Ghislaine Kerry en route pour la finale de Délie ta langue! à Montréal

concours Délie ta langue!
Ghislaine Kerry Tchoupou Kuete, gagnante de la finale ontarienne du concours Délie ta langue! à l’UOF. Photos: Hamza Ziad, l-express.ca
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Publié 17/02/2026 par Hamza Ziad

«Je ne pensais pas remporter deux trophées dès ma première participation. Je suis très émue», confie Ghislaine Kerry Tchoupou Kuete, lauréate du premier prix et du prix du public du concours oratoire Délie ta langue!, tenu le 12 février à l’Université de l’Ontario français (UOF).

«C’est une fierté pour moi de représenter non seulement l’UOF, mais aussi l’ensemble de l’Ontario», ajoute l’étudiante au baccalauréat spécialisé en environnements urbains. «Je ferai tout pour hisser ce drapeau encore plus haut!» Elle participera à la grande finale nationale du concours, le 30 mars à l’Université de Montréal, contre des candidats de 13 autres universités du pays.

Le concours oratoire invite les concurrents à commenter une expression française originale pendant cinq minutes.

Sur le thème Courir après le vent, une métaphore qui renvoie à la poursuite de l’inatteignable, l’allocution de Ghislaine portait sur l’érosion des liens sociaux, la surconsommation et la quête incessante de nouveautés, souvent au détriment d’enjeux majeurs tels que les impacts environnementaux et l’épuisement des ressources naturelles.

«Au lieu de continuer à courir, nous devons nous arrêter à un moment donné», souligne-t-elle. «Voulons-nous être la génération qui aura tout possédé, mais qui n’aura rien laissé?»

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Les finalistes du concours entourées des membres du jury: Nicolas Haddad (Radio-Canada), Sabine Soumaré (cheffe de cabinet de la lieutenante-gouverneure de l’Ontario), Carl Bouchard (commissaire aux services en français de l’Ontario), Eunice Boué (directrice du Salon du livre de Toronto) et Marie-Élaine Lebel (présidente de l’Acfas Toronto).

Une édition 100% féminine

La présence exclusivement féminine parmi les personnes candidates a constitué l’une des particularités de cette édition.

Marie-Elaine Bourgeois
Marie-Elaine Bourgeois. Photo: courtoisie

«Pourtant, j’ai fait du recrutement auprès de la gent masculine, mais aucun homme n’a voulu tenter sa chance», explique Marie-Élaine Bourgeois, organisatrice du concours et professeure associée à l’UOF. «Mais ce soir, j’ai déjà reçu trois demandes de participation masculine pour l’an prochain. Nous devrions donc revenir à une participation mixte.»

Contrairement aux éditions précédentes, l’équipe organisatrice a également adopté un format hybride, combinant des prestations en présentiel et à distance. Ce modèle a permis d’élargir la participation.

Marie-Élaine Bourgeois souligne par ailleurs que l’événement gagne en envergure au sein de la communauté franco-torontoise d’année en année. Selon elle, Délie ta langue! s’impose désormais comme un rendez-vous annuel incontournable pour les francophones de la métropole.

Les finalistes du concours Délie ta langue!: Eliza, Noura, Dorval, Zeinab, Ghislaine et Nathalie. Photo: Hamza Ziad

L’Acfas Toronto s’implique

L’Acfas Toronto Centre-Sud-Ouest a été l’un des partenaires de cette édition en offrant deux prix de 200 $ chacun afin de souligner la qualité de la recherche, la rigueur académique et la dimension critique des prestations.

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Marie-Élaine Lebel
Marie-Élaine Lebel. Photo: courtoisie

Selon sa présidente, Marie-Élaine Lebel, l’organisme a pour mission de fédérer les chercheurs et chercheuses de la francophonie torontoise, d’où l’importance de développer des partenariats pour unir les efforts.

«Il s’agit de notre première collaboration avec le concours Délie ta langue! et nous sommes très heureux de nous inscrire dans cette démarche», explique-t-elle. « Nous reconnaissons également la dimension scientifique de ces concours d’art oratoire, d’où notre présence aujourd’hui pour encourager ces jeunes candidates.»

Moment d’échanges et de réseautage lors des délibérations du jury.

L’UOF au cœur de la communauté francophone

Dans une entrevue accordée à l-express.ca, Normand Labrie, recteur et vice-chancelier de l’UOF, souligne que Délie ta langue! représente plusieurs retombées pour l’université.

Normand Labrie
Normand Labrie. Photo: courtoisie

C’est une activité parascolaire favorisant le développement des compétences étudiantes, mais aussi une vitrine institutionnelle, tant à l’échelle locale qu’interprovinciale, notamment grâce à la participation annuelle d’un membre de la population étudiante à la finale tenue à Montréal.

«Nous avons eu le plaisir, ces dernières années, de voir de belles participations de l’UOF à la finale. J’espère que cette année, la personne gagnante sera l’un de nos étudiants», affirme-t-il.

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Il rappelle également que le rôle de l’UOF dépasse le seul cadre académique. L’objectif est aussi d’offrir un espace de rassemblement à la communauté francophone autour d’événements et d’initiatives porteuses de sens. «L’apprentissage ne se fait pas uniquement à travers les programmes d’études; il passe aussi par les interactions et les échanges avec la communauté.»

De son côté, Marie-Élaine Bourgeois souligne que l’UOF prend très au sérieux son rôle d’établissement d’enseignement et d’institution rassembleuse pour la francophonie ontarienne. «C’est toujours notre devise, derrière tout ce que nous faisons.»

Moment d’échanges et de réseautage pendant les délibérations du jury.

Une finale exigeante

La finale montréalaise de Délie ta langue! est reconnue pour son niveau particulièrement relevé, réunissant les meilleures candidates et les meilleurs candidats issus des universités participantes. Les prestations, préparées durant plusieurs mois, se distinguent par leur profondeur et la qualité du travail présenté, dans une compétition souvent très serrée nécessitant de longues délibérations du jury.

Steve Kawe
Steve Kawe. Photo: courtoisie

Selon Steve Kawe, lauréat du prix Avenir francophone lors de la précédente édition, la différence avec les finales locales est marquée. «À Montréal, on se retrouve vraiment à l’élite, avec les meilleurs de chaque université. Le niveau est très élevé et la compétition particulièrement rude.»

Il ajoute que cette distinction revêt pour lui une valeur particulière, affirmant qu’elle est plus importante à ses yeux qu’un premier, deuxième ou troisième prix, puisqu’elle reconnaît son engagement à défendre la francophonie et la transmission de la mémoire culturelle.

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Des compétences sur scène

Selon Isabelle Dostaler, vice-rectrice aux études et à la recherche à l’UOF, l’événement met en lumière l’importance de développer des compétences essentielles chez les étudiantes et étudiants, notamment la capacité à s’exprimer, à convaincre et à aborder des sujets complexes.

Isabelle Dostaler
Isabelle Dostaler. Photo: courtoisie

Elle souligne que ces habiletés s’inscrivent pleinement dans l’approche de formation axée sur la créativité sociale, qui vise à former des diplômés capables de marquer la société et d’y provoquer des changements.

Elle insiste également sur l’éloquence et la profondeur des prestations présentées, fruits d’un travail de rédaction et de réflexion mené sur plusieurs mois.

«La vitalité des francophonies s’expriment à travers ce type d’événement, qui contribue à l’épanouissement du fait francophone et à l’ancrage de l’UOF dans sa communauté.»

Zeinab Ayad
Zeinab Ayad. Photo: courtoisie

Une des finalistes, Zeinab Ayad, souligne les retombées concrètes de cette expérience. «Cette participation m’a permis de développer plusieurs compétences, notamment la prise de parole en public et la capacité à briser la glace.»

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«Ce qui semblait parfait en théorie devenait beaucoup plus exigeant face au jury et au public, mais j’ai énormément appris.»

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