Le pavillon Afrique veut faire rayonner la francophonie au festival Carassauga

Pavillon Afrique, Festival Carassauga 2026
Le pavillon Afrique a mis à l’honneur trois pays africains cette année: le Sénégal, le Rwanda et le Niger. Photos: Hamza Ziad, l-express.ca
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Publié 27/05/2026 par Hamza Ziad

Mississauga a pris des airs de carrefour culturel à l’occasion du festival annuel Carassauga, les 23 et 24 mai. Plus de 250 000 visiteurs venus du Grand Toronto et d’ailleurs ont circulé entre huit sites transformés en vitrines ouvertes sur le monde, où se mêlaient gastronomie, musique, danse et traditions de plusieurs communautés culturelles.

Au fil des pavillons, les visiteurs se faisaient tamponner leurs passeports, passant symboliquement d’un continent à l’autre, portés par les rythmes, les saveurs et les couleurs des différentes cultures représentées.

«J’adore le festival Carassauga parce que ça me permet de faire le tour du monde en restant à 30 kilomètres de Toronto», raconte Amélie, participante au festival.

Le pavillon Afrique a attiré de nombreux visiteurs grâce à ses prestations artistiques et ses kiosques culturels. Georgette Amihere, cofondatrice de People of Motherland, organisme responsable du pavillon Afrique, souligne à l-express.ca qu’il figure, depuis plus de trois décennies, parmi les rares pavillons du festival à faire rayonner activement la langue française.

Pavillon Afrique, Festival Carassauga 2026
Des prestations musicales et des rythmes traditionnels africains ont animé le pavillon Afrique tout au long du festival Carassauga à Mississauga.

Un espace partagé depuis la pandémie

Contrairement aux éditions précédant la pandémie de covid, où le pavillon Afrique occupait à lui seul l’ensemble de l’aréna du Paramount Fine Foods Centre, l’édition 2026 a été marquée par un partage de l’espace avec le pavillon chinois.

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Festival Carassauga 2026
Olivier Camara.

En cause: des travaux en cours dans plusieurs centres communautaires de Mississauga, réduisant les espaces disponibles pour les expositions et obligeant certains pavillons à cohabiter sous un même toit, selon Georgette Amihere.

Olivier Camara, membre de People of Motherland, indique que cette nouvelle configuration découle aussi d’une baisse du nombre d’exposants africains depuis la pandémie.

«Si nous avions davantage d’exposants, nous occuperions tout l’espace. Carassauga demeure une importante vitrine de visibilité et une belle occasion d’affaires pour les membres des communautés africaines», souligne-t-il.

Pavillon Afrique, Festival Carassauga 2026
Des organismes francophones, dont le Collège Boréal, le CFGT et Oasis Centre des femmes, étaient présents au pavillon Afrique.

Le soutien des organismes francophones

Georgette Amihere met en lumière le rôle joué par plusieurs organismes francophones dans le maintien et la pérennité du pavillon Afrique au fil des années.

Selon elle, cet appui contribue non seulement à faire vivre la langue française, mais aussi à préserver un espace de rassemblement pour les communautés francophones du Grand Toronto dans le cadre du festival.

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«Je peux prendre l’exemple du Collège Boréal, qui nous soutient depuis 21 ans. Nous avons aussi le Centre francophone du Grand Toronto, le Conseil scolaire Viamonde, le Conseil scolaire catholique MonAvenir, ainsi qu’Oasis Centre des femmes», souligne-t-elle. «Nous espérions également compter sur l’Université de l’Ontario français comme partenaire cette année, mais j’espère que ce sera possible l’an prochain.»

De son côté, Cédrick Kalaki, agent de promotion et de recrutement communautaire au Collège Boréal, rappelle que la participation du Collège au pavillon Afrique s’inscrit dans une volonté plus large de faire rayonner la francophonie à travers l’Ontario.

Selon lui, cette présence représente aussi une occasion de rapprocher les communautés francophones des différents programmes et services offerts par l’établissement, qu’il s’agisse des études postsecondaires, de la formation continue, des services d’immigration ou encore de l’employabilité.

Pavillon Afrique, Festival Carassauga 2026
Des exposantes du service de traiteur rwandais Impressive by DG ont fait découvrir la richesse de la gastronomie africaine aux visiteurs du pavillon Afrique.

Un voyage culinaire

Au fil des éditions du festival Carassauga, la gastronomie a toujours occupé une place centrale au pavillon Afrique, transformant les allées en une véritable traversée culinaire du continent.

Entre le riz jollof d’Afrique de l’Ouest, le couscous maghrébin, le poulet braisé accompagné d’alloco et le saka-saka d’Afrique centrale, les visiteurs étaient invités à découvrir une palette de saveurs reflétant la diversité des traditions africaines.

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Les parfums d’épices, les grillades fumantes et l’effervescence des kiosques attiraient continuellement les festivaliers, dont plusieurs découvraient pour la première fois la cuisine africaine.

Denise Gachagaza, fondatrice du service de traiteur rwandais Impressive by DG, estime que ce type d’événement contribue au rayonnement des cultures africaines au Canada. «La cuisine africaine est très riche, et nous sommes là pour la faire connaître au Canada.»

«Plusieurs visiteurs du pavillon voisin chinois sont venus goûter à nos plats et sont revenus nous dire qu’ils les avaient adorés», ajoute Denise Gachagaza.

Festival Carassauga 2026
10 pays africains participeront à la Coupe du Monde de la FIFA 2026.

L’unité africaine en question

Malgré l’ambiance festive saluée par plusieurs visiteurs du pavillon Afrique lors de cette édition, certains défis liés à la mobilisation des communautés africaines demeurent présents, notamment lorsqu’il s’agit de rassembler les efforts autour d’une représentation collective du continent.

«Nous avons envoyé des invitations à plusieurs associations ethnoculturelles, consulats et ambassades africains, mais plusieurs ne répondent pas», explique Georgette Amihere.

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«Ici, les gens se débrouillent souvent seuls pour représenter leurs pays. Il n’y a pas toujours un soutien institutionnel ou communautaire suffisant», ajoute-t-elle.

Cette réalité se reflète également dans l’organisation de certains pavillons. Depuis plusieurs années, l’Égypte possède notamment son propre pavillon distinct plutôt que d’intégrer le pavillon Afrique, malgré le fait qu’il s’agisse d’un pays africain.

Georgette Amihere souhaite également relancer «Taste of Africa», un ancien festival mettant en valeur la gastronomie, le cinéma et la littérature africains. Une nouvelle édition pourrait voir le jour dès le mois de septembre afin de mesurer l’intérêt de la communauté et réfléchir au format des prochaines éditions.

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