La vie dans le miroir d’une conductrice Uber

Brigitte Pellerin, Le livre Uber
Brigitte Pellerin, Le livre Uber, récit, Ottawa, Éditions L’Interligne, 2021, 200 pages, 23,95 $.
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Comme je n’ai jamais appelé un taxi Uber, j’ai appris de quoi il en retournait en lisant Le livre Uber, récit de Brigitte Pellerin. J’ai surtout découvert l’expérience d’une conductrice dans une ville que je connais assez bien, Ottawa.

Uber, source d’inspiration

L’avantage d’Uber et de Lyft, pour une écrivaine comme Brigitte Pellerin, «c’est qu’on rencontre toute sorte de monde. Pour l’inspiration, difficile de faire mieux.»

Uber devient un prétexte pour l’écrivaine qui ne demande pas mieux qu’à se vider le cœur, à faire le point sur sa vie.

Pellerin explique comment les gens n’ont «aucune idée des difficultés affrontées par les femmes dans la quarantaine ou la jeune cinquantaine qui bûchent pour retourner au boulot. […] Il faut être prête à accepter de revenir à un niveau professionnel moins élevé de plusieurs paliers…»

Style vivant et coloré

Le style du récit est vivant et coloré. Les personnages sont les clients et leur entrée en scène est toujours directe :
«– Brigitte! Faque tu parles français?
– Oui.
– Wow, c’est génial. Moi c’est Nancy. Comment ça va, ma belle?»

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À chaque course, un sujet ressort, comme le logement, la dépendance à l’automobile, la bouffe minute, le coût de la vie, etc.

Brigitte abandonne rapidement la livraison de nourriture pour se contenter de véhiculer des humains qu’elle prend plaisir à étudier.

Roman psychologique

Le livre Uber devient un roman psychologique assez réussi.

Ainsi, on apprend qu’une cliente a un mari à droite sur le plan social. Elle s’est laissé entraîner dans ce milieu pendant son mariage. Mais «l’habit de moine ne m’a jamais convenu. Mon jupon de Québécoise libérée a toujours dépassé.»

L’autrice ne s’intéresse pas tellement aux aspects économique et technologique du nouveau mode de transport.

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Son étonnant récit aux accents personnels prend un malin plaisir à renverser les idées préconçues sur la multinationale qui a transformé l’industrie du taxi.

Quartiers et rues d’Ottawa

Comme j’ai vécu trente ans à Ottawa, j’ai reconnu plusieurs rues et quartiers. On plonge encore plus librement et plus profondément dans l’intrigue lorsqu’on se retrouve en pays de connaissance

Brigitte Pellerin est une femme de tête qui a été conductrice pour Uber pendant plus d’un an. Son expérience terre-à-terre ne l’empêche pas de d’écrire dans divers registres. «J’aime bien ça, dire aux dépens des dépenses, c’est poétique, je trouve.»

Il y a bien quelques longueurs, notamment au sujet des problèmes techniques d’un taxi, du tarif exigé et du nettoyage de la voiture. Le style alerte et la variété des personnages campés avec brio nous font cependant vite oublier ces défauts minimes.

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