L’AFO dénonce le racisme

L'humanité: 50 nuances de brun.
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Mieux vaut tard que jamais, diront certains: l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a déclaré formellement le 6 juillet qu’elle «dénonce fortement le racisme et toute forme de discrimination».

Inspirée par la mort de George Floyd, le 25 mai, étouffé sous le genou d’un policier à Minneapolis, l’initiative vient d’une résolution engageant l’AFO à «travailler avec les acteurs de la communauté pour éliminer le racisme et toute forme de discrimination au sein de la communauté franco-ontarienne», adoptée à son conseil d’administration du 26 juin, rapporte le président Carol Jolin.

«Nous sommes conscients que le racisme systémique est malheureusement toujours présent dans la société au Canada et au sein même de notre communauté franco-ontarienne», poursuit-il. «Il est donc urgent et important de le combattre.»

Réactions

Cette sortie lui a valu sur Twitter une question pointue de la militante anti-racismes Mélissa Villella: «Où est votre définition deS racismeS?»

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Dans un autre coin, le blogueur Pierre Allard, un ancien éditorialiste du journal Le Droit d’Ottawa, s’interroge sur la pertinence du mot «systémique» ici, puisque cela réfère normalement à un racisme incrit dans les lois et les pratiques des gouvernements.

«Historiquement, au Canada, le racisme systémique s’est surtout exercé contre les Autochtones et les Canadiens français», écrit-il dans son dernier billet. C’est «la mainmise de la culture états-unienne sur le Canada anglais» qui «influence à l’excès la perception des rapports entre Canadiens blancs et noirs».

Pierre Allard

Ces derniers sont évidemment «victimes de racisme, de discrimination et d’injustices diverses», mais tout cela n’est pas chez nous d’ordre «systémique», selon Pierre Allard.

«La reconnaissance d’un racisme systémique par tout ce qui bouge, en commençant par Justin Trudeau, ne sert qu’à donner bonne conscience à ceux et celles qui se confessent sur la place publique, sans apporter de solution réelle aux situations créées par la présence d’individus racistes, y compris dans des postes de commande, un peu partout.»

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Réconciliation

Le 21 juin, à l’occasion de la Journée des peuples autochtones, Carol Jolin avait reconnu «l’impact qu’a eu la colonisation sur ces communautés. Notre pays est à une époque charnière, celle de la réconciliation. Un temps où il faut avoir des conversations difficiles, mais franches et sincères.»

Le lobby politique des Franco-Ontariens «a toujours voulu être un organisme inclusif et accueillant avec tous les francophones et francophiles», rappelle le président de l’AFO.

«Mais il faut également être humble et reconnaître que certains mécanismes en place dans notre communauté franco-ontarienne ne sont pas suffisants pour réaliser pleinement cette inclusion.»

Par, pour et avec

Ces préoccupations ne sont pas nouvelles. On discute depuis une vingtaine d’années de la présence des MREF (minorités raciales ethnoculturelles francophones) au sein du mouvement associatif franco-ontarien.

Un comité multiculturel de l’AFO continue de travailler à la concrétisation des recommandations du rapport Par, pour et avec commandé l’an dernier à Léonie Tchatat, de l’organisme torontois La Passerelle I.D.É.

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Léonie Tchatat avec le président Carol Jolin et le directeur général Peter Hominuk de l’AFO l’an dernier.

Un autre comité, qui est en train de mettre à jour son Plan stratégique communautaire Vision 2025, constate qu’on lui demande avec insistance de «mieux tenir compte de la diversité de la communauté franco-ontarienne».

Lors du congrès d’octobre de l’AFO, on présentera notamment les résultats d’un sondage sur les objectifs du Plan.

Mentionnons que l’AFO a recommandé la nomination de francophones au sein du nouveau Conseil du premier ministre Doug Ford pour l’égalité des chances, créé dans la foulée des manifestations du mois de juin contre le racisme et la brutalité policière. «Nous nous sommes assurés que des membres de la francophonie plurielle ont déposé leurs candidatures à temps», a dit Carol Jolin.

Prix de reconnaissance

Par ailleurs, l’AFO ouvrait récemment la période de mise en candidature de ses trois Prix de reconnaissance 2020.

Depuis sept ans, ces distinctions soulignent «les accomplissements des bâtisseurs de la communauté ayant contribué chacun à leur façon au rayonnement de la francophonie à travers l’Ontario».

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La date limite pour soumettre une candidature est le mardi 1er septembre à 16h. On décernera ces Prix au congrès d’octobre.

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