Le Salon du livre afro-canadien atteint l’âge de la maturité

Salon du livre afro-canadien
Avec un nombre record d'écrivains invités, de visiteurs et de livres vendus, l'équipe du Salon du livre afro-canadien est fière de sa 9e édition. Photo: Soufiane Chakkouche, l-express.ca
Partagez
Tweetez
Envoyez

Publié 04/11/2026 par Soufiane Chakkouche

Hausse des ventes de livres et de la fréquentation, plus d’auteurs invités, nouvel espace d’accueil plus adapté aux besoins… Tous les indicateurs de l’édition 2026 du Salon du livre afro-canadien (SLAC), organisé par Mosaïque interculturelle (MI) du 29 octobre au 1er novembre à Ottawa, abondent dans le sens d’une certaine maturité.

Une édition durant laquelle Lamara Papitashvili s’est vu décerner le Prix littéraire Jeunesse 2026 de l’Association des auteur(e)s de l’Ontario français (AAOF).

Une participation record des auteur(e)s

Avec 92 auteur(e)s invité(e)s, soit une augmentation de 12% par rapport à l’année précédente, la 9e édition du SLAC, dont le thème était «Écrire, résister, rêver», a enregistré un record qui constitue, selon la directrice générale Nicole Baptiste, un gage supplémentaire de maturité:

SLAC 2026
Nicole Baptiste, directrice générale de MI. Photo: Soufiane Chakkouche, l-express.ca

«Pour le SLAC, cette année marque l’aboutissement de plusieurs années de travail pour améliorer son organisation. Nous avons pu accueillir les auteurs et les visiteurs dans des conditions optimales, et on voit bien la différence», indique-t-elle à l-express.ca.

Publicité

Ce n’est pas Blaise Ndala, auteur franco-ontarien et président d’honneur du SLAC 2026, qui dirait le contraire:

«J’ai l’impression que l’organisation a gagné en maturité, en efficacité et forcément en visibilité. Pour preuve, on a une présence d’auteurs et de maisons d’édition plus importante que les années précédentes. C’est le cas aussi pour l’affluence, même si on n’a pas encore les chiffres.»

Affluence record au SLAC 2026
Blaise Ndala, président d’honeur du SLAC 2026. Photo: Soufiane Chakkouche, l-express.ca

Record des ventes des livres francophones

Selon les organisateurs, pas moins de 3000 visiteurs ont foulé le sol des locaux du MIFO à la place d’Orléans, où a eu lieu le Salon, contre 2500 l’année dernière. Et, parce qu’un record en appelle un autre, le stand de MI a atteint un record de 707 œuvres vendues durant le Salon.

«On a enregistré une nette augmentation des ventes de livres sur le stand de MI, mais aussi sur celui du REFC», le Regroupement des éditeurs franco-canadiens, se réjouit Nicole Baptiste.

Salon du livre afro-canadien
Le Salon du livre afro-canadien avait lieu dans les locaux du MIFO à Orléans. Photo: Facebook

Pas assez de places pour tout le monde

L’intérêt grandissant du Salon se manifeste aussi du côté des maisons d’édition, au point que certaines d’entre elles n’ont pas pu y participer à défaut de places disponibles.

Publicité

«Nous avons eu des demandes de participations de maisons d’édition qu’on n’a pas pu honorer parce que notre capacité d’accueil était déjà atteinte», confirme Nicole Baptiste.

Pour les dix ans du Salon l’année prochaine, l’organisation souhaite donc optimiser ses installations afin de pouvoir accueillir plus d’exposants sans pour autant changer de lieu, sachant que 24 d’exposants étaient présents à l’édition 2026.

Salon du livre afro-canadien
Jimmy Suzan. Photo: Facebook
Salon du livre afro-canadien
Une activité pour les enfants avec Lua Shayenne. Photo: Facebook

Des littératures qui se racontent

Venue spécialement de Paris pour l’occasion, Hemley Boum, auteure invitée d’honneur internationale, participait pour la première fois à un salon du livre à Ottawa pour présenter son dernier roman Nos vies sauvages, publié aux Éditions Gallimard.

«On a besoin de ces lieux où la littérature afro-canadienne et afro-caribéenne est mise en avant, car on peut y trouver des livres qu’on ne trouverait pas ailleurs. Je suis venue exprès de Paris pour rencontrer un public que je n’aurais peut-être pas pu rencontrer autrement, je trouve cela fabuleux», livre-t-elle à l-express.ca.

Et de poursuivre: «On se rend compte ici qu’on a énormément de choses en commun, nos histoires se rencontrent et dialoguent de mille manières. C’est très touchant. J’ai découvert que l’écriture de mes collègues ici a totalement un écho dans ce que j’écris et vice versa.»

Publicité
Salon du livre afro-canadien
Gabriel Osson, Olivier Nadon et Hemley Boum. Photo: Facebook

Thélyson Orélien déprogrammé au SLAC  

Actualité oblige, l’avenir de la littérature bio, autrement dit humaine, a fait l’objet de discussions animées au cours de cette édition, notamment à l’occasion d’une table ronde intitulée «Écrire en 2040», à laquelle Blaise Ndala a pris part aux côtés de trois autres panélistes.

«Je pense que le rôle de l’écrivain ne changera pas dans les années à venir. Il restera lanceur d’alerte et/ou gardien de mémoires et/ou témoin de son époque. Cela dit, ce qui va changer et prendre des proportions qu’on n’imagine même pas, c’est une forme de partage du travail entre l’écrivain et l’intelligence artificielle, s’inquiète-t-il.

L’écrivain controversé Thélyson Orélien, annoncé comme invité d’honneur au SLAC 2026, a finalement été déprogrammé par sa maison d’édition après que des allégations de recours à l’IA dans l’écriture de son dernier roman, vendu à plus de 100 000 exemplaires, ont fait surface.

Thélyson Orélien devrait figurer parmis les invités d'honeur du SLAC 2026.
Première affiche des invités d’honneur du SLAC 2026 avant que Thélyson Orélien n’y soit déprogrammé.

– L’auteur de cet article, Soufiane Chakkouche, journaliste et romancier, était un des invités d’honneur du SLAC 2026.

Auteurs

Partagez
Tweetez
Envoyez
Publicité

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur