Petit traité sur le racisme: sujet lourd, lecture légère

Dany Laferrière, Petit traité sur le racisme
Dany Laferrière, Petit traité sur le racisme, essai, Montréal Éditions du Boréal, 2021, 224 pages, 24,95 $.
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Dans Petit traité sur le racisme, c’est à travers une centaine de courts textes, certains sous forme de capsules historiques ou de vignettes, d’autres sous forme de poèmes, que Dany Laferrière retrace l’histoire de l’esclavage et du racisme aux États-Unis.

Dès les premières lignes, l’auteur indique qu’il n’évoquera pas «les divers racismes qui pullulent un peu partout dans le monde», mais uniquement celui qui se pratique contre les Noirs américains. Or, on se surprend de lire son plus long chapitre consacré au philosophe antillais Frantz Fanon, de la Martinique.

Coups de poing

Le style est direct, parfois lapidaire ou à coups de poing. En voici un exemple: «Peut-on effacer la couleur sans toucher à la douleur?» Ou encore ces vers: «écrire est toujours un cri / un cri qui vient dans ce cas / de siècles de silence».

Comme Laferrière l’a dit en entrevue lors du débat sur le mot en N, il rappelle que ce mot n’a pas la mème signification dans la bouche d’un raciste américain que dans celle d’un Haïtien, «dans un pays où les gens s’appellent nègres entre eux».

Dans le chapitre intitulé «Un tabou», l’Académicien raconte qu’un Blanc peut facilement avoir une relation sexuelle avec une Noire… Mais le faire avec un Noir soulève le tabou de l’homosexualité.

«D’où le goût de fouetter sans cesse ces Noirs aux muscles saillants et au corps en sueur…  Le fouet, il faut le voir comme un pénis long et souple qui provoque des hurlements en cascade…» comme dans une jouissance virile.

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Racisme et esclavage dans la littérature

Les références littéraires abondent. Laferrière cite des noms connus comme James Baldwin et Richard Wright.

Mais aussi le Black Panther Eldridge Cleaver qui a toujours dit ce qu’il pense de lui-même avec la sévérité qu’il y met pour dire ce qu’il pense des autres. «Le prix de la haine qu’on voue à d’autres hommes est que l’on s’aime moins soi-même.»

Il souligne que les plus grands romans décrivant la vie quotidienne des gens du Sud durant l’esclavage ont été écrits par des femmes. La Case de l’oncle Tom de Harriet Beecher Stowe. Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell.

René Lévesque et Martin Luther King

Dans un des derniers chapitres, Laferrière compare René Lévesque à Martin Luther King. Qu’est-ce qui les unit? La célèbre phrase «I have a dream…»

Le sujet de ce petit traité est lourd… Mais la lecture est presque légère, car l’auteur entre dans la peau d’un conteur et captive notre intérêt avec brio.

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