Perdre progressivement l’usage d’une langue apprise pour revenir à sa langue maternelle est un phénomène troublant, mais relativement fréquent chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une autre forme de démence.
«Ce n’est pas systématique, mais on l’observe souvent», explique Cole Edick, Responsable clinique à la Société d’Alzheimer de Toronto.
Dans les résidences pour aînés et les centres de soins de longue durée, ce retour à la langue d’origine peut surprendre les proches. Une personne ayant vécu et travaillé pendant des décennies en anglais peut soudainement ne plus s’exprimer qu’en français, en italien, en mandarin ou dans une autre langue de son enfance.
La mémoire, couche par couche
La mémoire fonctionne un peu comme une pile de feuilles, explique Cole Edick. «Les souvenirs récents se trouvent au-dessus, tandis que les apprentissages fondamentaux comme la langue de l’enfance sont enfouis plus profondément. La maladie d’Alzheimer enlève progressivement ces feuilles en commençant par le haut.»
Lorsque la maladie progresse, les langues apprises plus tard dans la vie sont souvent les premières à s’effriter.



