La «francophonie numérique» est optimiste

La prochaine révolution: la démocratisation du 5G et de la 3D

Les panélistes sur la francophonie numérique: Fayza Abdallaoui (Next Level), Robert Beaudry (Ville de Montréal), Harold Dumur (OVA), Mehdi Merai (Dataperformers), Éric Minoli (TFO), Nathalie Myara (Eduplan Solutions).
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Malgré l’omniprésence de l’anglais, la francophonie est bien placée pour participer et profiter de la révolution numérique en cours.

Les participants à un petit-déjeuner sur «la francophonie numérique» jeudi, dans le cadre du Forum économique international des Amériques à l’hôtel Royal York, semblaient aussi s’accorder pour dire qu’«on n’a encore rien vu» des progrès et des possibilités qu’offriront bientôt le 5G et l’intelligence artificielle.

Organisée par le Bureau du Québec à Toronto, la rencontre d’une heure et demie avec une demi-douzaine d’experts et de témoins privilégiés de ces nouveaux développements a attiré une cinquantaine de personnes. On y remarquait des responsables du Club canadien de Toronto, de la Société économique de l’Ontario, du Conseil de la coopération de l’Ontario et de plusieurs diplômés de HEC Montréal.

L’Université de l’Ontario français

La ministre ontarienne des Affaires francophones, Caroline Mulroney, en a profité pour annoncer l’engagement provincial de 63 millions $ envers l’Université de l’Ontario français. Ce n’était pas hors contexte, puisque la «culture numérique» et «l’économie mondialisée» font partie des grands programmes de développement des compétences «du 21e siècle» de l’UOF.

Le panéliste Éric Minoli, PDG par intérim du Groupe Média TFO qui est l’un des principaux partenaires de l’UOF, a souligné que «le numérique est dans l’ADN de TFO» depuis quelques années maintenant. Comme d’ailleurs la mondialisation, puisque TFO exporte ses émissions au Québec et dans le reste du Canada, en Louisiane, en France, en Chine, et que ses plateformes vont bientôt totaliser le milliard de vues.

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La ministre Caroline Mulroney.

Toronto et Montréal

Dans ce nouvel univers façonné autant par des géants comme Google et Apple que par des petites entreprises visionnaires, Toronto et Montréal ne seraient plus concurrentes, mais complémentaires.

«Montréal accueille déjà un grand nombre d’entreprises travaillant sur l’intelligence artificielle, les jeux vidéo et la réalité virtuelle et augmentée», a indiqué Robert Beaudry, membre du conseil exécutif de la Ville. «Toronto est une place forte de la finance pouvant les aider à passer à la vitesse supérieure et à commercialiser leurs produits et services. Les deux métropoles ont un secteur manufacturier très dynamique.»

Le plus gros obstacle à une plus grande collaboration Toronto-Montréal? «Le prix des billets d’avion!», a lancé un participant.

5G, 3D, IA

Les deux geeks-entrepreneurs-en-avance-sur-leur-temps du panel, Harold Dumur (OVA) et Mehdi Merai (Dataperformers), ont évoqué l’avènement d’ordinateurs miniatures et de la démocratisation de la 3D pour les contrôler (dans nos lunettes!). «Le prochain hype, c’est le 5G», confirme Dumur.

Nathalie Myara estime cependant qu’«il n’est pas suffisant d’innover, on a aussi besoin d’une stratégie d’implantation». Sinon, avertit la PDG d’Eduplan Solutions, une plateforme collaborative pour les professionnels de l’éducation, de la santé et des services sociaux, ces nouvelles technologies seront achetées par les grands conglomérats américains, européens ou chinois.

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Car, quand le numérique rapporte, il rapporte gros: 20$ pour chaque dollar investi, «bien mieux que l’immobilier», soutient Merai.

Des participants au petit-déjeuner du Forum économique des Amériques sur la francophonie numérique.

Incubateur franco-torontois

D’où l’utilité de projets comme celui de l’incubateur d’entreprises franco-torontoises promu, entre autres, par la consultante Fayza Abdallaoui, ex-présidente du Mouvement ontarien des femmes immigrantes francophones, qui se dit optimiste face à l’accès des innovateurs aux ressources, et même face à la place des femmes dans le numérique (seulement 20% à l’heure actuelle).

«Il y a des défis de réseautage et des retards à rattraper», mais elle voit d’un bon oeil la récente formation d’une coalition des ministres du numérique des pays membres de l’Organisation internationale de la francophonie.

Entre francos, on se comprend

Racontant qu’il a eu de la difficulté à «connecter» avec des clients japonais potentiels par le truchement d’un interprète, Merai, un diplômé de HEC Montréal qui a conseillé le président de la Tunisie sur le numérique, fait valoir lui aussi que 300 millions de francophones dans le monde n’ont pas besoin d’interprète pour se parler et se comprendre.

Le plus gros fonds souverain appuyant l’innovation, BPI (Banque publique d’investissement, dont le slogan est «servir l’avenir»), est d’ailleurs français.

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Le député québécois Youri Chassin (CAQ, Saint-Jérôme), ex-directeur de l’institut économique de Montréal.

Alléger la bureaucratie

Le député Youri Chassin, responsable du dossier de l’allègement du fardeau bureaucratique des entreprises dans le gouvernement de la Coalition Avenir Québec, venait comparer ses notes avec son homologue ontarien. Selon lui, le numérique offre de nombreuses opportunités de simplifier les relations entre les entreprises et l’État.

Même pour la démocratie et les médias d’information, dont le numérique bouleverse les concepts et les modèles d’affaires, il y a, dit-il, «des occasions à saisir» et «de nouveaux espaces de liberté» à gagner.

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