Frontière ténue entre rêve et réalité

Louis-Philippe Hébert, Essais cliniques aux laboratoires Donadieu, nouvelles, Montréal, Lévesque éditeur, coll. Réverbération, 2020, 232 pages, 28 $.
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Louis-Philippe Hébert vient de publier Essais cliniques aux laboratoires Donadieu, un recueil de six nouvelles qui racontent les mésaventures de ses contemporains, tout en conservant à la fois un regard bienveillant et une ironie acidulée.

Préparez-vous à lire d’étranges fantaisies, peut-être même à vivre une phobie inavouée…

Clin d’œil heavy metal

Dans la première nouvelle, qui donne son titre au recueil, l’auteur fait une tentative heavy metal de clin d’œil pour nous expédier en enfer, bien au chaud. Le thème du métal revient d’une histoire à l’autre.

La deuxième nouvelle s’intitule «La Fuck You» et on finit par «caresser longuement des couteaux le métal triomphant». Avec le résultat que la Fuck You démarre «le processus irréversible du Fuck All».

Métal chromé

Dans la troisième nouvelle, «Here and Now», des palettes de métal chromé rebondissent pour claquer la paroi d’une valise.

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Le personnage fouille et trouve au fond de la valise un lunch dans un Ziploc qu’il ouvre pour enregistrer un message dans le iPad qui trône sur la nourriture. «Tu ignores où je suis maintenant; qui je suis, tu ne l’as jamais su.»

«Et si c’était réversible?» est le titre de la nouvelle suivante, rédigée comme je les aime, avec un punch final.

Le métal, ici, est celui d’une benne à ordures qui emboutit la voiture du protagoniste et impose «une fin brutale et définitive à cette jeunesse que tu auras, en définitive, si peu connue».

Plaque d’acier

Chaque nouvelle a une citation en exergue. Dans le cas de «Séjour à Providence avec Mortimer», il s’agit d’une phrase de la lettre de séparation que Lovercraft envoie à sa jeune épouse après qu’elle eut exprimé le désir d’avoir un enfant de lui: «It is only the weakest beings who give birth to the most dangerous monsters.»

Dans ce récit, le métal est une plaque d’acier qui sert de couvercle à une bouche d’égout et qu’on nomme «regard» en français. Ainsi, l’auteur peut écrire que l’accès à l’égout comporte «un droit de regard».

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Iron Man

La dernière nouvelle s’intitule «Le virus de la fatigue» et, fidèle à lui-même, Louis-Philippe Hébert nous place devant les prouesses d’Iron Man, ce qui lui permet de préciser que «le virus a tout son temps».

L’éditeur a bien raison de dire que la frontière entre la réalité et le rêve demeure la plus ténue qui soit. Il ajoute que les histoires recensées dans ce livre en font la démonstration de la manière la plus subtile ou la plus implacable que le lecteur puisse imaginer.

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