Parcours sinueux de rencontres pour aboutir à une relation durable

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Isabelle Roy, Bonne fille, roman, Montréal, Éditions Hurtubise, 2026, 208 pages, 22,95 $.
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Publié 11/07/2026 par Paul-François Sylvestre

«J’ai envie qu’un gars possède mon corps et me fasse perdre mes moyens.» Voilà comment se sent Catherine, la protagoniste du roman Bonne fille d’Isabelle Roy. La solution se trouverait-elle dans les rencontres en ligne…?

À 33 ans, Catherine se retrouve seule après une rupture. Bien que sa relation n’ait duré que six mois, la douleur la bouleverse profondément.

Elle se tourne d’abord vers Tinder et Facebook Rencontres. Voici sa bio: «Tu mérites de bonnes choses et je peux être l’une d’elles.»

Le sexe avant le coeur

Son but consiste à avoir de la bonne compagnie et du bon sexe sans être en couple. Tout en souhaitant que ça reste léger, elle veut «des émotions fortes et de l’intensité». Elle rêve de voir un homme posséder son sexe avant son cœur.

Une partie substantielle du roman se résume à une enfilade de rencontres où la Bonne fille devient cochonne, où son corps se transforme en un «fabuleux mélange aphrodisiaque et orgasmique […]. C’est bon, c’est chaud, c’est cochon.»

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Catherine a des dates tous les soirs de la semaine. Isabelle Roy a souvent recours à des mots anglais. Dans une demi-page, on peut lire: «sur un high, des heures à swiper des gars, j’aimais son lip filler, j’ai jamais eu le guts».

Le style est toujours léger et fluide, souvent badin et enjoué.

Mauvaises soirées

Comme vous vous en doutez bien, le résultat de ces dates demeure souvent loin des attentes de Catherine. «Je me suis exfoliée, rasée, lavée et relavée, badigeonnée, parfumée, maquillée, habillée. Je suis belle et épuisée… et tout ça pour passer une mauvaise soirée avec un gars plate et hautain, à Noël par-dessus le marché!»

Ce que j’ai trouvé le plus intéressant dans ce roman, ce sont les échanges que Catherine à avec sa meilleure amie Rosalie et avec un jeune couple qui a deux enfants. La discussion porte souvent sur comment elle est prête à être célibataire pour un bout, mais sans l’abstinence qui vient avec.

Ses proches lui font remarquer que c’est une mauvaise idée de jouer à l’autruche avec ses sentiments. Ils lui expliquent que sa peine va finir par resurgir. Rosalie la met en garde de faire des one-night éternellement… parce que ce n’est pas ça la vraie vie.

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Peur de se faire avoir

Isabelle Roy décrit fort bien comment sa protagoniste demeure terrifiée à l’idée de rencontrer un homme qui lui plairait réellement, dont elle pourrait tomber amoureuse, et… «de se faire avoir encore une fois».

Bonne fille est un roman sur le sinueux parcours pour être heureux en amour. Le nœud du problème réside dans le fait que cela ne dépend entièrement de soi. C’est là que plusieurs échouent, certains lamentablement.

Isabelle Roy est l’autrice d’une série d’ouvrages ciblant un jeune lectorat. Avec Bonne fille, son premier roman destiné à un public adulte, elle change complètement de registre. Dans un style à la fois perspicace, audacieux et divertissant, elle décortique les chemins tortueux du dating et, surtout, ce qui peut se cacher derrière les désirs de rencontres.

Auteurs

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

  • l-express.ca

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