Lieu de rassemblement des Franco-Torontois: 100 000 $ du fédéral pour une étude de faisabilité

lieu de rassemblement, CFGT Centre francophone Ginette Petitpas Taylor
Encadrée de la la PDG Florence Ngenzebuhoro et du président du CA Aliou Sène: la ministre des Langues officielles du Canada, Ginette Petitpas Taylor, au Centre francophone du Grand Toronto le 9 janvier. Photos: courtoisie CFGT
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Le Centre francophone du Grand Toronto vient d’embaucher une firme qui étudiera la faisabilité d’un «lieu de rassemblement» ou d’«espaces communautaires» francophones au centre-ville de Toronto. Son rapport est attendu en septembre.

La ministre des Langues officielles du Canada, Ginette Petitpas Taylor, en tournée du Sud-Ouest ontarien, est venue en personne, ce lundi 9 janvier, remettre 100 000 $ aux dirigeants du CFGT pour contribuer à la réalisation de cette étude.

Cela permettrait au Centre d’accomplir «de grandes choses», assure la ministre. Notamment:

  • «Consulter les partenaires clés et les parties prenantes pour l’établissement d’un lieu de rassemblement pour les francophones à Toronto.
  • Identifier les besoins de la communauté francophone.
  • Déterminer si la construction d’un carrefour offrant des espaces communautaires supplémentaires représente la solution aux enjeux d’accès.
  • Déterminer des options possibles pour le développement d’un espace communautaire à Toronto.
  • Identifier les sources de revenus potentielles pour réaliser le projet.»

L’octroi vient du Fonds de 80 millions $ sur deux ans (2021-22) pour les espaces communautaires du gouvernement du Canada. 67,2 millions $ sur cinq ans (2018-23) étaient également prévus pour ce genre d’immobilisations dans le Plan d’action pour les langues officielles.

L’étude de faisabilité est «l’une des premières étapes vers la mise sur pied d’un nouveau carrefour francophone dans le Grand Toronto», lit-on dans la documentation gouvernementale.

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CFGT Centre francophone Ginette Petitpas Taylor
La ministre Ginette Petitpas Taylor (au centre) avec les dirigeants du Centre francophone du Grand Toronto (de g. à d.): Patrick Boily, la PDG Florence Ngenzebuhoro, le président Aliou Sène, Isabelle Girard, Jacques Naud.

Ni Carrefour ni Maison

Or, l’espace communautaire ou le lieu de rassemblement ne s’appellera probablement pas un «carrefour» ni une «maison», indique à l-express.ca la PDG du Centre, Florence Ngenzebuhoro.

«Carrefour» est déjà pris par l’Université de l’Ontario français, qui s’entoure d’une trentaine d’organisations locales dans un «Carrefour francophone du savoir et de l’innovation».

Et «maison» rappelle le projet de Maison de la francophonie de Toronto, qui existe depuis presque 40 ans, mais qui n’a jamais fait beaucoup de vagues… Sauf en 2014: une soirée-hommage aux 50 ans de carrière politique de l’ancien premier ministre Jean Chrétien avait permis de ramasser 225 000 $ pour le projet.

L’automne dernier, l-express.ca a constaté que peu de leaders de la francophonie torontoise étaient au courant de ce projet, piloté par l’avocat Kip Deaschel, un ancien président du Club canadien de Toronto.

M. Daechsel promet une mise à jour lors d’une conférence (en ligne) programmée par la Société d’Histoire de Toronto le 19 janvier à 19h.

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Kip Deaschel, Maison de la francophonie de Toronto
Kip Daechsel. Photo: archives l-express.ca

Réunir les conditions gagnantes

En octobre dernier, il écrivait à ses partenaires pour rapporter «des progrès significatifs réalisés lors des derniers mois» – notamment l’identification d’un édifice au centre-ville et une entente de principe avec le propriétaire.

«Inspirée par des installations similaires ailleurs au pays (Vancouver, Edmonton, Winnipeg, Calgary et Ottawa)», la Maison est un projet de plus de 20 millions $ – dont quelques 12 millions $ pour l’acquisition de l’édifice.

«Son seul objectif est de desservir et d’appuyer des organismes socio-communautaires de la francophonie torontoise et ontarienne, ainsi que de fournir un lieu de rencontre.»

Mais «la patience du vendeur n’est pas sans limites», avertissait le président du comité de la Maison de la francophonie de Toronto. «Si nous ne saisissons pas cette occasion unique, il n’en y aura plus d’autres, car le projet de la Maison serait rendu au bout du rouleau.»

Toutefois, dans un échange de courriels avec l-express.ca, Kip Daechsel indiquait que son équipe avait su «réunir des conditions, plus gagnantes que jamais, pour finalement réaliser ce rêve de notre communauté. Nous sommes vraiment au dernier sprint d’un long marathon que nous poursuivons avec beaucoup d’optimisme.»

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Mais Kip Daechsel a admis aux médias avoir été surpris par l’annonce fédérale au Centre francophone cette semaine.

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Des administrateurs et chefs de services du CFGT autour de la ministre Ginette Petitpas Taylor.

Un catalyseur, pas un maître d’oeuvre

Selon le président du CFGT, Aliou Sène, l’investissement fédéral de 100 000 $ permettra «d’analyser la nécessité d’ajouter un espace de rassemblement inclusif et ouvert à la communauté francophone du Grand Toronto dans toute sa diversité».

Florence Ngenzebuhoro précise que le Centre ne souhaite pas nécessairement être le «maître d’oeuvre» de ce projet. «Nous voulons cerner les besoins, et nous sommes prêts à appuyer tout projet viable qui répondrait à ces besoins», dit-elle à l-express.ca.

Elle fait remarquer que plusieurs institutions franco-torontoises – comme l’Alliance française, l’UOF, le Collège Boréal et d’autres – ont déjà des bureaux et des installations enviables. «Mais plusieurs associations communautaires n’en ont pas. Elles profiteraient d’un lieu de rassemblement pour y organiser des fêtes, des activités sportives et d’autres événements.»

Lors de sa visite au Centre francophone, au siège social du 555 rue Richmond Ouest, la ministre Petitpas Taylor a également discuté avec l’équipe du cheminement au Parlement de son projet de réforme de la Loi sur les langues officielles du Canada, de l’élaboration du prochain Plan d’action pour les langues officielles, et d’autres dossiers.

«J’ai fait la rencontre de personnes passionnées ayant à cœur d’offrir une gamme de services sociaux et de santé communautaire qui améliorent le bien-être de l’ensemble des francophones du Grand Toronto», a commenté la ministre.

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