LGBT en Ontario: 50 ans de revendications et de progrès

Paul-François Sylvestre et FrancoQueer au 519

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Le festival Franco-fierté torontois de 2014.


21 mars 2018 à 13h44

Il y a déjà 50 ans que le premier ministre Pierre Elliot Trudeau affirmait que «l’État n’a rien à faire dans les chambres à coucher de la nation». Cette déclaration du 21 décembre 1967 a permis à la population de mieux accepter l’homosexualité, a indiqué notre chroniqueur Paul-François Sylvestre le 20 mars (Journée internationale de la francophonie) devant une salle comble du «519», le centre communautaire du quartier gai au 519 rue Church.

Moins de deux ans plus tard, rappelle le conférencier-romancier-essayiste invité par FrancoQueer, le premier groupe gai (on disait «homophile» à l’époque) voit le jour. C’était à l’Université de Toronto, le 15 octobre 1969, point de départ du mouvement pour les droits LGBT en Ontario.

Paul-François Sylvestre a souligné que la Fiducie du patrimoine ontarien a érigé une plaque (bilingue) le 21 novembre 2011 pour souligner la fondation de l’University of Toronto Homophile Association, premier groupe gai non seulement en Ontario mais au Canada.

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La plaque commémorant le premier groupe gai à l’Université de Toronto.

Librairie et journal

C’est aussi à Toronto qu’une première librairie LGBT voit le jour en 1970, soit le Glad Day Bookshop, toujours en existence au 499 rue Church, et qu’un premier journal gai paraît: The Body Politic (1971- l987).

Entre 1970 et 1975, des groupes gais sont surtout créés sur les campus universitaires: Western (London), York, Waterloo, Guelph, Carleton (Ottawa), Queen’s (Kingston), Lakehead (Thunder Bay) et Trent (Peterborough).

Un groupe bilingue voit le jour à Ottawa en 1971: Gays of/d’Ottawa qui devient peu après Gays of Ottawa / Gais de l’Outaouais (GO). Paul-François Sylvestre en a été président en 1978.

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Le Glad Day Bookshop, rue Church.

Codes, chartes et lois

Dès 1972, les groupes LGBT font du lobbying pour l’inclusion des termes «orientation sexuelle» parmi les motifs illicites de discrimination dans les codes, chartes et lois sur les droits de la personne. La Ville de Toronto est la première à le faire en 1973, suivie par Ottawa (1976), le Québec (1977), l’Ontario (1986) et le Canada (1996).

C’est la répression policière, surtout les descentes dans les bains saunas de Toronto, qui a le plus galvanisé le mouvement LGBT en Ontario. Dans la nuit du 5 février 1981, 160 policiers de Toronto arrêtent 262 hommes dans quatre bains saunas de la ville.

La réponse est immédiate: 1000 personnes descendent dans la rue pour manifester contre cette Operation Soap, et The Body Politic publie plusieurs numéros dénonçant la répression policière.

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Pierre Elliott Trudeau, ministre de la Justice en 1967.

Célébration de la diversité

Aujourd’hui, les défilés de la Fierté gaie, rue Yonge, attirent chaque été des centaines de milliers de personnes. Paul-François Sylvestre a rappelé qu’un premier Gay Picnic avait eu lieu à Hanlan’s Point le 1er août 1971, puis à Ward Island le 20 août 1972 et à Allan Garden le 17 août 1974.

«Aujourd’hui», dit-il, «les défilés de la Fierté gaie sont moins des manifestations contre la discrimination, et plus des occasions de célébration de la diversité sexuelle.» Sudbury a eu son premier défilé en 1997.

Le conférencier n’a pas manqué de souligner que les gais francophones de Toronto se sont rencontrés au début des années 2000 sur le plan social, sous le nom de Groupe Arc-en-ciel. En avril 2006, FrancoQueer est officiellement créé; il est aujourd’hui le seul organisme LGBT entièrement francophone en Ontario.

Paul-François Sylvestre

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