Anneli Furmark: le coeur ou la raison, que faut-il écouter? 

Anneli Furmark, Walk me to the corner
Anneli Furmark, Walk me to the corner, roman graphique traduit du suédois par Florence Sisask, Éditions çà et là, 2021, 232 pages, 36,95 $.
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Je ne suis pas un amateur de romans graphiques. Si j’ai été tenté par Walk me to the corner, d’Anneli Furmark, c’est en raison de la thématique LGBT.

Et aussi parce que l’autrice-illustratrice est l’une des voix les plus importantes de la bande dessinée suédoise. Anneli Furmark aime raconter des histoires centrées sur l’intimité de ses personnages.

Relation passionnelle

Le personnage principal est Élise, la cinquantaine, mariée depuis plus de vingt ans, dont les enfants ont grandi et déménagé. En une soirée, elle tombe éperdument amoureuse d’une femme du même âge, Dagmar, également en couple mais avec une autre lesbienne.

La relation passionnelle se noue à travers des échanges de textos sans fin et lors de week-ends occasionnel. Élise déclare rapidement à son mari ce qu’elle ressent, tout en espérant que leur mariage pourra s’en accommoder, mais cette annonce fragilise l’équilibre du couple.

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À travers l’histoire et les questionnements d’Élise, Walk me to the corner explore avec beaucoup de délicatesse et une vive empathie ce que signifie quitter la sécurité d’une vie routinière à la cinquantaine pour se jeter dans l’inconnu. Les dialogues exploitent assez bien les états d’âme de la principale protagoniste.

Anneli Furmark et ses visages tristes

Les illustrations, pour leur part, ne traduisent pas la flamme qui animent les deux femmes. On voit peu ou pas de visages tendres. Il n’y a point d’étincelles. On ne sent pas de fougue, d’amour fou. Les visages sont souvent d’une tristesse désarmante.

Élise et Dagmar plaisantent en disant qu’elles sont «un Brokeback Mountain pour mamies branchées». Il y a une longue conversation au sujet du couple formé par les deux cowboys américains, Ennis Del Mar et Jack Twist. Il me semble que l’autrice aurait pu trouver un film d’amour lesbien pour illustrer son propos.

Les mots, les lavis d’aquarelle et les crayons de couleur d’Anneli Furmark brossent le portrait tortueux du désir et du chagrin lorsque le cœur choisit un pari douloureux en dépit des signaux donnés par la raison.

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