Symposium Afro-Franco sur le bien-être

Pour trouver des synergies en services de santé mentale

Symposium Afro-Franco EquiConnect
L'activité s'est déroulée au Crown Plaza de North York. Photo: EquiConnect
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Publié 29/09/2026 par Charles-Antoine Rouyer

La première édition d’un Symposium Progrès Afro-Franco-Ontario a rassemblé une trentaine de personnes à Toronto ce samedi 26 septembre.

L’activité était organisée par l’entreprise torontoise EquiConnect sous le thème «Unité et impact: l’Ontario afrodescendant francophone en action» pour rassembler, consulter et identifier des synergies parmi les différents services disponibles pour la santé mentale et le bien-être, notamment pour les jeunes au secondaire et post-secondaire.

«Un défi au niveau de la communauté afrodescendante, c’est que la santé mentale est très stigmatisée», estime Micheline Rabet, cofondatrice et vice-présidente d’EquiConnect, qui ajoute que l’un des objectifs du symposium était de «démystifier, de parler de santé mentale, de bien-être et d’équité».

Symposium Afro-Franco EquiConnect
Micheline Rabet et Jean-Luc Amoikon, co-fondateurs d’EquiConnect. Photo: Charles-Antoine Rouyer, l-express.ca

Expertises diverses

David Legagneur, de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) a déclaré à la tribune que «ce symposium représente une occasion précieuse de nous rassembler au-delà de nos secteurs, de nos générations et de nos expériences.»

«Nous venons de milieux différents avec des expériences différentes, mais nous partageons une responsabilité commune: contribuer à bâtir des communautés où chacune et chacun peut trouver sa place et participer pleinement à la vie collective», a observé le président de l’Unité 64 Centre-Sud catholique de l’AEFO, un partenaire du Symposium.

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«Le dialogue devient alors un outil essentiel qui permettra de faire émerger des solutions qui sont à la fois humaines et concrètes.»

Selon une autre participante, Fadila Benzidoun, directrice de l’école Mathieu-Da-Costa du Conseil scolaire Viamonde, un autre partenaire du symposium, «EquiConnect rejoint une volonté qui nous tient particulièrement à cœur: celle de soutenir une francophonie forte, inclusive et ouverte sur la diversité des parcours qui la composent.»

EquiConnect
Fadila Benzidoun, directrice de l’école Mathieu-Da-Costa à North York. Photo: EquiConnect

Une responsabilité collective

Éric Keunne, conférencier principal, a résumé l’un des enjeux de la promotion de la santé communautaire. «Je pense que l’idée d’Equiconect, c’est de construire un nous qui peut permettre aux communautés afrodescendantes de travailler ensemble pour le bien-être de la communauté afrodescendante.»

«Notre “nous” ne peut pas être un nous d’uniformité. Nos différences ne nous empêchent pas d’avoir des responsabilités communes et c’est là que notre identité collective peut être extrêmement puissante.»

«Notre “nous” n’est pas un nous d’origine, mais un nous de responsabilité. La santé mentale de nos jeunes est un enjeu collectif», a souligné le directeur d’école au Conseil scolaire Viamonde et doctorant en études francophones à l’Université York sur l’intégration professionnelle des enseignants formés à l’étranger dans les systèmes scolaires francophones d’immersion en Ontario.

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Il existe pourtant déjà des services de santé intégrés et d’accueil des nouveaux arrivants au Centre francophone du Grand Toronto, ainsi qu’un guichet unique vers les soutiens disponibles avec la ligne 211.

Selon Jean Luc Amoikon, co-fondateur et président d’EquiConnect, le Symposium s’explique «parce que nous croyons que nos communautés ne doivent pas seulement parler de leur avenir, elles doivent participer activement à sa construction. Le symposium est donc cet espace pour apprendre, pour échanger et pour résoudre ensemble.»

Symposium Afro-Franco EquiConnect
Le conférencier Éric Keunne. Photo: Charles-Antoine Rouyer, l-express.ca

Pour des «maisons des jeunes»

«Notre but, ce n’est pas de réinventer la roue, mais de faciliter l’accès aux services», ajoute Micheline Rabet. «On parle de services en santé mentale, on parle d’accompagnement pour les jeunes, on parle de maisons d’accueil.»

«On voudrait ramener un petit modèle qui existe, je dirais, dans le monde, en Europe essentiellement: ces maisons de jeunes où le jeune arrive et peut rencontrer d’autres jeunes, mais aussi avoir de l’appui informel en matière de santé mentale.»

«Le symposium d’aujourd’hui vient de plusieurs constatations», poursuit Micheline Rabet. «Il y a trop d’incarcérations au sein de notre communauté francophone afrodescendante. Il y a trop de signalements, trop de suspensions, d’interventions liées à la violence conjugale. Et nous devons réagir. Et nous devons intervenir ensemble.»

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«La deuxième constatation que nous avons faite, c’est aussi qu’il y a une expertise existante au sein de cette communauté francophone. Cependant, elle est méconnue.»

Symposium Afro-Franco EquiConnect
L’activité s’est déroulée au Crown Plaza de North York. Photo: Charles-Antoine Rouyer, l-express.ca

Déstigmatiser la santé mentale

«La troisième constatation, et pas la moindre, il est temps de déstigmatiser la santé mentale au sein de notre communauté. Il est temps d’accepter notre vulnérabilité plutôt que de clamer notre résilience.»

Le Centre francophone du Grand Toronto a préféré ne pas commenter sur cette initiative pour le moment. «Nous ne disposons pas de suffisamment d’information sur EquiConnect, son modèle d’intervention, ses programmes et les services qui seront concrètement offerts.»

EquiConnect explique poursuivre sa consultation entamée lors du symposium et partagera les résultats de cette «réflexion collective» avec le gouvernement provincial.

Le mandat d’EquiConnect est d’«accompagner les individus et les familles vers un mieux-être durable, inclusif et humain».

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Symposium
De la marchandise d’EquiConnect. Photo: Charles-Antoine Rouyer, l-express.ca

Fondateurs

L’entreprise été fondée en janvier 2026 par trois personnes:

• Jean-Luc Amoikon, enseignant au Conseil scolaire Monavenir et initiateur de Wil’No Connexion Center qui propose un accompagnement aux nouveaux arrivants;

• Micheline Yohou Rabet, travailleuse sociale et criminologue, fondatrice de My EquiLibre et ancienne responsable en santé mentale en milieu scolaire en Ontario;

• et Serge Arnaud Dieth, fondateur de Wavemedia, entreprise en services numériques, graphisme et marketing.

D’autres partenaires du symposium comprennent le Mouvement Desjardins, le Collège Boréal, et le refuge pour femmes victimes de violences conjugales La maison.

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