La Fondation franco-ontarienne a 40 ans: entre célébrations et lucidité financière

Fondation franco-ontarienne, FFO.
La Fondation franco-ontarienne suggère de lui faire un don de 40$ pour son 40e anniversaire. Photo: iStock.com/Andrzej Rostek
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Publié 05/08/2026 par Julien Kopferschmitt

À l’occasion de son 40e anniversaire, la Fondation franco-ontarienne (FFO) lance sa campagne annuelle «25/25», rebaptisée «40 ans d’impact pour 40 $». Mais derrière le symbole des festivités, l’organisme traverse une période de transition financière décisive.

Entretien sans langue de bois avec son directeur général, Marc Lavigne.

Objectif: 8000 $

Alors qu’elle célèbre quatre décennies d’engagement philanthropique en Ontario français, la FFO ne cache pas les défis financiers majeurs auxquels elle fait face.

Le ton se veut pourtant rassembleur pour le lancement de la nouvelle édition de sa campagne «25/25». Du 24 juillet au 25 septembre, la FFO invite la communauté à poser un geste de solidarité en faisant un don de 40 $ pour marquer ses 40 ans d’existence, avec un objectif fixé à 8 000 $.

Une cible modeste, concède d’emblée Marc Lavigne, directeur général de la Fondation depuis mai 2022. «Le monde financier a vraiment écrasé plusieurs philanthropes. Des gens qui donnaient régulièrement donnent aujourd’hui beaucoup moins ou pas du tout. On se met des objectifs réalistes pour ne pas offusquer personne», explique-t-il.

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Ces 8 000 $ doivent alimenter le Fonds Actions, une enveloppe permettant à des organismes communautaires d’obtenir de micro-subventions (de 500 $ à 1 000$) pour organiser des événements culturels et identitaires aux quatre coins de la province, de fêtes de la Saint-Jean-Baptiste à celles du Mois de la francophonie.

Fondation franco-ontarienne, FFO, prix Saphir
Marc Lavigne, DG de la Fondation franco-ontarienne. Photo: capture d’écran

Appel à la mobilisation pour assurer l’avenir

Si la FFO conserve ses volets traditionnels, comme l’attribution de bourses scolaires ou les prêts aux femmes entrepreneures dans le Sud de l’Ontario, ses états financiers reflètent la précarité du secteur communautaire post-pandémie.

«Si tu regardes nos états financiers des dernières années, je vais être très transparent: ce n’est pas beau. Nous avons une dette énorme», révèle le directeur général avec une franchise appréciable.

Interrogé sur la pérennité de l’organisme à long terme, Marc Lavigne ne contourne pas la question. «En ce moment, nous sommes très fragiles. Si nous continuerions dans la mauvaise direction, malheureusement, il se pourrait que la fondation ferme ses portes. Nous avons besoin d’un coup de main de la population franco-ontarienne.»

Pour redresser la barre et assurer son autonomie pour les 40 prochaines années, la FFO prépare en coulisses une «campagne de financement majeure», dont la phase silencieuse doit s’amorcer sous peu pour aller chercher de nouveaux revenus.

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Fondation franco-ontarienne, FFO, prix Saphir
Les lauréates des Prix Saphir 2026, remis par la FFO pour honorer l’engagement et le leadership des Franco-Ontariennes. Photo: capture d’écran

Virage stratégique vers les bourses d’études

Face à la multiplication des leviers de financement en Ontario français, le conseil d’administration de la FFO a choisi de resserrer son action là où les besoins sont les plus criants: l’éducation.

«Notre plus grande spécialisation sera désormais les bourses postsecondaires pour étudier en français en Ontario», annonce Marc Lavigne. Alors que la FFO distribue actuellement environ 50 000 $ en bourses chaque année, l’objectif est d’augmenter progressivement cette enveloppe pour atteindre 250 000 $, voire un demi-million de dollars à terme.

Pour réussir ce pari, la FFO mise sur l’éducation à la philanthropie auprès des jeunes, en collaboration avec la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), mais aussi sur une initiative d’envergure. La Fondation travaille actuellement sur un projet pilote pour l’année scolaire 2026-2027 avec deux conseils scolaires. S’il concrétise ses promesses, ce projet pourrait faire de la FFO un acteur incontournable du milieu éducatif provincial.

Le message transmis par Marc Lavigne aux Franco-Ontariens est clair: la pérennité de leur unique fondation provinciale reposera, plus que jamais, sur la solidarité de toute la communauté.

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