Freida McFadden: la romancière américaine la plus machiavélique

Freida McFadden, Le Boyfriend
Freida McFadden, Le Boyfriend, roman traduit de l’anglais par Karine Xaragai, Paris, Éditions City, 2025, 400 pages, 36,95 $.
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Publié 07/01/2026 par Paul-François Sylvestre

Je vous ai présenté au moins cinq polars de Freida McFadden, notamment tous ceux de la série «la femme de ménage».

Cette auteure américaine traduite dans plus de trente langues revient à la charge avec Le Boyfriend, une intrigue new-yorkaise aussi addictive que machiavélique.

Il s’agit, en réalité, d’une double intrigue puisque la romancière met en scène deux séries de personnages évoluant dans des imbroglios qui se développent séparément d’abord, pour finalement se croiser et ne former qu’une seule histoire finement architecturée.

Trois amies célibataires

Le premier groupe comprend trois amies célibataires dans la trentaine. Grâce au site de rencontre Cynch, Sydney fait la connaissance de Tom Brown qui gagne sa vie à découper des cadavres (anatomopathologie ou médecine légale).

Voici comment elle s’adresse à lui:

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«– Tu as déjà été marié?
– Non, jamais. Et toi
– Non plus. Mais j’aimerais bien.
Oh, mon Dieu! Qu’est-ce qui m’a pris de dire ça? Jamais on ne dit ce genre de chose à un premier rendez-vous! C’est un principe cardinal. Décidément, cet homme a le don de me faire perdre toute prudence.»

Tom a aussi le pouvoir d’afficher un regard qui empêche Sydney de penser de façon cohérente. Il est gentil, il est intelligent, il aime sa mère et puis il est très agréable à regarder.

Lors de leurs sorties au restaurant, il y a une véritable alchimie, une connexion électrique. Au lit, c’est le gros lot: Freida McFadden invente alors l’adverbe époustouflamment et l’adjectif superextrafabulissime.

Or, ces tribulations ne font pas long feu. Des signaux d’alarme commencent à surgir, atteignant un seuil presque inacceptable. Un policier et ex-amant de Sydney la met en garde contre un dérapage.

Quatre étudiants

Le second groupe de personnages comprend quatre jeunes d’une école secondaire.

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Comme si leurs relations amicales ou amoureuses n’étaient pas déjà assez dramatiques, l’assassinat d’une première puis d’une seconde étudiante donne au roman une aura diabolique.

Pour ajouter à la perfidie, il y a même un chapitre où un étudiant tue son père et prend plaisir à le regarder mourir. Une fois son crime perpétré, il affirme: «Ça été l’un des meilleurs moments de mon existence.»

Charme désarmant

Au début, Freida McFadden semble prendre plaisir à illustrer que tous les baisers d’anciennes flammes ne sont qu’un entraînement pour aboutir à celui offert à une nouvelle conquête.

Au milieu du roman, elle se délecte à montrer comment il suffit qu’un type ait du charme, de l’intelligence et un physique avantageux pour duper n’importe qui.

À la fin, la romancière n’hésite pas à éclabousser de sang toute remarque sur un ton faussement moralisateur.

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Freida McFadden

Freida McFadden est le pseudonyme d’une médecin spécialisée dans les lésions cérébrales, auteure de thrillers psychologiques et de romans à l’humour médical.

Elle est reconnue pour ses polars avec des rebondissements inattendus, souvent centrés sur des protagonistes féminines.

On soupçonne qu’elle porte une perruque et des lunettes afin de protéger sa vie privée, de dissimuler son identité et de dissocier sa carrière d’écrivaine de sa profession médicale.

Auteurs

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

  • l-express.ca

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