Né coupable, de Florence Cadier: illustration glaçante de racisme

Florence Cadier, Né coupable, livre
Florence Cadier, Né coupable, récit, Vincennes, Éditions Talents Hauts, coll. Livres et égaux, 2020, 160 pages, 24,95 $.
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Publié 23/05/2021 par Paul-François Sylvestre

L’histoire du procès expéditif et scandaleux de l’Afro-Américain George Stinney, une illustration glaçante du racisme institutionnel aux États-Unis dans les années 1940, est racontée par Florence Cadier dans Né coupable.

Ce jeune de 14 ans fut le mineur le plus jeune à avoir été soumis à la chaise électrique aux États-Unis.

Le roman est appuyé par Amnistie Internationale et diffusé aux Éditions Talents Hauts.

Deux fillettes blanches retrouvées mortes

L’histoire de Né coupable se déroule à Alcolu (Caroline du Sud) en 1944. Deux fillettes blanches sont retrouvées mortes et George semble être le dernier à les avoir vues, à leur avoir dit un mot.

Il est arrêté par le shérif J.E. Gamble pour qui «les Noirs sont les plaies de la nation». Gamble est taraudé pour un seul objectif: «éliminer cette racaille», quitte à grossir les faits et à les arranger à sa manière.

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Interrogé et poussé à signer des aveux dont il ne comprend pas le sens, George est transféré en prison sans jamais revoir ses parents ou des membres de sa famille. Lors du procès, l’accès au tribunal est interdit aux personnes de couleur. George est terrifié de ne pas voir ses parents dans l’assistance.

Douze jurés blancs dans Né coupable

Le jury est composé de douze hommes, tous des Blancs connus pour leurs idées racistes, certains appartenant même au Ku Klux Klan.

L’avocat nommé pour défendre George ne l’a jamais. Dans sa plaidoirie il ne met jamais en doute l’accusation et ne porte jamais un regard vers son client.

Le roman Né coupable montre comment «les Noirs sont les parfaits boucs émissaires d’une société blanche suprémaciste».

Nous sommes à l’époque du Ku Klux Klan et ce dernier n’hésite pas à faire brûler une croix dans le jardin des parents de George Stinney en guise de sinistre avertissement. Ils perdent leur emploi et doivent quitter Alcolu.

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Les parents ne croient plus en rien

D’un chapitre à l’autre, le lecteur voit comment les parents de George en viennent à ne plus croire en rien, «encore moins en une manifestation céleste qui aurait sauvé leur fils».

Ils ont raison: la National Association for the Advancement of Colored People demandera en vain une révision du procès.

Au début, George est certain qu’il sera mis en liberté le lendemain de son arrestation, qu’il sera quitte «pour une grosse trouille».

Au lendemain du verdict, l’ado décide qu’il ne donnera pas à tous ceux qui l’ont condamné «le plaisir de le voir s’effondrer». Sa vengeance consistera à «les priver de sa détresse».

Né coupable : histoire trop vraie

Né coupable est une histoire rigoureusement vraie qui illustre comment, «dans le sud des États-Unis, au pays de la liberté, la population noire n’en avait aucune et pas un jour ne passait sans qu’elle ne soit victime d’une injustice flagrante».

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À titre de renseignements, soixante-dix ans après l’exécution de George Stinney, l’affaire fut réexaminée lors d’un procès au terme duquel la juge Carmen Mullen (Circuit Court of South Carolina) annula la décision qui avait condamné le jeune Afro-Américain d’Alcolu à la mort.

Auteur

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

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