L’annonceur franco-ontarien Mike Ross a vécu un rêve à la Coupe du monde

Il vise maintenant les Jeux olympiques!

Mike Ross
L'annonceur Mike Ross sur le terrain du BMO Field durant la Coupe du monde. Photo: courtoisie Mike Ross
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Publié 04/08/2026 par Cindy Caron

La ville de Toronto a vibré au rythme de la Coupe du monde du 12 juin au 2 juillet dernier. Si les projecteurs étaient braqués sur les vedettes internationales du ballon rond, dans les coulisses, c’est un Franco-Ontarien qui tenait le micro lors des matchs au Stade de Toronto. 

Déjà connu pour son rôle d’annonceur-maison des Maple Leafs depuis 2016, Mike Ross est devenu la voix francophone officielle de l’événement. L’Express s’est entretenu avec lui pour discuter de son parcours et son expérience à l’un des plus grands événements sportifs au monde.

Des débuts à l’Université Carleton et une bague de la Coupe Memorial

Originaire d’Ottawa et ayant grandi dans une famille bilingue, Mike Ross possède une feuille de route impressionnante. 

«J’ai commencé à être annonceur à l’université. J’animais une émission de radio sportive à la radio étudiante lorsque l’équipe de football m’a approché pour me demander si je voulais être annonceur. J’avais jamais fait ça, mais j’avais quand même un intérêt. Une appréciation pour les voix que j’entendais quand j’écoutais les sports. Paul Morris avec les Leafs, Claude Mouton à Montréal. Bob Sheppard avec les Yankees. Ça faisait partie de l’expérience d’écouter des matchs à la radio.»

«Trois ans plus tard, les 67’s ont fait des auditions et j’ai eu le poste. C’était la première fois que j’annonçais le hockey. À notre première saison, nous avons gagné la Coupe Memorial.»

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Quand les astres s’alignent, les portes s’ouvrent

Après un déménagement à Toronto, Ross a pris une pause parce que les opportunités étaient plus rares.

«J’ai recommencé à annoncer en 2010. L’annonceur des Sénateurs d’Ottawa avait été engagé pour être l’annonceur des Jeux olympiques de Vancouver. Le directeur de la production des Sénateurs à ce moment-là était celui qui m’avait engagé avec les 67’s quelques années auparavant. Il m’a appelé et m’a demandé si j’aimerais faire trois matchs, dont un contre les Maple Leafs.»

«J’ai grandi comme fan des Maple Leafs à cause de mon grand-père qui était un gros fan. J’ai fait ces trois matchs là et pendant les années suivantes, ils m’appelaient pour remplacer une fois de temps en temps quand l’annonceur n’était pas disponible.»

Mike Ross
Mike Ross est l’annonceur-maison des Maple Leafs depuis 10 ans. Photo: courtoisie Mike Ross

Un appel à Hockey Canada qui change tout

«En 2014-2015, le Mondial Junior était à Toronto. J’avais remarqué que quand le tournoi était au Canada, ils engageaient toujours deux annonceurs, un franco et un anglo. À ce moment-là je travaillais à la radio de la NHL ici et je savais qu’il n’y avait pas beaucoup de monde bilingue dans la communauté d’annonceurs. Donc j’ai appelé Hockey Canada pour demander si je pouvais avoir une audition parce que je suis bilingue. J’ai eu l’audition et gagné la job. C’était vraiment mon pied dans la porte avec MLSE parce qu’ils présentaient le tournoi avec Hockey Canada.»

Peu après sont venues des opportunités avec les Jeux Pan-Am en 2015 ainsi que Soccer Canada.  «Je prenais les jobs parce que j’aimais ça. Je n’aurais jamais pensé qu’en 2016 j’aurais la chance de passer une audition pour les Leafs.»

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Une opportunité en or avec les Maple Leafs

«Un an et demi plus tard, la job des Leafs s’est ouverte. Ils m’ont appelé et demandé si je voulais passer une audition. C’était sur invitation seulement. J’ai passé en audition, nous étions 22, et j’ai eu le poste. Dix ans plus tard, j’y crois pas encore.»

«C’est spécial et j’aurais jamais pensé que tout ce que j’ai fais avant pouvait mener à quelque chose d’aussi gros. Ils nous avaient donné un texte une semaine d’avance et Lou Lamoriello et Brendan Shanahan étaient assis dans l’aréna pour nous écouter et enregistrer.»

Une entrevue avec le Président des Leafs Brendan Shanahan confirmera son embauche.   

Tout comme les partisans de hockey, Ross était déçu que les Leafs ratent les séries pour la première fois en 10 ans. Par contre, dans le cas de l’annonceur, ça lui aura permis d’être la voix francophone des matchs de la Coupe du monde FIFA à Toronto.

Quand la persévérance mène à la Coupe du monde

Aussitôt la confirmation de la venue de la Coupe du monde à Toronto, Ross est devenu un homme en mission. Le but: obtenir une audition. Après quelques pistes inconcluantes, le hasard à bien fait les choses.

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«À l’automne 2025, j’ai vu un nom dans mon cellulaire que je ne reconnaissais pas. J’ai fait une recherche et c’était quelqu’un de MLSE qui était maintenant à FIFA donc je lui ai envoyé un courriel. Je lui ai demandé à qui m’adresser pour obtenir une audition. Il a pris mes infos, envoyé ça à la compagnie qui faisait les auditions et ils mon contacté. J’ai rempli un questionnaire et envoyé un démo. Je n’ai pas eu de nouvelles durant quelques mois, mais un matin de février je me suis réveillé au chalet et j’avais l’offre pour être annonceur francophone des matchs à Toronto!»

Stade de Toronto
Le BMO Field, rebaptisé Stade de Toronto, à été l’hôte de 6 matchs de la Coupe du monde. Photo: Chris Young, l-express.ca

Un défi de taille avec FIFA

Qui dit Coupe du monde, dit audience record. Avec 45 000 personnes par match dans le stade et des millions de téléspectateurs, la pression était forte.

«Nous avons eu une semaine de préparation avant le premier match. Nous avions les fiches audio avec la prononciation des noms des joueurs. Il y avait beaucoup de travail à faire. Ma responsabilité numéro 1 était de faire sûr que j’avais la bonne prononciation. Pour moi c’est très important.»

«C’était un gros challenge parce qu’il y avait beaucoup de noms auxquels nous ne sommes pas familiers. La technologie nous a aidés parce que toutes les équipes avaient enregistré des lectures de noms des joueurs. Je suis fier de notre travail. Nous avons beaucoup pratiqué et nous n’avons fait aucune erreur.»

Des moments incroyables au Stade de Toronto

«Le volume de la foule. Les fans européens ont leurs traditions, leurs chants, leurs danses. C’est différent de nos expériences ici. J’avais remarqué quand j’ai annoncé les matchs de la Série Globale à Stockholm. C’est une atmosphère différente. Ici en Amérique du Nord, si j’annonce le 60e but d’Auston Matthews c’est sur que c’est bruyant à l’aréna, mais quand tu as 45 000 personnes dans un stade et qu’ils ont des traditions, c’est vraiment spécial.»

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Des moments spéciaux, il y en a eu plusieurs pour Ross durant cette Coupe du monde.

«Comme Canadien, évidemment le premier match du Canada en sol canadien c’était quelque chose. Comme fan de l’Allemagne parce que j’ai un héritage allemand. Ce match-là était encerclé sur mon horaire.»

«Le match Croatie-Portugal, Ronaldo vs Modric. Tout ce qui entourait ça. Modric qui joue son dernier match, Ronaldo qui joue aussi probablement son dernier match. Juste ça c’est wow.»

«Quand Ronaldo a compté sur son botté de punition. Je me suis tourné vers l’annonceur anglophone et je lui ai dit: ‘Nous avons annoncé le dernier but international de Ronaldo’. J’aurais jamais pensé faire partie de quelque chose d’aussi historique. Je vais pouvoir dire que j’étais là et fais des choses qui font partie de l’histoire du soccer mondial.»

Ronaldo-Modric
Cristiano Ronaldo et Luka Modric après la rencontre. Photo: Chris Young, l-express.ca

Une Coupe Stanley et les Jeux olympiques

«J’ai deux cases à cocher. La première est évidente avec les Leafs et l’autre c’est les Jeux olympiques. J’aimerais vraiment ça, mais c’est dur de craquer l’alignement des annonceurs pour les JO. J’ai rencontré des gens qui ont déjà travaillé aux JO et ils m’ont dit que comme francophone j’ai peut-être un avantage.  Avec LA en 2028 qui s’en vient assez vite. Je vais commencer à cogner aux portes et voir ce que ça peut donner.»

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«Beaucoup de choses dans ma carrière sont arrivées grâce au téléphone que j’ai fait à Hockey Canada. On ne sait jamais comment les choses peuvent se passer», conclut-il. 

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