Après le séisme en Haïti: solidarité entre communautés rurales

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Don de Vallue aux sinistrés de Toirac-Champlois. Photos: Association des Paysans de Vallue
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Publié 16/08/2021 par Annik Chalifour

La population de la capitale d’Haïti, Port-au-Prince, vit au jour le jour dans un climat de violence constante perpétrée par les gangs de rue armés depuis plusieurs mois.

Même Médecins sans frontières a fermé son centre de soins d’urgence dans la zone de Martisant au sud, en raison de l’insécurité.

Le séisme du samedi 14 août, ressenti sur l’ensemble du territoire haïtien, a frappé très durement la péninsule Sud d’Haïti.

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Le séisme a durement frappé le Sud-Ouest d’Haïti.

Pendant ce temps, les populations des montagnes vivant isolées dans le «pays en dehors» se débrouillent dans un environnement dominé par les monts, garants de leur survie.

La solidarité prime parmi les communautés paysannes, malgré l’incertitude résonnant partout au pays.

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Toirac-Champlois, au sud d’Haïti

C’est ainsi que les membres de l’Association des Paysans de Vallue (APV), dans la montagne à l’ouest de Port-au-Prince, ont pris la route dimanche 15 août pour prêter main-forte à leurs voisins sinistrés, notamment la communauté de Toirac-Champlois (arrondissement des Cayes, département du Sud).

Toirac-Champlois abrite 15 000 à 20 000 habitants, près de 400 familles. On y pratique les cultures maraîchères, les céréales, les tubercules, des cultures pérennes et l’élevage. Les maisons sont en grande partie en béton et le reste ayant des toitures en tôle.

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Maisons effondrées.

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« Le bâtiment de l’église a cédé. 13 morts sont dénombrés. D’après la population, on devra compter beaucoup plus de victimes, dans l’effondrement de leur maison, et dans les champs à cause des éboulements », cite Abner Septembre, fondateur de l’APV et du Centre Banyen, toujours à Vallue.

« La perte en tête de bétail est aussi élevée. Malheureusement, il n’y a pas encore de statistiques disponibles. »

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Encore des pertes énormes en Haïti

« La communauté est visiblement sous le choc. Les dégâts et pertes sont énormes, des biens et des produits de commerce. Au moins 80 % des maisons sont à genoux et les habitants sont dans la cour avec ce qu’ils ont pu récupérer.»

« Les gens passent la nuit dehors au risque de se faire mouiller par la pluie saisonnière. L’ensemble des infrastructures sociales sont impactées. Les familles ont commencé à enterrer leurs morts. »

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La population sinistrée vit sous des tentes improvisées.

« Selon elles, les besoins les plus urgents sont l’eau, les médicaments et les soins primaires pour les blessés et les gens qui sont fracturés », témoigne Abner Septembre. Sans oublier le contexte de la pandémie…

Ayant fait l’expérience de 2010, Vallue a voulu mettre le projecteur sur cette communauté rurale, dans le but d’attirer l’attention non seulement sur Toirac-Champlois mais aussi sur toutes les autres communautés rurales du Sud, des Nippes et de la Grand-Anse.

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Réunion avec la communauté.

« Visiblement à notre arrivée, l’aide n’était pas encore là. Les institutions publiques et privées de secours doivent porter assistance aux villes mais sans oublier les zones reculées », déclare Abner Septembre.

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« D’où le besoin de travailler au progrès et à l’autonomie des régions, au renforcement de leur capacité à se prendre en charge ou à apporter les premiers secours en pareille circonstance. »

À propos d’Abner Septembre

Ex-ministre de l’Environnement, sociologue, environnementaliste et entrepreneur, Abner Septembre est spécialisé en sociogronomie.

Abner Septembre

La sociogronomie est une approche inventée par le sociologue « visant à mieux adresser la production et la résilience d’un territoire dans un contexte de changement climatique ».

Elle consiste à faire des expérimentations et des études en vue de proposer des solutions innovantes, accessibles sur le plan technique et financier, tout en étant écologiquement responsables et économiquement satisfaisantes.

« On vise à sensibiliser les jeunes et les agriculteurs à l’égard d’une nouvelle manière de travailler la terre, axée sur un modèle parcellaire à rendement exponentiel. »

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« Nous cherchons à formaliser une socio-économie durable par le partage, l’entraide, la solidarité et la coopération dans le respect de l’environnement montagnard, garant de notre prospérité. »

Le Centre Banyen

Le Centre Banyen, fondé en 2018 par Abner Septembre, veut apporter des éléments de réponses novateurs aux enjeux climatiques, économiques, énergétiques et hydriques en milieu rural haïtien.

Le Centre Banyen fondé par Abner Septembre promeut l’agriculture familiale et l’autonomie des jeunes agriculteurs à Vallue.

Reconstituer le modèle paysan axé sur des liens communautaires forts et l’habitat familial entouré de jardins et potagers. En interaction avec l’élevage domestique. Protégé par un rempart végétal servant de site de décharge de déchets organiques fertilisant les plantes qui s’y trouvent.

Rendre de petites exploitations plus économes et attrayantes pour les jeunes et les femmes, respectueuses de l’environnement et capables d’offrir des produits naturels compétitifs sur le marché, pour faire émerger une économie circulaire diversifiée.

Les résultats recherchés sont « des territoires résilients, productifs et prospères qui permettent à chacun de changer sur place sa vie ».

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Nous saluons le courage et la détermination sans faille du peuple haïtien.

Auteur

  • Annik Chalifour

    Chroniqueuse et journaliste à l-express.ca depuis 2008. Plusieurs reportages réalisés en Haïti sur le tourisme solidaire en appui à l’économie locale durable. Plus de 20 ans d'œuvre humanitaire. Formation de juriste.

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