Louise Arbour: après les fleurs…

Louise Arbour
La 31e gouverneure générale du Canada, Louise Arbour, et le premier ministre Mark Carney, le 5 mai, lors de l’annonce officielle de sa nomination faite au Musée des Beaux-Arts du Canada. Photo: X
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Publié 07/05/2026 par François Bergeron

La nomination de Louise Arbour au poste de gouverneure générale du Canada a été applaudie dans la plupart des milieux et des régions.

Tous ont souligné son CV impressionnant, sa vive intelligence et sa force de caractère: jeunesse et études à Montréal, puis Ottawa, membre des Barreaux du Québec et de l’Ontario, prof à la faculté de Droit de l’Université York, juge à la Cour d’appel de l’Ontario, présidente de commissions d’enquête, procureure en chef des tribunaux pénaux internationaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda, juge à la Cour suprême du Canada, haute-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, représentante spéciale de l’ONU pour les migrations…

À 79 ans, que le premier ministre Mark Carney lui offre le poste de gouverneure générale semble aller de soi.

Aucun avantage

Que Louise Arbour accepte le poste en a toutefois déçu quelques-uns, à commencer par l’ex-éditorialiste du journal Le Droit Pierre Allard.

Dans son blogue Lettres du front, il déplore «qu’une personne de la stature de Louise Arbour se coiffe d’une couronne impotente et ternie qui a, depuis 250 ans, servi à justifier toutes les injustices infligées à la nation québécoise et aux collectivités francophones du reste du pays.»

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Il regrette qu’«il était plus facile d’être anti-monarchiste avec une gouverneure générale comme Mary Simon, qui n’a jamais été capable d’improviser une phrase en français».

Pourtant, «il faudra continuer de marteler les désavantages d’un régime monarchique (il n’y a aucun avantage!) pour la démocratie canadienne et le fonctionnement du fédéralisme».

Erreur rectifiée

Rappelons que Justin Trudeau avait non seulement nommé une GG qui ne parlait pas français (mais Autochtone!), mais qu’il avait aussi nommé une lieutenante-gouverneure unilingue anglaise (mais lesbienne!) au Nouveau-Brunswick, la seule province officiellement bilingue au pays.

Comme de coutume, les chefs des partis politiques fédéraux ont salué la nomination de la nouvelle GG. Même le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a assuré qu’il avait «le plus grand respect» pour Louise Arbour.

Symbolisme ou activisme?

Même si la GG est censée être non politique ou au-dessus de la politique, certains y ont vu une nomination à fort symbolisme politique.

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Le chef du média d’opinion Rebel News, Ezra Levant, estime que Louise Arbour est une «mondialiste» comme Mark Carney et une membre de la caste au pouvoir à Ottawa. Venant de lui, ce ne sont pas des compliments.

Il craint que la nouvelle gouverneure générale se considère elle-même comme une intervenante politique, avec la bénédiction du premier ministre.

À l’opposé, au Toronto Star, le correspondant Éric Blais pense que le caractère honorifique de la fonction de Louise Arbour ne devrait pas l’empêcher de s’exprimer sur les grands enjeux.

«Une gouverneur générale n’est pas une agente libre», écrit-il. «Mais le Canada navigue dans une relation continentale qui est devenue méconnaissable pour la plupart des Canadiens. Les Canadiens seraient mal servis par une représentante de la Couronne qui se limiterait à un rôle cérémonial.»

Immigrationniste

Au média d’analyse The Hub, dont le conservatisme est moins strident que celui de Rebel News, on rappelle aussi que Louise Arbour est partisane de longue date d’une politique d’immigration très/trop généreuse.

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Par ailleurs, on s’inquiète qu’elle s’est parfois montrée aussi dure envers Israël qu’envers ses ennemis qui jurent sa perte: une équivalence injuste selon l’équipe du magazine.

Dans le National Post, un correspondant affirme que les Canadiens juifs peuvent ressentir cette nomination comme une «gifle».

Un autre chroniqueur du même groupe de presse rappelle que Louise Arbour aurait déjà affirmé que les Forces armées canadiennes recrutent «trop de Blancs»

Relique coloniale

Le chroniqueur nationaliste Mathieu Bock-Côté estime lui aussi que Louise Arbour «arrive avec un lourd bagage idéologique».

Elle serait «la représentante typique de l’idéologie canadienne officielle: elle croit fanatiquement au gouvernement des juges, au mondialisme, au multiculturalisme, à l’immigrationnisme, c’est un pur produit du régime trudeauiste».

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Ce fervent souverainiste québécois ne pouvait pas ne pas rappeler que «le poste de gouverneur général est une relique coloniale antidémocratique au cœur de nos institutions politiques. Dans un monde normal, le roi d’Angleterre ou ses représentants ne devraient avoir rien à faire dans notre vie publique.»

Auteurs

  • François Bergeron

    Rédacteur en chef de l-express.ca. Plus de 40 ans d'expérience en journalisme et en édition de médias papier et numériques, en français et en anglais. Formation en sciences-politiques. Intéressé à toute l'actualité et aux grands enjeux modernes.

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