontarien, possiblement grâce à une participation du gouvernement du Canada: «On est trop avancé pour arrêter.»

Des gens de tout âge et de tous les milieux, y compris plusieurs personnes qui n’avaient jamais participé à une manifestation, sont venus de tous les coins de Toronto dire au premier ministre soi-disant populiste que «le peuple, c’est nous aussi»

Dyane Adam, la présidente de l’Université de l’Ontario français, dans un des autobus de l’AAOF menant à la manifestation devant le bureau d’Etobicoke Nord de Doug Ford.

Trois autobus du Salon du livre

Trois autobus nolisés par l’AAOF (l’Association des auteurs de l’Ontario français, avec son directeur général Yves Turbide) sont venus du Salon du livre de Toronto, qui en était à sa dernière journée à la grande Bibliothèque du centre-ville.

Le matin, l’avocat Gérard Lévesque avait tenté d’organiser un débat de représentants de partis politiques au Salon du livre, mais seul un représentant du Parti Vert est venu appuyer les revendications franco-ontariennes.

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Yves Turbide, le directeur général de l’AAOF, dans un des autobus menant à la manifestation devant le bureau d’Etobicoke Nord de Doug Ford.

La résistance se poursuit

Les dirigeants de l’AFO affirment avoir reçu plus de 55 000 $ en dons de partout en Ontario et au pays pour financer la «résistance». Quelques manifestations de solidarité envers les Franco-Ontariens ont aussi eu lieu au Québec, en Acadie et au Manitoba samedi.

La veille, le président de l’AFO, Carol Jolin, avait rencontré brièvement le premier ministre Doug Ford, sans succès. «La mobilisation se poursuit», a-t-il indiqué.

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