Spasme de vivre dans l’underground LGBTQ

Gabriel Cholette, Les carnets de l’underground, récit, Montréal, Éditions Triptyque, collection Queer, 168 pages, 28,95 $.
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Les carnets de l’underground, de Gabriel Cholette, est le cinquième titre à paraître dans la collection Queer aux Éditions Triptyque. Attendez-vous à un cocktail d’excès, de décalage, de provocation, d’hybridité et de déviance, le tout dans un langage tantôt cru tantôt poétique.

@carnetunderground

Gabriel Cholette a sillonné les scènes new-yorkaise, berlinoise et montréalaise de l’underground LGBTQ à la recherche de matériau littéraire qu’il a travaillé selon les codes d’Instagram.

Mais comme il y a des choses qui se partagent assez mal en «stories» de 15 secondes, Cholette a créé le compte @carnetunderground qui lui a permis d’écrire librement des chroniques sans choquer sa famille.

Sexe anonyme

Je note, en passant, que la dédicace du livre se lit comme suit: «Envoyez pas ça à ma mère.» Le recueil est issu de ces chroniques. Le thème du sexe anonyme d’un point de vue queer a inspiré Jacob Pyne dans sa trentaine d’illustrations homoérotiques.

Le texte regorge de mots anglais qui ne figurent pas en caractères italiques, confirmant que cela fait naturellement partie d’une façon de s’exprimer. On lit donc «striker une conversation, faire un move, prendre le shortcut, ce genre d’event, complètement black out, mon look de gobelin says otherwise, les randoms one night stands», etc.

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Voici une phrase qui illustre le ton du récit: «Sérieux, y’avait pas une seule personne qui était pas en chest et, passé les vingt-quatre premières heures, y’avait pas une seule personne qui était pas en jockstrap, avec un masque de chien ou une affaire comme ça.»

Pronoms non binaires

L’utilisation de pronoms non binaires se glisse ici et là, comme dans cette phrase: «On a toustes un peu gravité avec ielles.» Ce qui se glisse ou se passe d’une main à l’autre, ce sont les drogues: «la kéta, la m, l’extasy, le speed».

On a droit à de petites remarques bien tournées, dont «Est-ce qu’il est gay parce qu’il me regarde ou est-ce qu’il me regarde parce que je suis gay?».

Le regard d’un photographe, lui, est lourd pour un jeune gai qui rêve d’une brillante carrière. S’il n’est pas assez photogénique, il peut toutefois être «assez beau pour qu’il [photographe] désire me manger le cul».

Raves et drogues

À New York, Berlin ou Montréal, l’action se déroule dans les hauts lieux (ou bas-fonds) de l’underground, des raves, des afters et, surtout, dans les différents effets créés par la combinaison de drogues. Ces dernières étirent les sentiments et on se retrouve constamment «dans un espace étrange entre le désir et le réel».

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Les carnets de Gabriel Cholette sont présentés comme des chroniques, mais il s’agit de toute évidence d’un récit de vie où l’auteur tombe amoureux de chaque personne avec qui il couche – «c’est systématique, je suis trop sensible».

Mode de vie

D’une ville à l’autre, le lecteur se plaît à suivre les romances du moment, «de la cruise du dancefloor jusqu’aux toilettes où on fait la file pour gémir».

À n’en point douter, Les carnets de l’underground glorifie un mode de vie rarement exploité. Langue, forme et contenu célèbrent un spasme de vivre.

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