Boucar Diouf et son père: l’humain au sommet de la création?

Boucar Diouf, Papa, l’homme qui aimait les zébus
Boucar Diouf, Papa, l’homme qui aimait les zébus, récit, Montréal, Éditions La Presse, 2026, 256 pages, 32,95 $.
Partagez
Tweetez
Envoyez

Publié 14/10/2026 par Paul-François Sylvestre

Le père du biologiste-conteur-humoriste Boucar Diouf est décédé au Sénégal à l’âge de 103 ans. Dans Papa, l’homme qui aimait les zébus, l’auteur rend hommage à cet homme pour qui l’être humain n’est pas la norme de toutes les mesures dans la biosphère.

Dès le premier chapitre, Boucar Diouf précise que son livre est «le témoignage d’un fils qui a toujours vu son père comme un homme qui traitait les animaux et les arbres avec respect et empathie, une bienveillance de plus en plus rarissime dans un monde où l’animal-objet est largement normalisé».

Respect des zébus

Il nous parle principalement du lien que son père tissait avec les zébus, qui ont été au cœur de son existence. Pour le paternel, «un troupeau de zébus, c’était un lieu d’enseignement, d’amour, d’éducation, de superstition, de respect et de collaboration».

À titre de renseignement, les zébus constituent le groupe bovin le plus répandu sur le continent africain. Grâce à leur polyvalence, ils jouent un rôle central dans les systèmes d’élevage, assurant non seulement la production de viande et de lait, mais aussi la traction animale et la fertilisation des sols.

Le livre de la nature

Selon un proverbe africain, ce n’est pas le but de la promenade qui est important, mais plutôt les petits pas qui mènent à cette destination.

Publicité

Chaque chapitre constitue une série de petits pas où nous découvrons à quel point les connaissances de l’auteur-biologiste n’ont pas plus de valeur que les longues années que son père a passées à écouter les animaux, à étudier les plantes et à lire les saisons.

«La nature est le livre le plus pertinent de la création, et mon père en était un lecteur bien plus assidu que moi.»

Éduquer par l’exemple

Bien que papa Diouf partage plusieurs souvenirs, plusieurs expériences, force est de reconnaître que son silence est souvent plus audible que la parole. Il fait partie de ces papas qui démontrent leur amour par des gestes et éduquent par l’exemple.

Les parents de Boucar Diouf étaient illettrés, mais tous leurs enfants ont fait des études universitaires. Papa Diouf a fréquenté «l’école de la vie paysanne et pastorale» qui carburait à la tradition orale. «Plus on avance en âge, plus on est respecté.»

Il aimait dire que garder les vaches était la plus grande école d’apprentissage de la vie adulte pour un enfant. «Cela nécessite une discipline, une planification et un sens des responsabilités. Ce trousseau du bon berger contient donc toutes les compétences dont un élève a besoin pour réussir.»

Publicité

L’humain dans la biosphère

Boucar Diouf prend un malin plaisir à démolir le concept d’animal-machine mis de l’avant par René Descartes. Selon ce dernier, les animaux sont des robots sans émotion, sans intelligence, sans souffrance.

Papa Diouf puise dans son vécu centenaire pour prouver tout le contraire. Ce qui l’amène à conclure que l’être humain n’est pas l’espèce élue de la biosphère, mais plutôt une partie d’un ensemble bien plus large.

Auteurs

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

    View all posts
  • l-express.ca

    l-express.ca est votre destination francophone pour profiter au maximum de Toronto.

    View all posts

Partagez
Tweetez
Envoyez
Publicité

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur