Michèle Laframboise publiée dans la revue Asimov

Un rêve qui se réalise

Michèle Laframboise
Michèle Laframboise et le numéro de septembre/octobre de la revue Asimov's Science Fiction contenant sa nouvelle. Photos: compte Facebook de Michèle Laframboise
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Publié 16/09/2021 par Laurine Le Goff

Nouveau succès dans la carrière de l’auteure torontoise de science-fiction Michèle Laframboise. Sa nouvelle Shooting at Warner’s Bay, écrite en 2019, vient d’être publiée dans l’édition septembre/octobre de la prestigieuse revue Asimov.

« C’est la première revue de science-fiction au monde, elle est très connue et circule beaucoup aux États-Unis », indique Michèle Laframboise avec fierté.

Avec 19 romans à son actif, l’auteure a déjà acquis un bon palmarès. Elle a notamment été deux fois lauréate du prix Solaris (2006 et 2010), et une fois du prix Aurora (2009).

Un film de monstres… avec de vrais monstres?

Shooting at Warner’s Bay, raconte le tournage typiquement hollywoodien d’un film de monstres sur l’île Warner’s Bay.

On y découvre un acteur vedette à l’ego surdimensionné et un réalisateur débordé, à travers les yeux d’une actrice consciente de la fragilité de sa carrière et de son rôle. Cependant, le tournage est perturbé par des phénomènes étranges qui surviennent sur l’île, supposée déserte.

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« Le thème principal de ma nouvelle est l’hypocrisie du milieu cinématographique et le harcèlement des femmes… Mais aussi la résilience de l’actrice et sa décision de suivre sa voie sans se laisser piler sur les pieds. Je pense la traduire moi-même en français d’ici quelque temps », raconte Michèle Laframboise.

Michèle Laframboise, Asimov
Michèle Laframboise tenant le dernier numéro de la revue Asimov, dans lequel sa nouvelle Shooting at Warner’s Bay est publiée. Photo: Frédéric Gagnon

Réaliser la promesse faite à son père

Il y a plus d’un an, l’éditrice en chef d’Asimov a accepté l’histoire Shooting at Warner’s Bay lors du Salon du livre d’Ottawa. La revue reçoit plus d’un millier de nouvelles chaque année, et Michèle Laframboise fait partie des rares nouveaux auteurs à être publiés dans ce numéro de rentrée.

Mais cette publication revêt une signification encore plus importante pour l’auteure. En effet, son père l’a initiée très jeune à la science-fiction, particulièrement grâce aux histoires de l’écrivain Isaac Asimov.

Michèle Laframboise raconte être allée le voir à l’hôpital, et lui avoir acheté une revue Asimov pour lui donner de la lecture. « Je lui ai alors fait une promesse, en disant ‘Papa, un jour je publierai dans cette revue que tu as entre les mains' ».

Jacques E. Laframboise est décédé depuis. « J’aurai aimé qu’il soit là pour le voir, mais en tout cas je suis fière d’avoir tenu ma promesse. »

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Une année 2021 fructueuse

Cette année, Michèle Laframboise a également été publiée dans la revue française Galaxies et la revue québécoise Solaris.

Michèle Laframboise, Asimov
Le dernier roman de Michèle Laframboise.

Son 19e roman, Le secret de Paloma, est sorti au printemps dernier aux éditions David, pour jeunes adultes. Selon la romancière, cette histoire est celle qui puise le plus dans les émotions et la psychologie.

« Ce roman, je l’ai écrit pour moi, pas pour la jeunesse. L’histoire de la jeune Alouette, qui a perdu sa meilleure amie, montre que même les personnes les plus fortes peuvent s’effondrer sous un trop lourd fardeau. »

En parallèle, l’auteure de science-fiction continue de rédiger des nouvelles.

« J’en ai écrit une cinquantaine l’an dernier: du fantastique, du réalisme, des romances », souligne-t-elle. « Je les écris en plus grand nombre, car elles permettent d’explorer des univers différents ». Parmi ses plus récentes, on retrouve notamment Comment éteindre le soleil, Fermer le Big Bang, ou encore Dernières vacances de la femme-termite.

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Elle annonce d’ailleurs qu’une autre de ses nouvelles vient d’être acceptée par le magazine Asimov, à paraître en janvier 2022.

Engagée pour défendre la science-fiction

Michèle Laframboise évoque aussi le « drame » des auteurs de science-fiction. « C’est un genre qui n’est pas assez pris au sérieux, parfois nous ne sommes pas considérés comme des écrivains », explique-t-elle.

Pourtant, plusieurs romans de science-fiction ont déjà gagné le Prix du Gouverneur général au Canada.

Isaac Asimov
L’écrivain Isaac Asimov (1920-1992).

« Lors de salons du livre, j’entends souvent des personnes dire ‘je n’aime pas la science-fiction’. Mais très souvent ils n’ont jamais eu de mauvaise expérience, c’est simplement un préjugé sur ce genre littéraire. »

L’auteure se décrit comme immergée dans toute la « crème glacée littéraire ». Cette métaphore, qu’elle utilise régulièrement, sert à illustrer la diversité des goûts de chacun en matière de littérature.

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« Par exemple, la science-fiction va être le parfum menthe au chocolat, mon préféré. Mais les gens peuvent tout aussi bien goûter un nouveau parfum et ne pas l’aimer! » Il est très important à ses yeux de ne pas considérer un genre (ou « parfum ») supérieur à un autre en littérature.

Michèle Laframboise, Asimov
Michèle Laframboise a souvent son propre kiosque dans les salons du livre.

Ateliers sur la science-fiction en octobre

En ce sens, l’auteure continue à animer régulièrement des ateliers sur la science-fiction dans les écoles francophones. Dans le cadre du Festival du livre de Windsor 2021, elle donnera notamment des conférences virtuelles du 13 au 15 octobre prochain.

En dehors de l’écriture, Michèle Laframboise jardine, court, ou fait le montage des livres de sa compagnie Echofictions. Son prochain projet serait de trouver à publier ses deux bandes dessinées dans des maisons d’édition.

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