Le virage entrepris par le gouvernement ontarien, il y a six ans de cela, devait simplifier l’accès aux services pour les familles d’enfants autistes. La province arguait à l’époque plus de flexibilité, moins d’attente et plus d’autonomie pour les parents, et ce grâce à une aide financière directe.
Toutefois, de nombreuses familles francophones dénoncent une réforme qui n’a fait que déplacer le problème sans jamais le résoudre.
Le gouvernement a passé la patate chaude aux parents
«Le gouvernement, dans sa grande sagesse, a décidé en 2018 de ne plus offrir de services, mais de donner l’argent aux familles en leur disant d’aller eux-mêmes chercher des services. Si, pour les parents anglophones, la situation qui s’en est suivi a été difficile, pour les parents francophones, elle a été catastrophique», s’indigne Carol Jolin, président de la Société franco-ontarienne de l’autisme (SFOA).
Et pour cause, le déficit en matière de services en français persiste de «façon épouvantable. Comment dépenser ces sommes si on ne trouve pas de services pour le faire?», se demande l’ancien président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).

En guise de preuve, Carol Jolin cite l’exemple de cette maman d’un enfant autiste venue le voir au bureau de la SFOA et lui rapporter qu’elle était éligible à 65 000 $ par an, mais qu’elle arrive à peine à en dépenser 25 000, faute de services disponibles et adaptés.



