Les bains de forêt, une pratique en vogue

Comment l’immersion dans la nature fait du bien

Bains de forêt
Séance de thérapie forestière en français au parc Downsview de Toronto. Photo: courtoisie
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Publié 07/08/2026 par Charles-Antoine Rouyer

La psychothérapeute et guide en thérapie forestière Nadia Frost anime des sorties de «bains de forêt» en français et en anglais à Toronto au Parc Downsview depuis deux ans.

«Cette année, j’ai animé douze sorties depuis le mois d’avril. Six autres marches en anglais sont prévues d’ici la fin août, ouvertes au grand public», constate la Torontoise depuis 2010, originaire de Saint-Raymond au Québec.

«Ma pratique a grandi au cours des trois dernières années, mais surtout lorsque les sorties sont offertes en partenariat avec un parc, un jardin ou une aire de conservation.»

Bains de forêt
Nadia Frost. Photo: courtoisie

Paul Overy, un participant au bain de forêt du Parc Downsview le 30 mai dernier, raconte: «J’avais déjà expérimenté plusieurs activités semblables, mais l’animatrice a offert des perspectives, des approches et des invitations nouvelles pour moi, que j’ai aimées.»

Sept personnes ont participé à l’activité en français et dix-huit personnes ont participé à l’activité en anglais, selon le Parc Downsview.

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«Ces sorties s’inscrivent dans une popularité grandissante pour la sylvothérapie, une pratique inspirée du shinrin-yoku japonais qui invite à ralentir le pas en forêt plutôt qu’à simplement marcher», explique Nadia Frost, guide depuis 2023.

Bains de forêt
Ralentir dans la nature. Photo: Nadia Frost

Ralentir, pas simplement marcher

La pratique des bains de forêt désigne «une pratique méditative qui consiste à se promener en forêt à un pas régulier et en prenant des pauses pour se reposer, faire des exercices de respiration et contempler l’environnement naturel», résume le Dr Louis Bherer, professeur au département de médecine de l’Université de Montréal et directeur du Centre ÉPIC à l’Institut de cardiologie de Montréal.

Stéphanie Harris, guide francophone en sylvothérapie à Sudbury, souligne que «l’objectif n’est pas de faire de l’exercice, mais plutôt de ralentir, d’éveiller ses sens et de développer une relation plus profonde avec la nature».

Stéphanie Harris
Stéphanie Harris. Photo: courtoisie

Effet de mode ou besoin réel?

Beth Foster, guide à Barrie, suggère que la pandémie de covid a agi comme déclencheur pour cet engouement, parallèlement à l’apparition du concept de biophilie, «notre instinct humain inné à vouloir se connecter et être en relation avec le monde naturel».

«Nous vivons dans un monde très connecté aux écrans et très rapide», explique Stéphanie Harris. «Les gens ressentent un grand besoin de retrouver un équilibre et une présence au moment présent.»

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La membre du conseil d’administration de Sylvothérapie et interventions par la nature du Canada (SINC) souligne que les grands centres urbains comme Toronto semblent plus en demande de cette pratique que les régions plus rurales.

Chaque année au Canada, une personne sur cinq vit avec une maladie mentale, rappelle Nadia Frost, qui précise voir dans sa pratique de psychothérapie beaucoup de cas de dépression et d’anxiété. «Les gens souffrent et cherchent des façons « naturelles » de se soigner», observe-t-elle.

L’Association of Nature and Forest Therapy Guides and Programs (ANFT) américaine certifie les guides de bains de forêt après une formation de six mois.

Beth Foster
Beth Foster. Photo: courtoisie

Les bienfaits du calme… et des phytoncides?

Louis Bherer confirme qu’après seulement une présence en forêt, on observe une baisse du rythme cardiaque, de la pression artérielle, une augmentation de l’attention.

«Les essais cliniques randomisés suggèrent que les effets sont supérieurs au placébo», ajoute Louis Bherer. «On recommande quand même 90 minutes d’exposition par semaine pour des bienfaits optimaux.»

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Louis Bherer
Louis Bherer. Photo: courtoisie

«On ne connaît pas bien les ingrédients actifs», poursuit Louis Bherer, «mais un environnement sonore moins agressif, un milieu moins polluant donc physiologiquement moins stressant et potentiellement les molécules libérées par les arbres, les phytoncides, auraient un effet sur le système immunitaire et le système nerveux parasympathique.»

Nadia Frost ajoute qu’en ralentissant, avec nos pas, notre respiration, «on signale à notre cerveau qu’il n’y a pas de danger». Ce ralentissement stimulerait notre système nerveux parasympathique, celui du repos et de la détente.

Autrement dit, un cadre silencieux, prendre le temps de respirer, inspirer le bon air de la forêt et les terpènes des arbres feraient du bien. La couleur et le visuel apaisant des plantes pourraient aussi être bénéfiques, selon d’autres recherches.

Bains de forêt
Se reposer dans la nature. Photo: Beth Foster

Des docteurs prescrivent la nature

En Ontario, Conservation Halton s’est associée à Halton Healthcare et au programme Prescri-Nature, depuis décembre 2024. Les patients avec une prescription de nature peuvent obtenir dix entrées gratuites dans les aires protégées locales.

Nadia Frost animera d’ailleurs un bain de forêt en anglais le 8 août, à Milton, en collaboration avec Conservation Halton.

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La sylvothérapie offre un espace pour ralentir, revenir au moment présent, s’ancrer et aider à calmer le système nerveux dans un monde où le rythme de vie est souvent très rapide», résume Stéphanie Harris.

«Ce n’est pas seulement une pratique de bien-être personnel, c’est aussi une façon de cultiver une relation plus respectueuse et consciente avec la nature.»

Bains de forêt
Composantes sensorielles des bains de forêt et leurs effets sur le bien-être individuel. Photo: courtoisie Louis Bherer.

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