Consommation de substances à l’école: une nouvelle norme pancanadienne

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La consommation de substances est un des défis à relever en milieu scolaire. Photo: DepositPhotos.com
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Publié 21/08/2026 par Charles-Antoine Rouyer

En cette rentrée des classes, les écoles canadiennes disposent d’un nouvel outil pour les accompagner dans leur gestion de la consommation de substances chez les élèves: une norme pancanadienne bilingue.

«Les écoles sont en première ligne pour assurer le bien-être des élèves, mais elles manquent trop souvent de lignes directrices claires et cohérentes», résume Emily Jenkins, professeure en sciences infirmières à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) qui a piloté le projet.

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Emily Jenkins.

La norme vise à guider, sur une base volontaire, les établissements et les conseils scolaires pour harmoniser leurs stratégies.

Selon Kathy Short, directrice générale de Santé mentale en milieu scolaire Ontario (SMS-ON), «cette ressource comble une lacune en matière d’aide à la décision pour les leaders des systèmes éducatifs et les directions et directions adjointes des écoles.»

Adapter la norme localement

Pour Nadine Trépanier-Bisson, directrice générale du Ontario Principals’ Council, ce type de ressource nationale peut être utile, mais elle doit être adaptée localement.

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Nadine Trépanier-Bisson.

«Pour les francophones en situation minoritaire, je crois que c’est essentiel d’échanger avec des professionnels de partout au pays. Il faut se permettre de partager nos expertises au-delà de l’Ontario pour le bénéfice de tous les jeunes», ajoute l’ancienne directrice générale de l’Association des directions et des directions adjointes des écoles franco-ontariennes (ADFO).

La norme s’intitule «Prévention, éducation et intervention en matière de consommation de substances en milieu scolaire: une approche multiniveaux et développementale pour les écoles, de la maternelle à la 12e année au Canada».

Elle est le fruit de trois ans de travaux d’une coalition d’organismes canadiens, sous la direction de l’Association canadienne de normalisation (CSA).

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C’est cool? Photo: DepositPhotos.com

Sentiment d’appartenance

Le projet découle de deux constatations: le personnel scolaire canadien dit être submergé et manquer de soutien face aux problèmes de vapotage de produits nicotiniques, de cannabis, de consommation de boissons énergisantes et d’alcool. Prêcher l’abstinence et l’interdiction aux élèves est non seulement dépassé, mais pourrait contribuer au problème, selon des recherches.

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Kathy Short.

Il faudrait plutôt avoir recours à la réduction des méfaits et cultiver le sentiment d’appartenance des élèves à leur école, résume l’équipe du projet Ancrer le changement derrière la norme.

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«Le lien humain est le superpouvoir de la prévention des dépendances», acquiesce Kathy Short, de SMS-ON. «La bienveillance et la compassion incitent les jeunes à demander de l’aide, tandis que la stigmatisation et le blâme ne font que perpétuer les effets néfastes de la consommation de substances.»

Nadine Trépanier-Bisson, précise que «dans les écoles francophones, je crois qu’on réussit bien à créer un lien d’appartenance.»

«En étant unis dans la lutte pour la préservation de notre langue et de nos cultures francophones, nous sommes liés les uns aux autres de façon particulière et cela est souvent à la base du sentiment d’appartenance. Il faut tout de même le nourrir et trouver des moyens pour que tous les élèves le ressentent.»

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Le centre Bienamont de UBC a piloté le projet de la norme pancanadienne.

Réduction des méfaits

Nadine Trépanier-Bisson estime aussi qu’«une démarche de réduction des méfaits plutôt que punitive devrait être ancrée dans notre système depuis bien longtemps en lien avec la consommation de substances et d’autres enjeux.»

«Dans le cas de la consommation de substances, le fait de punir sans comprendre la cause ou même essayer de connaître, ce qui mène à la consommation dans la vie d’un élève, ne permettra que très rarement de régler le problème.»

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Jean-Sébastien Fallu.

Jean-Sébastien Fallu, professeur à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal, confirme la pertinence de la réduction des méfaits: «Peu importe ce qu’un jeune vit, la simple consommation ne justifie pas l’expulsion. Ça fait longtemps que la recherche l’a identifié. Il faut regarder le comportement, peu importe la cause, et intervenir sur cet aspect.»

«Faire preuve de pragmatisme et d’humanisme, les deux principes fondamentaux de la réduction des risques/méfaits, est la seule façon de faire.»

De la maternelle à la 12e année

Emily Jenkins précise qu’il faudrait aussi adapter les stratégies selon l’âge des élèves.

«Ce qui fonctionne pour un enfant de 10 ans ne fonctionnera pas nécessairement pour un adolescent de 17 ans. Les différentes étapes du développement nécessitent des formes de soutien adaptées.»

«La norme établit des lignes directrices adaptées à l’âge, allant du développement des compétences socio-émotionnelles fondamentales chez les jeunes enfants à l’aide apportée aux adolescents pour comprendre les méfaits, reconnaître les signes avant-coureurs et obtenir un soutien en temps opportun.»

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La consommation de cannabis est décriminalisée mais reste problématique. Photo: DepositPhotos.com

La norme était lancée le 25 juin, avant la pause scolaire estivale. Le conseil scolaire catholique MonAvenir attendra la rentrée pour analyser le document avant d’apporter un commentaire, explique la porte-parole Virginie Oger.

Même son de cloche au conseil scolaire Viamonde, où la norme sera étudiée de près à la rentrée, en attendant de voir si le ministère de l’Éducation ou si Santé mentale en milieu scolaire Ontario fournissent des directives particulières, indique le porte-parole Steve Lapierre.

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