Godzilla contre Mississauga

20e roman de Michèle Laframboise

Michèle Laframboise, Le Kaiju de Mississauga
Michèle Laframboise, Le Kaiju de Mississauga, roman, Ottawa, Éditions David, collection Pigeon voyageur, 2026, 168 pages, 19,95 $.
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Publié 23/05/2026 par Paul-François Sylvestre

L’accident ferroviaire de Mississauga, survenu le 10 novembre 1979, a nécessité l’évacuation de 218 000 personnes, la plus grande jusqu’alors en temps de paix en Amérique du Nord. Michèle Laframboise s’est inspirée de ce déraillement spectaculaire pour écrire son vingtième roman intitulé Le Kaiju de Mississauga.

Comme je ne suis pas un fan de Godzilla, j’ignorais que le terme japonais Kaiju signifie bête étrange ou monstre mystérieux. Je l’apprends grâce à Victor Tremblay, 11 ans, jeune amateur de monstres japonais et narrateur du roman.

Un peu avant minuit, Victor sent sa maison trembler. De la fenêtre, il découvre un ciel orangé, un feu qui piétine la voie ferrée. Il ne le sait pas encore, mais le train CP 54 en provenance de Sarnia vient de dérailler dans sa ville: 106 wagons tirés par trois locomotives. Godzilla contre Mississauga.

Boule de feu

L’un des wagons explose. «La boule de feu monte à 1 000 pieds de hauteur et sera visible aussi loin que Niagara Falls, Oshawa et Peterborough.» Un véritable Kaiju!

Dans les minutes qui suivent, la mairesse Hazel McCallion ordonne des évacuations. Victor et ses parents doivent partir, laissant leur chat Nadia derrière eux.

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Leur refuge est Square One, le plus grand centre d’achats au Canada après le West Edmonton Mall. On sert aux 7 000 personnes abritées «des biscuits aux brisures de chocolat, des petits gâteaux, des tablettes de chocolat Hershey dont l’usine est à Mississauga».

Lorsque la météo annonce que le secteur de refuge risque d’être à son tour contaminé par des gaz toxiques, un nouveau déménagement s’impose vers l’International Trade Centre. Victor y retrouve ses amis Henry et Lucie (que nous avons appris à connaître dès le premier chapitre).

Aucun mort!

La romancière ne se limite pas à raconter une évacuation épique survenue à une époque d’avant Internet. Elle concocte une histoire surprenante qui met en vedette l’amitié, l’entraide et l’honnêteté. La contribution des pompiers, policiers et ambulanciers y est soulignée.

«Le plus extraordinaire, c’est que, malgré les flammes et les explosions, il n’y a eu aucun mort, même parmi les pompiers. Si, si, AUCUN mort! En fait, la seule personne qui s’est blessée, c’est la mairesse elle-même. Hazel s’est foulé une cheville en inspectant le site du sinistre.»

Michèle Laframboise a été guidée dans sa recherche par la société Heritage Mississauga. Certains dessins de l’autrice placés en tête de chapitre sont inspirés par des photos consultées sur le site de cet organisme et sur celui de Peel Art Gallery Museum and Archives.

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Autrice de science-fiction

Auteure franco-ontarienne qui goûte à toutes les saveurs de la crème glacée littéraire, Michèle Laframboise affiche une nette préférence pour la science-fiction et ses paradoxes. Le projet Ithuriel, Le secret de Paloma et Rose du désert, publiés aux Éditions David, offrent des intrigues d’anticipation complexes.

Diplômée en géographie et en ingénierie, Michèle a publié 20 romans et plus de 90 nouvelles, récoltant des distinctions au Canada et en Europe. En mots ou en images, ses histoires entraînent lecteurs et lectrices dans des mondes empreints de poésie à la rencontre de personnages inoubliables.

Auteurs

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

  • l-express.ca

    l-express.ca est votre destination francophone pour profiter au maximum de Toronto.

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