Dans des nouvelles qui varient entre 2 et 58 pages, Louis-Philippe Hébert rappelle qu’il existe des moments capables de changer une vie… ou une époque. Son recueil intitulé Le salon de l’auto et autres histoires exploite autant le contenu que le contenant.
Fondateur des Éditions de La Grenouillère où sont parus, entre autres, des livres de Jean-Paul Daoust, Nicole Brossard, Denise Desautels et Herménégilde Chiasson, Louis-Philippe Hébert m’a envoyé son recueil de nouvelles, avec ses hommages. Comme je ne l’avais pas réquisitionné, je ne me sentais pas obligé de le recenser. Mais il a piqué ma curiosité.
J’ai été surpris de constater à quel point l’auteur-éditeur aime analyser des gestes invisibles, imperceptibles. Il y a même une nouvelle où un Jos Sait Tout incarne la laideur des choses passées et le désespoir de celles à venir.
Embêtements
Dans un des textes assez courts, Hébert réfléchit sur ce qui nous embête et lance que la retraite est une série d’embêtements. « Le corps qui se déglingue. L’argent qui manque. Toutes les astuces qu’on invente pour nous en soutirer, de l’argent. […] On vous déshabille. On vous vole tranquillement. »
Vous avez peut-être remarqué que le nouvelliste a un penchant pour les phrases très courtes. Il aime le style saccadé. Au sujet d’un ventriloque, Hébert écrit que ses paroles n’ont aucun sens: «Pour eux. Pour vous. Maintenant. Seuls ou en groupe.»


