Le Théâtre français de Toronto aura 50 ans au printemps

Paul-François Sylvestre raconte l'épopée de la petite troupe qui est devenue une institution

Paul-François Sylvestre, Cinquante ans de «p’tits bonheurs» au Théâtre français de Toronto, essai historique, Toronto, Éditions du Gref, coll. Lieux dits no 9, 2016, 290 pages, 35 $.


29 novembre 2016 à 11h20

Au printemps 2017, le Théâtre français de Toronto célébrera le 50e anniversaire de sa fondation. À cette occasion, Paul-François Sylvestre retrace l’histoire de cette institution phare de la francophonie torontoise dans un essai intitulé Cinquante ans de «p’tits bonheurs» au Théâtre français de Toronto. L’auteur répond aux questions de L’Express.

Le Théâtre français de Toronto (TfT) s’est d’abord appelé le Théâtre du P’tit Bonheur (TPB). Qui en sont les fondateurs?

Il faut plutôt parler des fondatrices, car le TPB fut une initiative de la Fédération des femmes canadiennes-françaises de la paroisse du Sacré-Cœur, en 1967, pour célébrer le centenaire de la Confédération canadienne. Ces femmes ont présenté des saynètes de Félix Leclerc, tirées du P’tit Bonheur. Le nom est resté et une troupe est née. Elle est devenue le plus ancien théâtre professionnel de langue française en Ontario.

Les pièces de Molière et de Michel Tremblay ont souvent fait partie d’une saison théâtrale. Est-ce que d’autres dramaturges ont été aussi choyés?

Des pièces de Molière et de Tremblay ont été présentées respectivement 27 et 21 fois. Jean Barbeau a été joué sept fois, Jean Marc Dalpé quatre fois, Antonine Maillet et Évelyne de la Chenelière trois fois. Sans risquer de se tromper, on peut affirmer que Molière et Tremblay sont les deux chouchous du TPB/TfT.

Paul-François Sylvestre. (Photo: Nancy Vickers)
Paul-François Sylvestre. (Photo: Nancy Vickers)

Combien de pièces ont été jouées durant cinq décennies?

En incluant aussi les soirées musicales, monologue (Sol) et spectacle de mime (Gaulin), il y a eu 294 productions. Cela va du répertoire français aux créations québécoises et franco-ontariennes, en passant par des traductions de textes américains, anglais ou russes, entre autres. Il y a même eu des productions belges.

Le public actuel connaît la salle Upstairs du Canadian Stage. À quels autres endroits le TPB/TfT s’est-il produit?

Le tout a commencé au sous-sol de la paroisse du Sacré-Cœur; on a joué ensuite au Theatre In the Dell (rue Simcoe), au Old Angelo’s Theatre (rue Elm), au York Mills Collegiate, puis au 95 de l’avenue Danforth (1972-1977), ensuite à la Cour Adélaïde (1978-1987) et au Du Maurier Theatre, à Harbourfront (1987-1990). Le TfT joue au Canadian Stage depuis 26 ans.

Votre ouvrage renferme un index des pièces, des auteurs, des metteurs en scène et un index général des noms. Outre les directions artistiques, quels sont les noms qui reviennent le plus souvent?

Chez les comédiens, les gros canons sont Robert Godin, René Lemieux, Mélanie Beauchamp, Dennis O’Connor, Jean-Marc Amyot, France Gauthier et Marie-Hélène Fontaine. Il y a aussi la costumière Nina Okens, le scénographe Glen Charles Landry et le régisseur Gabriel Dubé.

Si vous aviez à définir un moment clé du TfT, quel serait-il?

À mon avis, ce moment serait l’arrivée des surtitres en anglais. Le public de TfT n’est pas à 100% francophone; il y a plusieurs couples exogames et les surtitres permettent de rejoindre un grand nombre de francophiles. Il y a aussi les spectacles écrits par des ados (Les Zurbains et Les Zinspirés) qui élargissent et rajeunissent le public du TfT.

Cinquante ans de «p’tits bonheurs» au Théâtre français de Toronto est sans doute votre recherche la plus exhaustive. Combien de temps y avez-vous consacré?

Environ quatre ans. Heureusement que j’ai eu l’appui du Conseil des arts de l’Ontario et du Toronto Arts Council, sans compter le soutien d’Alain Baudot (direction éditoriale) et de Christine Tatilon (maquette et mise en page). Le GREF procèdera au lancement de l’ouvrage le samedi 3 décembre à 15 heures au Salon du livre de Toronto.

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