Ça roule pour le réseau cyclable de Toronto

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Clémence Leveau-Vallier se déplace principalement à vélo à Toronto. Photo: Soufiane Chakkouche
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Publié 13/07/2024 par Soufiane Chakkouche

Devant l’engouement croissant qu’éprouvent les Torontois pour la mobilité durable en général et le vélo en particulier, la Ville met les bouchées doubles pour suivre la cadence en revoyant à la hausse, année après année, son réseau cyclable, ainsi que le budget qui va avec, pour le grand bonheur des usagers.

Toutefois, un grain de sable vient s’immiscer dans l’engrenage, celui de la sécurité routière!

Le réseau cyclable de la Ville Reine compte près de 700 kilomètres, avec une augmentation moyenne annuelle de 24 kilomètres sur les quatre dernières années, bien loin des 8,1 kilomètres aménagés en 2016.

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On crée de plus en plus de pistes cyclables. Source: Ville de Toronto

Pas pour déplaire aux usagers

À ce rythme, les usagers semblent trouver leur compte, à l’instar de Clémence Leveau-Vallier, une Torontoise dont la bicyclette constitue le principal moyen de transport.

«Cela fait 12 ans que j’habite à Toronto et que je me déplace à vélo. Au début, le réseau cyclable était présent uniquement au centre-ville, avec seulement deux pistes cyclables, mais petit à petit il s’est étendu à d’autres quartiers», remarque-t-elle.

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Et d’ajouter: «Il y a des gens qui ne faisaient pas du vélo par souci de sécurité, mais maintenant ils s’y mettent de plus en plus. Moi-même, il y a quelques années, j’étais terrifié de faire du vélo avec mes trois enfants à Danforth où j’habite, jusqu’à la mise en place d’une piste cyclable dans cette avenue.»

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Une section de la rue College avant et après. Photos: rapport 2023 de la Ville de Toronto sur les pistes cyclables.

100 km de plus d’ici 2027

Clémence Leveau-Vallier n’a pas fini de se réjouir, puisque la Ville prévoit d’accroître son réseau cyclable de 100 kilomètres d’ici trois ans, et ce dans le cadre de la mise en œuvre de son programme cycliste à court terme 2025-2027.

De plus, plusieurs connexions sont prévues dans ce plan afin de relier ces nouvelles pistes à celles existantes.

Cette extension touchera les quatre coins de la ville, allant d’Etobicoke à Eglinton, en passant par Dundas Ouest pour ne citer que ces axes-là.

Pour rappel, le Conseil municipal a d’ores et déjà approuvé, le 26 juin dernier, les projets de pistes cyclables contenus dans le programme 2025-2027.

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Pour chaque rue sa piste cyclable

Mieux que cela, à en croire Laura McQuillan, chargée de la communication de la Ville, l’ambition globale des responsables de la cité vise à couvrir l’ensemble de cette dernière par le réseau cyclable.

«À long terme, toutes les rues sont à l’étude pour de futures pistes cyclables. Le plan du réseau cyclable de Toronto s’écarte des plans de pistes cyclables traditionnels en Amérique du Nord, dans le sens où nous ne limitons pas notre futur réseau à un ensemble spécifique de rues.»

«Pour réaliser la vision à long terme du Plan du réseau cyclable, chaque rue, par le biais de demandes d’aménagement, d’études et de projets d’investissement, devrait envisager d’intégrer des pistes cyclables», annonce la communicante à l-express.ca.

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Laura McQuillan. Photo: courtoisie

Le budget a triplé en cinq ans

Naturellement, pour accompagner ses ambitions, en 2023, la Ville a injecté un montant record de 33,4 millions $ et prévoit une enveloppe de 42,9 millions $ pour 2024, soit trois fois plus qu’en 2019.

Au-delà des investissements liés aux nouvelles installations, ces sommes servent également à entretenir le réseau existant. En effet, d’une manière générale, le coût de l’entretien hors hiver se chiffre à 12 000 $ par kilomètre de piste cyclable et 25 000 $ par kilomètre durant la période hivernale.

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Cependant, s’il semble qu’aucun obstacle ne vient se dresser devant l’extension tentaculaire du réseau cyclable de Toronto, demeure le problème, et pas des moindres, de la sécurité routière de ses usagers.

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Une intersection modèle. Photo: rapport 2023 de la Ville de Toronto sur les pistes cyclables.

Quatre cyclistes décédés depuis le début de l’année

Selon les données de la Ville, au 18 juin dernier, ce sont quatre décès liés à la pratique du vélo qui ont été enregistrés en 2024, c’est-à-dire autant que les décès de cyclistes rapportés durant les années 2021, 2022 et 2023 cumulées, alors que la belle saison ne fait que commencer !

Face à ce funeste constat, Laura McQuillan nuance en rappelant que Toronto a connu, en 2023, une réduction de 29% du nombre de cyclistes tués et blessés graves par rapport à la moyenne quinquennale d’avant la période pandémique.

De surcroit, la porte-voix de la Ville rappelle aussi qu’à mesure que le nombre de personnes pratiquant le vélo augmente, leur exposition aux accidents s’accroit également.

«Tout décès ou blessure d’un cycliste dans les rues de notre ville est un décès de trop, et nous continuons à mettre en œuvre des mesures visant à améliorer la sécurité des cyclistes, notamment avec la mise en place de pistes cyclables surélevées et d’intersections protégées», promet-elle.

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Le réseau torontois de près de 700 km de pistes cyclables. Source: Ville de Toronto

Sensibiliser les automobilistes

Et pour cause, de nombreuses collisions ont lieu aux intersections. «C’est pour cela que la Ville compte plus de 20 intersections protégées en cours de construction et de conception», ajoute Laura McQuillan.

Sur le terrain, Clémence Leveau-Vallier impute une grande part de responsabilité aux automobilistes :

«Plusieurs fois par semaine, je vois des automobilistes qui coupent à travers des pistes cyclables sans mettre leur clignotant ou faire un contrôle direct alors qu’il y a tout au long des pistes cyclables des pancartes indiquant de céder le passage aux cyclistes. C’est pour cela qu’il faut toujours rester en alerte même sur une piste cyclable. Très clairement, il y a un travail de rééducation des automobilistes à faire pour faire un rappel des règles et s’adapter à ces changements.»

Le témoignage est d’autant plus intéressant qu’il est vrai que le réseau cyclable s’est beaucoup développé pendant la dernière décennie, et par la même, la signalisation nouvelle qui l’accompagne. Or, ces éléments ne faisaient pas forcément partie de l’apprentissage des anciens candidats aux permis de conduire.

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