Pour Michel Tremblay, Paris égale pur bonheur

Michel Tremblay, Paris en vrac
Michel Tremblay, Paris en vrac, récits, Montréal, Éditions Leméac/Actes Sud, 2025, 136 pages, 19,95 $.
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Publié 02/05/2026 par Paul-François Sylvestre

Depuis plus de cinquante ans, Michel Tremblay fait son voyage annuel à Paris. À chaque fois, «c’est le bonheur». Il nous raconte ses balades, ses émotions et ses histoires cocasses dans Paris en vrac.

Tout commence le 15 juillet 1971. Son appartement dans le XVIIIe arrondissement, rue Doudeauville, est en plein cœur du Montmartre de L’assommoir, roman d’Émile Zola. Voilà que s’esquisse sa première promenade à travers Paris: l’itinéraire de la noce de Gervaise.

Théâtres, cafés, boulevards

Tremblay court opéras et théâtres, cafés et bonnes tables, librairies et grands boulevards, invitations et mondanités. Il le fait parfois en compagnie de gens que nous connaissons, notamment André Brassard, Denise Filiatrault et Hélène Loiselle.

On apprend que la base de l’alimentation de Brassard est «le hot-dog, les frites et le Cherry Coke». Il doit se rabattre sur un steak frites tandis que son ami déguste des rognons sautés avec des petits champignons.

Marie-Claire Blais suggère à Michel Tremblay de loger à l’hôtel La Louisiane, reine Seine, «beau, bon, pas cher». C’est là qu’il croise Hélène Loiselle qui a créé trois de ses pièces. Ils vont voir Il campiello de Goldoni à la Comédie-Française dans une mise en scène de Giorgio Strehler, en italien.

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Au premier rang d’un balcon, Tremblay craint de tomber par-dessus la balustrade. Strehler lui offre plutôt «un vertige de théâtre comme j’en ai peu connu. La joie pure incarnée sur une scène de façon magistrale.»

Vertige exaltant

1979, un autre Goldoni, un autre Strehler, toujours la Comédie-Française, mais en français cette fois: La trilogie de la villégiature (un spectacle de six heures).

C’est encore une fois l’émotion unique, le vertige exaltant que seul le théâtre peut procurer: «ce moment de pur bonheur où tout bascule à cause d’une réplique, d’un acteur, d’un effet visuel et qui nous mène tout près de l’extase ».

Bien manger est au menu de chaque voyage. En sortant d’une matinée au palais Garnier, Tremblay décide de se payer la traite et «d’aller déguster un œuf en gelée au Grand Café, une des choses que j’aime le plus au monde».

Les Belles-soeurs à Paris

En 1983, l’auteur des Belles-sœurs rencontre Yves Berger, son éditeur chez Grasset. Ce dernier lui dit qu’il n’arrive pas à l’imposer au grand public. «Heureusement, Actes Sud m’a repêché en 1991 et a sauvé, en quelque sorte, ma présence dans la francophonie.»

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On sait que Tremblay et Brassard ont eu une longue relation en tant que dramaturge et metteur en scène. Ils auraient partagé leur vie pendant quelques décennies. Paris en vrac nous apprend que, à son restaurant favori l’Atlas, c’est Jimmy qui est en face de lui, «l’homme qui est dans ma vie depuis près de vingt-neuf ans et que j’aime profondément».

Tout en respectant la discrétion de l’auteur et sans vouloir lancer une fausse rumeur, je me demande s’il s’agit de Jimmy Théberge… Un toute petite note dans une page liminaire lui accorde le crédit de la seule photo qui figure dans l’ouvrage.

Après avoir tenté de faire rire son Jimmy, le romancier-dramaturge termine ainsi son essai déambulatoire dans la Ville Lumière: «C’est Paris. C’est le bonheur. Key West, 1er janvier – 11 mars 2025.»

Auteurs

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

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