Bientôt un modèle pilote d’éducation pour la petite enfance neurodivergente francophone

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Une nouvelle étude sur « le droit à une éducation francophone inclusive pour la petite enfance neurodivergente francophone de l’Ontario» permettrait de développer un modèle pilote. Photo: iStock.com/Xesal
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Publié 04/06/2026 par Soufiane Chakkouche

Dans le cadre du concours pour la Bourse nationale de recherche en petite enfance attribuée par l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC), c’est Bianca Nugent, professeure adjointe et coordonnatrice du programme de travail social à l’Université de l’Ontario français (UOF), qui a été choisie pour son projet d’étude portant sur «le droit à une éducation francophone inclusive pour la petite enfance neurodivergente francophone de l’Ontario».

Doté d’une enveloppe de 150 000 $ et en collaboration avec l’Association francophone à l’éducation de la petite enfance de l’Ontario (AFÉSEO) ainsi qu’avec une autre chercheuse en psychoéducation de l’Université Sherbrooke, Malena Argumedes Charles, ce projet d’étude a pour ambition de répondre à plusieurs interrogations.

Bianca Nugent explique: «L’objectif de cette étude est de répondre à une question simple: dans un cadre de pénurie de main-d’œuvre spécialisée et de manque des services et des classes en petite enfance francophone, qu’est-ce qui arrive aux enfants qui ont des besoins particuliers ou qui représentent certains retards dans plusieurs sphères de développement comme on en voit de plus en plus?»

Un questionnement légitime, puisque, à en croire une étude réalisée par l’AFÉSEO, seulement 4% des organisations sondées offrent des ressources pour enfants ayant des besoins particuliers.

L’avenir des enfants hypothéqué

Plus qu’un questionnement d’un esprit scientifique désireux d’avoir une réponse vaille que vaille, la situation n’est pas anodine et les conséquences sont loin d’être négligeables, car les études en neurosciences démontrent clairement qu’un effet domino peut survenir et compromettre l’avenir des enfants concernés.

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Bianca Nugent, professeure adjointe et coordonnatrice du programme de travail social à l’UOF. Photo: courtoisie

«La recherche démontre que, sans ressources adaptées, ces enfants vont avoir des retards dans une, deux, trois ou cinq sphères de développement. Cela pourrait hypothéquer leur avenir, car ils auront davantage de difficultés à s’intégrer au niveau de l’apprentissage», confirme Bianca Nugent.

La chercheuse ajoute que, si une routine dédiée n’a pas été mise en place dès la petite enfance, l’enfant peut arriver avec «un ou deux ou trois années de retard sur le plan développemental» par rapport à ses camarades de classe quand il (elle) arrive à la maternelle. Cela va forcément avoir un impact par la suite concernant «l’estime de soi» et la personnalité de l’enfant.

Choisir entre langue ou inclusion

L’autre conséquence que les acteurs de l’éducation francophone relèvent de plus en plus sur le terrain réside dans l’exode des familles francophones vers le système anglophone à défaut de places et de ressources adaptées à leurs enfants, comme le souligne la chercheuse.

«On sait que, faute d’avoir des services spécialisés, il y a plusieurs familles qui migrent et se tournent vers le système anglophone, même si ce n’est pas leur premier choix, car ces familles vont là où les services existent. Pour nous, aucune famille francophone ne devrait sacrifier sa langue pour obtenir des services essentiels.»

Une nouvelle étude sur le « Droit à une éducation francophone inclusive pour la petite enfance neurodivergente francophone de l’Ontario ».
Seulement 4% des organisations sondées offrent des ressources pour enfants ayant des besoins particuliers. Source AFÉSEO

Les conseils scolaires sur la bonne voie

Toutefois, le président de la Société franco-ontarienne de l’autisme (SFOA), Carol Jolin, se montre plus optimiste quant aux efforts fournis par les conseils scolaires francophones.

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Carol Jolin
Carol Jolin. Photo: courtoisie

«Il y a beaucoup de travail qui a été fait au niveau des conseils scolaires avec, notamment, les CSA (classes de soutien à l’apprentissage). Dans les conseils scolaires francophones, on parle beaucoup d’inclusivité et du vivre ensemble, je pense que, là aussi, beaucoup de travail a été fait et que cela commence à apporter ses fruits.»

Pour rappel, les CSA sont des classes spécialisées pour élèves ayant des besoins particuliers, dont les fameux troubles du spectre de l’autisme (TSA).

Le nombre de classes TSA ne suffit pas

Cela dit, si au niveau de l’inclusivité et du vivre ensemble, les conseils scolaires sont sur la bonne lancée, l’offre laisse à désirer à cause du biais prédictif que pourrait représenter l’immigration, d’après Carol Jolin.

«D’après les informations que je reçois des intervenants sur le terrain, plusieurs conseils scolaires ont fait leurs prévisions en fonction du nombre de classes TSA dont ils avaient besoin. Or, ils ont été surpris par l’immigration, car beaucoup de familles ont immigré ici en sachant qu’il y a des services pour leurs enfants avec des besoins spéciaux, car le plus souvent ces services n’existent pas dans leur pays.»

Toujours selon l’ancien président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, face à cette situation, les conseils scolaires francophones se sont vu obliger d’intégrer les enfants qui «sont légers sur le spectre» dans des classes régulières par manque de places dans les classes spécialisées.

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Un modèle pilote

Par ailleurs, au-delà d’apporter une réponse à une question, le projet d’étude vise également à développer un modèle pilote, une première en la matière dans la communauté francophone. À vrai dire, il s’agit de quatre modèles pilotes qui seront établis par souci de couvrir différents aspects.

«On y va avec une formule regroupant quatre milieux pilotes, deux dans l’Est ontarien et deux dans le Centre, et ce afin de varier les contextes et de s’assurer qu’on touche aussi à des enfants issus de l’immigration», développe Bianca Nugent.

Bénéficiant d’une période de financement comprise entre 2026 et 2028, le projet d’étude s’étalera sur deux ans. Néanmoins, les premiers résultats seront partagés avec le public dès l’automne 2027.

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