Élections au Québec: un carré d’as

PQ 59, PLQ 40, PCQ 19, QS 9

Élections au Québec
Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois, est le nouveau premier ministre du Québec. Photos: pages Facebook des partis politiques
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Publié 06/10/2026 par François Bergeron

Aux élections générales de ce lundi 5 octobre au Québec, 28% des 70% de citoyens qui ont exercé leur droit de vote ont choisi le Parti québécois, dont les candidats ont été élus dans 59 des 127 circonscriptions de la province, soit 5 de moins que la majorité à l’Assemblée nationale.

C’est la première fois de toute l’histoire du Canada qu’un chef, Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), devient premier ministre avec aussi peu d’appui populaire. Mais dans une lutte à cinq, cela reste légitime.

La CAQ rayée de la carte

Le gouvernement de la Coalition Avenir Québec, la «troisième voie» nationaliste-libérale fondée par François Legault en 2011, dirigé par Christine Fréchette depuis six mois, a remporté 13,3% des suffrages, mais a été rayé de la carte avec zéro élu, même pas la cheffe.

CAQ
La première ministre sortante Christine Fréchette.

Sans châteaux forts, avec des appuis dispersés à peu près également un peu partout, la CAQ a été victime de notre système électoral conçu pour une démocratie bipolaire. Le PQ a promis de changer ça.

Percée historique du PCQ

En 2022, c’est le Parti conservateur du Québec qui n’avait pas réussi à faire élire un seul député même s’il avait récolté 15% du vote. Cette fois, le parti d’Éric Duhaime fait encore mieux en nombre d’élus, 19, que son 20,7% du vote: une percée historique pour un parti qui n’existait pratiquement que sur papier avant 2021.

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Québec solidaire, résolument socialiste et multiculturaliste, encore officiellement féministe et très discrètement souverainiste, sauve les meubles grâce à une bonne campagne de sa «co-porte-parole» Ruba Ghazal: 9 élus avec 12,4% du vote (contre 11 élus avec 15,4% du vote en 2022).

Mais les Solidaires, comme les Conservateurs, joueront un rôle important à l’Assemblée nationale pour faire passer ou bloquer les projets de loi du gouvernement péquiste minoritaire.

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Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec.

Tous contre un

Malgré les promesses de collaboration et de mains tendues faites par tous les chefs lundi soir, PSPP, Duhaime et Ghazal ont un «ennemi» stratégique commun: le Parti libéral de Charles Millard, chef de l’opposition officielle en vertu de ses 40 élus avec 24,2% des suffrages, notamment à Montréal et à Laval, ainsi que dans l’Outaouais et en Estrie.

Dans les circonstances (une succession houleuse de chefs depuis 2018), le PLQ est «de retour» et s’impose à nouveau comme l’alternative la plus crédible au gouvernement du PQ, son rival traditionnel depuis les affrontements épiques des années 1970 à 2010.

Le fait que le premier ministre fédéral Mark Carney soit très populaire partout au Québec n’est pas étranger à la résilience du PLQ.

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Charles Millard, chef du Parti libéral du Québec, l’opposition officielle à l’Assemblée nationale.

Le «parti de l’économie»

Les Conservateurs «autonomistes-mais-pas-séparatistes» ambitionnent de ravir aux Libéraux le titre de «parti de l’économie» pour espérer faire élire des candidats ailleurs que dans la région de Québec la prochaine fois… ou dans deux ou trois élections.

Un des fondateurs du PCQ, l’avocat d’affaires Adrien Pouliot, co-fondateur de l’Institut économique de Montréal, est arrivé deuxième dans D’Arcy-McGee avec 5 000 votes… 11 000 de moins que la Libérale. La route sera longue.

QS
Ruba Ghazal, co-porte-parole de Québec solidaire.

Québec solidaire, lui, veut attirer les immigrants qui votent encore massivement pour le Parti libéral, pour remporter d’autres sièges à Montréal. À l’instar du NPD sur la scène fédérale, QS cherchera aussi à séduire des électeurs libéraux plus à gauche, qui ne sont pas si rares.

Quatre est mieux que cinq?

En 2022, on a eu raison de croire que l’exclusion du PCQ de l’Assemblée nationale était une anomalie qui inciterait Éric Duhaime à redoubler d’ardeur.

Aujourd’hui, l’effacement de la CAQ n’inspire pas le même sentiment: c’est un prélude à sa disparition définitive, que personne ne regrettera. Ses électeurs nationalistes reviendront au PQ ou au PCQ, ses conservateurs au PLQ ou au PCQ. Quelques originaux iront voir chez QS.

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Selon les sondages, le message du PCQ résonnait particulièrement chez les jeunes (l’avenir), alors que les électeurs les plus âgés préféraient la CAQ (le passé).

Les Conservateurs représentent maintenant la vraie «troisième voie», avec les Solidaires en réserve qu’on aurait tort de sous-estimer. La scène politique québécoise à quatre partis est déjà mieux définie, plus franche, plus engageante qu’à cinq partis.

Auteurs

  • Rédacteur en chef de l-express.ca. Plus de 40 ans d'expérience en journalisme et en édition de médias papier et numériques, en français et en anglais. Formation en sciences-politiques. Intéressé à toute l'actualité et aux grands enjeux modernes.

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