Connecter les 33 millions de francophones des Amériques

24e Salon du livre de Toronto

Alain Boisvert, Denis Desgagné, Sylvie-Anne Jeanson, Glenn O'Farrell, Dominique Millette.
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On ne soupçonne pas qu’il y a autant de francophones aux États-Unis et en Amérique latine qu’au Canada: une quinzaine de millions de personnes, dont le français n’est généralement pas la première langue, contrairement à chez nous, et qui ont soif de notre littérature, notre musique et notre cinéma.

C’est le mandat du Centre de la francophonie des Amériques, basé à Québec, que de faciliter les contacts entre tous ces francophones, explique son PDG Denis Desgagné, qui participait la semaine dernière au Salon du livre de Toronto à la Bibliothèque de références.

centre_franco_ameriques_logoVenu l’an dernier en «observateur», il y offrait cette année plusieurs activités pour les jeunes, notamment avec l’auteur acadien Louÿs Pitre, et lui-même participait à une table ronde sur les avantages et les défis du numérique, où il a notamment fait la promotion de la Bibliothèque numérique du CFA, où l’on peut emprunter gratuitement des milliers de titres en mode «chronodégradable» après trois semaines.

À son kiosque, on pouvait vivre un voyage immersif à Jacmel en Haïti, à l’aide d’un casque de réalité virtuelle. «C’est ce qui attend les visiteurs du futur Centre d’interprétation de la francophonie des Amériques actuellement en développement au CFA, où le public pourra visiter virtuellement plusieurs destinations francophones», indique M. Desgagné en entrevue à L’Express. On en est à finaliser les budgets et l’attraction pourrait être inaugurée dans un an ou deux.

Un grand coup le 24 juin

Successeur du Secrétariat permanent des peuples francophones imaginé par la FCFA, le lobby politique des francophones hors Québec, et dont le financement de base est assuré par le gouvernement du Québec, le Centre de la francophonie des Amériques collabore avec le gouvernement fédéral et les provinces à divers projets, comme l’an dernier certaines activités du 400e anniversaire de la présence française en Ontario.

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En 2017, pour le 150e anniversaire du Canada, on prépare un grand coup pour le 24 juin (Fête nationale du Québec et, à l’extérieur, fête des Canadiens-Français): une série de concerts dans plusieurs grandes villes canadiennes – dont à Toronto, à Harbourfront, dans le cadre de Franco-Fête – qui seront reliés entre eux par des portes virtuelles… derrière de vraies portes!

M. Dégagné collabore aussi à la mise sur pied d’un réseau touristique francophone dans 140 villes des Amériques, chacune d’entre elles offrant un ou plusieurs circuits permettant d’y croiser l’histoire et la culture francophones. «C’est la première fois que nous travaillons avec les villes, qui sont les gouvernements de proximité comparés aux gouvernements provinciaux ou fédéraux. C’est très valorisant.»

Denis Desgagné.
Denis Desgagné.

Denis Desgagné est originaire de Gatineau. Il a oeuvré dans l’Ouest, notamment en Saskatchewan, toujours sur des projets communautaires francophones, avant de s’installer à Québec il y a 6 ans pour diriger le CFA. «Un député péquiste m’a déjà qualifié d’ambassadeur du Québec au Canada et d’ambassadeur des francophones du Canada au Québec», raconte-t-il avec un brin de fierté.

Il se dit d’ailleurs heureux que le Centre de la francophonie des Amériques semble remporter à la fois l’adhésion des nationalistes québécois et des fédéralistes canadiens. «Tout le monde semble comprendre que la promotion de la francophonie est une cause supérieure aux considérations politiques traditionnelles.»

Numérique incontournable

Lors de la table ronde de samedi au Salon du livre de Toronto, M. Desgagné a vanté «le pouvoir caché de l’exogamie» (les mariages mixtes franco-anglo) pour «développer la francophilie» (chez le partenaire anglo) et finir par multiplier le nombre de francophones.

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«Dans le passé», analyse-t-il, «la francophonie canadienne privilégiait la stratégie de l’isolement pour protéger la langue et la culture. Aujourd’hui, il faut au contraire sortir de l’isolement et s’exposer», ce que permet le numérique.

Glenn O’Farrell, le PDG du Groupe Média TFO, abonde dans le même sens. «À TFO, on est vendu au numérique», dit-il. «TFO a amorcé son virage numérique par nécessité, pour survivre, mais elle y a trouvé une nouvelle légitimité, ses 16 chaînes YouTube ayant recueilli jusqu’à maintenant 315 millions de visionnements.»

Glenn O'Farrell
Glenn O’Farrell

TFO reste nominalement une «télévision», mais elle est bien davantage présente et regardée sur Internet, si bien que son mandat est «éducatif, francophone, numérique… dans l’ordre que vous préférez», explique M. O’Farrell. Et même si son mandat est d’abord franco-ontarien – étant essentiellement financée par le gouvernement de l’Ontario – elle rejoint maintenant les francophones de tout le Canada, de la Louisiane et d’ailleurs.

«La francophonie a connu plusieurs âges d’or», a imagé de son côté l’écrivain Alain Boisvert (Mépapasonlà!), qui est aussi directeur du  Collège communautaire du Nouveau-Brunswick: «celui du clergé, celui des maîtresses d’école, celui des politiciens (Pierre Elliott Trudeau), celui des juristes, et aujourd’hui… celui des geeks.»

Selon lui, en effet, ce sont les francophones qui maîtriseront l’Internet et les nouvelles connectivités qui seront les mieux placés pour donner un nouveau souffle à la francophonie.

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Elle en aurait d’ailleurs bien besoin, selon Glenn O’Farrell, puisque «tout contenu confondu, le français n’est que 12e ou 13e au monde sur les plateformes numériques», alors que nous sommes 5e en nombre de locuteurs.

«Il faut donc apprivoiser le numérique parce que c’est incontournable.»


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