Des nouvelles sur un vécu chaotique

Louis-Philippe Hébert, Le salon de l’auto et autres histoires
Louis-Philippe Hébert, Le salon de l’auto et autres histoires, nouvelles, Bromont, Éditions de La Grenouillère, 2026, 152 pages, 24,95 $.
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Publié 28/10/2026 par Paul-François Sylvestre

Dans des nouvelles qui varient entre 2 et 58 pages, Louis-Philippe Hébert rappelle qu’il existe des moments capables de changer une vie… ou une époque. Son recueil intitulé Le salon de l’auto et autres histoires exploite autant le contenu que le contenant.

Fondateur des Éditions de La Grenouillère où sont parus, entre autres, des livres de Jean-Paul Daoust, Nicole Brossard, Denise Desautels et Herménégilde Chiasson, Louis-Philippe Hébert m’a envoyé son recueil de nouvelles, avec ses hommages. Comme je ne l’avais pas réquisitionné, je ne me sentais pas obligé de le recenser. Mais il a piqué ma curiosité.

J’ai été surpris de constater à quel point l’auteur-éditeur aime analyser des gestes invisibles, imperceptibles. Il y a même une nouvelle où un Jos Sait Tout incarne la laideur des choses passées et le désespoir de celles à venir.

Embêtements

Dans un des textes assez courts, Hébert réfléchit sur ce qui nous embête et lance que la retraite est une série d’embêtements. « Le corps qui se déglingue. L’argent qui manque. Toutes les astuces qu’on invente pour nous en soutirer, de l’argent. […] On vous déshabille. On vous vole tranquillement. »

Vous avez peut-être remarqué que le nouvelliste a un penchant pour les phrases très courtes. Il aime le style saccadé. Au sujet d’un ventriloque, Hébert écrit que ses paroles n’ont aucun sens: «Pour eux. Pour vous. Maintenant. Seuls ou en groupe.»

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Agacement et admiration

Dans la nouvelle intitulée Un rat, un chat et le projet de Dieu, le narrateur s’apitoie sur son existence passée dans la neige sale (on est à Montréal).

On peut y lire: «Pourtant. Pourtant. Comment y échapper sans la terminer. Abruptement. Cette vie. J’y pense souvent.»  Ce style hachuré m’a parfois agacé.

Ce qui n’empêche pas Louis-Philippe Hébert de s’adonner à un savoureux jeu de mot dans cette même nouvelle. Le narrateur se sent nul et non avenu. «Comme chantent les avocats. Dans les cours. De triage. Oui, c’est cela. Ne parle-t-on pas d’un train de vie.»

Interjections

Tout au long de cette dizaine d’histoires, il arrive assez souvent à l’auteur de s’adresser directement à ses lecteurs et lectrices. Il le fait subtilement, en glissant de brèves interjections.

En voici quelques exemples: «Allez comprendre… voulez-vous me le dire… n’est-ce pas… je vous en réserve la surprise…» Sans point d’interrogation ou point d’exclamation.

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Pour écrire Le salon de l’auto et autres histoires, Louis-Philippe Hébert s’est sans doute inspiré d’un vécu plus chaotique que romantique ou exotique. Pas étonnant que ses analyses sortent des sentiers battus.

Écrivain prolifique

Je vous signale qu’une vingtaine des quelque cinquante œuvres de cet écrivain (romans, nouvelles, poésie) ont été traduites en anglais, en espagnol, en russe, en azéri et en roumain.

Auteurs

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

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