Le TfT a-t-il absolument besoin de son propre bâtiment?

24e Salon du livre de Toronto

Diana Leblanc, Guy Mignault, Sylvie-Anne Jeanson, Robert Godin, Joël Beddows.


6 décembre 2016 à 0h14

Dans le cadre du lancement de l’ouvrage de Paul-François Sylvestre sur les 50 ans du Théâtre français de Toronto, au Salon du livre de Toronto samedi, on s’est demandé s’il était temps pour cette institution – le plus vieux théâtre francophone en Ontario et l’un des plus durables de la ville-reine – de posséder son propre bâtiment.

C’est ce qu’a immédiatement souhaité – véritable cri du coeur – l’ancienne directrice artistique Diana Leblanc, la première à s’exprimer au sein d’une table ronde qui réunissait le directeur artistique actuel, Joël Beddows, son prédécesseur pendant 19 ans, Guy Mignault, et le comédien Robert Godin, qui a joué dans Le P’tit bonheur, le tout premier spectacle de la troupe qui s’est appelée le Théâtre du P’tit Bonheur, à l’église du Sacré-Coeur.

«Un théâtre moderne bien à lui offrirait une bien meilleure visibilité et marge de manoeuvre au TfT, et même à d’autres compagnie comme La Tangente et Les Indisciplinés qui pourraient s’en servir», soutient également Guy Mignault, qui a bien failli en obtenir un à la Distillerie. L’équipe du TfT n’avait alors pas réussi à persuader un autre théâtre (anglophone) de renoncer à l’exclusivité dans ce quartier culturel.

Paul-François Sylvestre, Cinquante ans de «p’tits bonheurs» au Théâtre français de Toronto, essai historique, Toronto, Éditions du Gref, coll. Lieux dits no 9, 2016, 290 pages, 35 $.
Paul-François Sylvestre, Cinquante ans de «p’tits bonheurs» au Théâtre français de Toronto, essai historique, Toronto, Éditions du Gref, coll. Lieux dits no 9, 2016, 290 pages, 35 $.

Une boîte noire

Depuis plusieurs années, le TfT présente ses pièces au théâtre Upstairs du Berleley Street Theatre (à quelques pas de la Distillerie), qui appartient à Canadian Stage.

Même si les Franco-Torontois sont désormais familiers avec cet endroit, où le TfT est bien traité, les avantages d’une «boîte noire» (un espace multidisciplinaire, polyvalent) appartenant au seul TfT, ou au TfT et ses associés, seraient importants – voire encore insoupçonnés – pour toute la francophonie.

Guy Mignault et Joël Beddows reconnaissent toutefois qu’une telle entreprise comporte un danger: celui pour le TfT de détourner ses énergies vers la gestion d’un édifice plutôt que vers la création artistique. «On ne veut pas devenir des gestionnaires de salle, on veut rester des producteurs de spectacles.»

Mais Joël Beddows ambitionne de faire venir des pièces de tous les  horizons de la francophonie, de s’ouvrir au multiculturalisme, de produire davantage de spectacles pour enfants et ados, en plus de desservir le public actuel du TfT avec des oeuvres classiques et contemporaines françaises et canadiennes. Le cadre physique actuel limite beaucoup un tel développement.

L’idée de se greffer à un projet comme celui de la Maison de la francophonie (piloté aujourd’hui par le Collège Boréal à la recherche d’un nouveau campus) ne sourit pas aux artistes: «Je vois mal des salles de cours, des bureaux d’organismes communautaires et une clinique de santé à côté du théâtre», avoue Guy Mignault.

Francophonie en croissance

Il raconte aussi que d’autres compagnies de théâtre ont connu de grosses difficultés et ont dû fermer leurs portes peu après avoir acheté leur propre édifice. «Chez nous, chaque expérience de démarchage d’un endroit qui nous aurait appartenu nous a appris quelque chose de plus sur ce que nous avons vraiment besoin.»

Et pourtant, «la culture, c’est l’âme d’un peuple», fait-il valoir, et chaque dollar investi dans la culture a d’importantes retombées. De plus, la francophonie torontoise est en pleine croissance, contrairement à celle d’autres régions de la province et du pays.

Un endroit propre au TfT, ouvert à d’autres troupes de théâtre, compagnies de danse, festivals de musique, permettrait aussi la création d’une billetterie commune à tous les spectacles francophones à Toronto – on imagine une sorte de TicketMaster franco – susceptible notamment de créer de nouvelles habitudes de consommation culturelle et de remplir les salles.

On a donc convenu au Salon du livre que le TfT et ses partenaires ne devraient pas attendre encore 50 ans pour acquérir et gérer leur propre place des arts franco-torontoise.

berkeleystreettheatre


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