La francophonie canadienne se découvre à l’université

Échange d'étudiants Toronto-Montréal

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Brice Andy Fodouop (gauche) et Steve Kawe (droite), deux étudiants de l’Université de l’Ontario français, posent devant l’édifice Decelles d’HEC, une des écoles affiliées à l’Université de Montréal. Photo: Clément Lechat
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Publié 22/05/2023 à 11h51 par Clément Lechat

Neuf étudiants participent à un nouveau programme de deux mois entre l’Université de l’Ontario Français (UOF) et l’Université de Montréal (UdeM). Une façon de découvrir les facettes des francophonies ontariennes et québécoises tout en bâtissant sa carrière.

Travailler en français

Steve Kawe et Brice Andy Fodouop sont deux des quatre étudiants de l’UOF en échange à Montréal de début mai à fin juin. Cinq autres de l’UdeM sont arrivés à Toronto au même moment.

Brice Andy Fodouop connaît déjà bien Montréal. «C’est ici que j’ai commencé mon Canada», raconte l’étudiant originaire du Cameroun, un pays ayant également le français et l’anglais comme langues officielles. «Je viens d’un background francophone. Montréal est comme ma zone de confort. À Toronto, il y a le challenge de la langue», explique-t-il.

Les deux étudiants effectuent un stage à temps partiel au SARPAD, un centre de bénévolat offrant des services aux aînés vivant à domicile. Ils y font des recherches pour améliorer l’utilisation des outils numériques auprès des aînés.

Ils appliquant ainsi les enseignements du programme «études des cultures numériques» qu’ils suivent à l’UOF.

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Vivre en français

Travailler dans un environnement francophone est une opportunité pour les participants du programme, selon Alexandre Jay, conseiller en stratégies d’internationalisation à l’UdeM en charge de l’échange.

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Alexandre Jay. Photo: courtoisie

Par exemple, les Torontois peuvent observer comment se vit la francophonie lorsque le français a un statut de langue officielle.

Les pratiques professionnelles sont aussi parfois différentes d’une province à l’autre, comme dans le domaine de l’éducation.

«C’est un premier aperçu si jamais ça leur arrivait de devoir aller exercer ailleurs que dans leur province», indique Alexandre Jay, qui travaillait auparavant à l’Acfas, l’organisme de promotion de la recherche en français à l’échelle canadienne et internationale.

Échange pancanadien

De leur côté, les étudiants de l’UdeM rentreront chez eux avec une meilleure connaissance de la communauté franco-ontarienne qu’ils pourront partager avec leur entourage.

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«Un des enjeux importants entre francophones du Canada, c’est qu’on ne se connaît pas», affirme Pierre Ouellette, le recteur de l’UOF, qui voit cet échange comme une étape «pour que le Canada fonctionne mieux».

Il regrette que des Québécois ignorent parfois l’existence des minorités francophones vivant en dehors de leur province. Elles représentaient pourtant près d’un million d’habitants au Canada, dont près des deux tiers en Ontario, selon Statistique Canada.

«Je souhaiterais que le plus grand nombre de Québécois et Québécoises puissent être en stage dans une autre région francophone au pays et revenir au Québec avec un bagage de connaissances.»

UOF, rentrée
Pierre Ouellette, recteur de l’Université de l’Ontario français. Photo: UOF

Faible mobilité étudiante au Canada

Si la mobilité étudiante ouvre l’esprit, son faible développement constitue cependant un frein. Rien que pour les échanges à l’étranger, 11% des Canadiens de premier cycle en ont effectué un, contre 33% des Français par exemple, selon un rapport du Groupe d’étude sur l’éducation mondiale datant de 2017.

«Au Canada, la mobilité sortante est relativement basse. Ce n’est pas comme les étudiants en Europe qui font ça presque naturellement avec le programme Erasmus», analyse Alexandre Jay.

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«Notre volonté était de créer un espace de mobilité dans la francophonie qui permette de donner aux étudiants ce goût de sortir et de vivre une expérience hors campus», ajoute-t-il.

Pour mettre en place ce projet pilote, les deux universités ont reçu environ 20 000 $ chacune. Du ministère des Affaires francophones de l’Ontario pour l’UOF, et du secrétariat du Québec aux Relations canadiennes pour l’UdeM. D’autres partenaires et institutions ont aussi contribué au financement.

UOF
L’entrée de l’Université de l’Ontario Français au 9 rue Lower Jarvis, entre Lakeshore et Queen’s Quay. Photo: UOF

Enjeu de taille

Il s’agit du premier projet d’échange universitaire pancanadien dans lequel s’engage l’UOF. La jeune université a ouvert ses portes en septembre 2021, tandis que l’UdeM existe depuis 1878. Il a fallu associer deux institutions aux profils et tailles différentes.

«Je veux m’assurer que c’est un échange réciproque, que l’UdeM a le goût de recevoir aussi quelque chose de l’UOF, et pas seulement de donner», souligne Pierre Ouellette.

«L’expertise qu’on peut fournir, c’est la connaissance des francophonies en situations linguistiques minoritaires et du milieu francophone dans la plus grande ville au pays.»

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Ambassadeurs de l’UOF

Pour Steve Kawe et Brice Andy Fodouop, la réputation de l’UdeM a été un plus pour s’inscrire à l’échange.

Mais ils se voient aussi comme des ambassadeurs de leur jeune université. «L’Université de l’Ontario français à un grand avenir», pense Steve Kawe. «La difficulté en ce moment est que beaucoup de personnes n’arrivent pas à cerner sa mission», ajoute-t-il.

L’UOF et l’UdeM se disent prêtes à réitérer l’échange pendant l’année universitaire 2023-2024. Elles pourraient même l’ouvrir à d’autres partenaires francophones.

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